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Crise centrafricaine : la déclaration de Catherine Samba-Panza suite aux événements de Fatima

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Centrafricaines, Centrafricains,

Chers compatriotes,

De Brazzaville au Congo où j’étais en visite officielle de travail et d’amitié auprès de S.E Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République du Congo et Médiateur de la crise Centrafricaine, j’ai appris avec une profonde consternation et une vive émotion la nouvelle des actes criminels, crapuleux et lâches perpétrés sur d’innocentes personnes au sein de l’église Notre Dame de Fatima à Bangui.

Des informations qui m’ont été communiquées immédiatement, il ressort que plusieurs compatriotes ont ainsi perdu leur vie dans ces tueries barbares qui viennent encore endeuiller des familles Centrafricaines.

Devant cette situation de guérilla urbaine où le cycle des représailles prend des proportions très préoccupantes, je suis fortement indignée de cette propension à attenter à la vie d’innocentes personnes et élève la condamnation la plus ferme de ces actes qui n’honorent pas leurs auteurs et qui sont de nature à plonger davantage notre pays dans le chaos.

Je demande donc aux forces de défense et de sécurité de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour que toute la lumière soit faite sur ces
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événements de Fatima et que leurs auteurs soient traqués jusque dans leur dernier retranchement pour être traduits en justice.

J’instruis par ailleurs la Sangaris et la MISCA d’apporter tout l’appui nécessaire à la police et à la gendarmerie Centrafricaines pour qu’elles fassent aboutir rapidement les procédures déjà engagées dans tous les cas similaires et dans le cas particulier de l’église de Fatima.

Car, il est évident que c’est le fait que les auteurs des crimes à répétition continuent de circuler librement qui explique cette recrudescence périodique des actes terroristes tendant à annihiler tous les efforts de restauration de la sécurité et de la paix sur l’étendue du territoire national.

Il est d’ailleurs significatif que le moment choisi pour poser cet acte inqualifiable soit celui de mon déplacement à Brazzaville où j’ai eu l’occasion de faire le point de la situation globale de notre pays au Président Denis SASSOU NGUESSO en sa qualité de Médiateur de la crise Centrafricaine et de tracer les perspectives du retour définitif de la sécurité dans le pays sur la base des acquis des trois mois d’exercice du pouvoir.

Il s’ensuit que la haine communautaire est exploitée à outrance par les ennemis de la paix qui caressent le rêve d’une troisième transition et qui ne ménagent aucun effort pour saper tous les efforts déployés par les Autorités actuelles de la Transition, allant dans le sens d’une réconciliation des communautés chrétienne et musulmane.

Je ne perds pas non plus de vue la colère des victimes innocentes des actes barbares qui ne trouvent pas d’autre solution immédiate que la loi du Talion qu’est la vengeance.

Centrafricaines, Centrafricains,

Chers compatriotes,

Je l’ai dit et répété : ce n’est pas en cultivant la haine et l’esprit de vengeance que nous allons sortir de la crise actuelle qui a des racines profondes dans l’histoire de notre pays. Je l’ai dit et répété : le retour définitif de la paix est notre affaire à nous tous sans exception parce que c’est de la conjugaison des efforts tant des pouvoirs publics que des populations que découleront la sécurité et la paix. Je l’ai dit et répété : il nous faut désarmer nos cœurs
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et nos esprits pour aller à une réconciliation véritable et à la cessation de toutes les formes de violence dans notre pays.

Nous avons la chance que grâce aux efforts accomplis depuis le 20 janvier 2014, la communauté internationale est fortement mobilisée à nos côtés et qu’il y a désormais une lueur d’espoir pour que nous voyions très bientôt le bout du tunnel.

Pourquoi ne saisissons nous pas cette opportunité de l’ accompagnement de la communauté internationale pour aller résolument vers la reconstruction de notre pays qui est aujourd’hui l’ombre de lui-même ? Pourquoi surtout persister sur la voie suicidaire de la violence et des règlements de compte perpétuels ? Doit on croire que nous n’avons pas la capacité de nous dépasser chacun de son côté pour accorder la primauté à l’entente mutuelle et au vivre-ensemble harmonieux ?

Centrafricaines, Centrafricains,

Chers compatriotes,

Notre grand malheur aujourd’hui, c’est que personne ne veut écouter l’autre, sinon comment comprendre que tous les appels que je n’ai cessés de lancer n’aient réussi à favoriser un retour définitif au calme et à la sécurité. Lors de la commémoration des 100 jours de mon exercice de pouvoir, je vous ai dit que nous étions sur la bonne voie et qu’avec l’appui acquis de la communauté internationale, nous devons avoir confiance en l’avenir.

Pourquoi vouloir remettre en cause tout ce qui a été acquis au prix de beaucoup d’efforts et d’âpres négociations ? A qui va profiter le désordre que l’on veut perpétuer en République Centrafricaine ? Je vous laisse méditer ces deux questions parce que je crois qu’il est encore possible de réfléchir dans notre pays.

Malgré tout, je tiens à saisir ce moment particulièrement douloureux pour réaffirmer ma ferme détermination à ne reculer devant rien pour défendre mon pays et vous mes compatriotes qui avez bien voulu me confier votre destinée pour la courte période qui est celle de la transition.

Dans ce cadre, je voudrais aujourd’hui vous demander de me faire davantage confiance et de soutenir mes actions qui ne visent qu’à sortir notre pays
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de la crise actuelle. Une fois de plus, nous ne sommes pas le premier pays au monde à connaître cette situation difficile et je vous demande de croire en notre capacité de sortir de ce bourbier.

Il suffit alors de vous détourner de toutes les manipulations et de toutes les aventures suicidaires qui nous ont déjà causé trop de désolations et de morts. Tout en comprenant vos colères, je vous rappelle simplement ce qui est couramment dit chez nous, à savoir que la colère est crue sinon cruelle.

J’en appelle à la retenue et au calme de part et d’autre dans tous les quartiers. Je demande avec force que le peuple Centrafricain ne soit pas pris en otage, lui qui n’aspire qu’à la sécurité, à la paix et au bien-être. Que ceux qui ont érigé les barricades dans les quartiers les enlèvent immédiatement parce que ce n’est pas dans le désordre qu’on peut gérer un pays.

Je ne veux pas que le sang du peuple Centrafricain continue de couler. Mais en ma qualité de Chef suprême des armées, je prendrai toutes les mesures qui s’imposent pour que l’ordre soit rétabli dans les différents quartiers de Bangui et ses environs.

Je prendrais toutes les dispositions pour que le désarmement tant demandé se fasse partout y compris dans les 3ème et 5ème arrondissement de Bangui, afin de permettre une libre circulation et un meilleur contrôle de tous les quartiers de Bangui. Pour cela, nous avons besoin de l’implication de toutes nos forces de défense et de sécurité y compris nos Forces Armées Centrafricaines pour lesquelles les discussions sont bien avancées avec la communauté internationale qui commence à comprendre nos préoccupations.

En la mémoire des victimes de ces événements tristes, je vais décréter trois jours de deuil national sur toute l’étendue du territoire national où les drapeaux seront mis en berne. Je compatis aux douleurs des familles des victimes à qui je présente toutes mes condoléances. Pour ce qui concerne les rescapés de ces événements, l’État prendra en charge leurs soins.

La République Centrafricaine survivra à cette crise et la paix y règnera.
Je vous remercie.



30/05/2014

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