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Présidentielle au Gabon: Ping défie Bongo avec deux renforts de poids

Africa7info-Par  Par Samir TOUNSI-Mis à jour le 17/08/2016

 

Jean Ping, candidat à l'élection présidentielle au Gabon, le 8 octobre 2015
Jean Ping, candidat à l'élection présidentielle au Gabon, le 8 octobre 2015
 

La campagne présidentielle a pris un tour nouveau mardi au Gabon avec l'annonce du retrait de deux des principaux candidats d'opposition en faveur d'un troisième poids lourd, Jean Ping, pour défier le président sortant Ali Bongo au scrutin à tour unique du 27 août.

M. Ping, 73 ans, ex-président de la commission de l'Union africaine, a obtenu le soutien de l'ex-président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, et celui de l'ex-Premier ministre Casimir Oyé Mba, mardi vers 03H00 (02H00 GMT) après une dernière séance de négociations.

"La sagesse des uns et des autres a finalement abouti à ma désignation pour représenter l'ensemble de l'opposition", s'est félicité M. Ping, 73 ans, lors d'un meeting dans le centre de Libreville mardi après-midi en compagnie de ses deux nouveaux alliés.

"L'intérêt supérieur du pays vous a conduit à me désigner comme votre étendard", a salué M. Ping, affirmant devant des milliers de personnes qu'il voulait "mettre fin au règne de l'imposteur, du dictateur".

Cette accord de l'opposition a suscité une très vive réaction du porte-parole du gouvernement gabonais, Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui a dénoncé dans deux tweets un "marchandage d'épiciers" et une "alliance contre-nature" qui "présente un risque réel pour le #Gabon".

- 'Un nouveau Gabon sans Ali Bongo'-

"Aujourd'hui le Gabon vit un événement inédit", s'est au contraire réjoui devant la presse le président de l'Union nationale (UN, le parti de M. Oyé Mba), Zacharie Myboto. "C'est un nouveau Gabon qui se construit, sans Ali Bongo Ondimba".

La Commission électorale (Cénap) a validé au total 14 dossiers pour le scrutin à un tour du 27 août, mais les autres candidats sont loin d'avoir le poids politique du président sortant ou de ses trois principaux opposants.

M. Ping comme MM. Nzouba Ndama et Oyé Mba sont d'anciens cadres du régime d'Omar Bongo - père et prédécesseur d'Ali Bongo - qui fut président pendant 41 ans jusqu'à sa mort en 2009.

Né d'un père chinois installé au Gabon dans les années 1920, Jean Ping a été plusieurs fois ministre d'Omar Bongo, avant d'être porté à la tête de l'Union africaine en 2008. Il a également été le compagnon de Pascaline, la soeur aînée d'Ali Bongo.

Depuis le lancement de sa campagne officielle samedi à Lambaréné (centre) en pays myènè, l'ethnie de sa mère, l'ancien délégué du Gabon auprès de l'Unesco promet à ses compatriotes un pays "à l'abri du besoin et de la peur".

M. Nzouba Ndama, 70 ans, a pour sa part présidé l'Assemblée nationale pendant 19 ans jusqu'à sa démission en mars, et dispose de ce fait de solides réseaux au sein de toute la classe politique gabonaise.

- Ping, ancien ministre d'Omar Bongo -

Enfin, M. Oyé Mba, 74 ans, a été Premier ministre d'Omar Bongo dans les années 1990, puis gouverneur de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC).

Il représente l'ethnie fang, la plus importante parmi les quelque 1,8 million d'habitants du Gabon, dont 628.000 électeurs invités à retirer leur carte.

Avant de s'unir, ces opposants ont demandé en vain l'invalidation de la candidature d'Ali Bongo, 57 ans, estimant que l'actuel chef de l'Etat est un enfant du Nigeria adopté par son père, et qu'il ne peut être président en vertu de la Constitution gabonaise.

"Je suis né à Brazzaville, le 9 février 1959 et ils le savent. Mon père s’appelait Omar Bongo Ondimba, ils le savent mais ils font semblant!", avait proclamé le chef de l'Etat lors de son meeting de lancement de campagne officiel samedi devant des dizaines de milliers de personnes dans un stade près de Libreville.

Sans le nommer, M. Bongo avait eu la dent particulièrement dure contre Jean Ping: "Parmi ces gens-là qui ont échoué dans le passé, il y en a un qui, comme vous le savez, a été à la tête de quatre ministères sous Omar Bongo, et il a toujours échoué".

Le président avait accusé "ces gens là" d'avoir "tué à petit feu" son père Omar Bongo "en sabotant son action".

Les candidats d'opposition "ont peur d'aller aux élections" car "ils n'ont aucune chance de gagner", avait déclaré le chef de l'Etat dans un entretien à l'AFP vendredi.

 
© 2016 AFP

17/08/2016
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RDC: Washington redoute des violences si Kabila s'accroche au pouvoir

 Africa7info-Par Nicolas REVISE-Mis à jour le 17/08/2016

 

Des militants de l'opposition manifestent à Kinshasa, le 31 juillet 2016
Des militants de l'opposition manifestent à Kinshasa, le 31 juillet 2016
 

Les Etats-Unis redoutent des violences en République démocratique du Congo si le président Joseph Kabila s'accroche au pouvoir après la fin de son mandat en décembre, Kinshasa menaçant du risque de "chaos" en cas d'ingérence étrangère dans la crise.

Cela fait des mois que Washington surveille comme le lait sur le feu la RDC, où le climat politique se tend à l'approche du 20 décembre, date du terme du second mandat du président Kabila, auquel la Constitution interdit de se représenter.

Le fils de Laurent-Désiré Kabila, qui a succédé à son père assassiné en 2001 avant d'être élu en 2006 et en 2011, est soupçonné par son opposition et des pays occidentaux de manoeuvrer pour rester chef de l'Etat, quitte à chercher à repousser la présidentielle.

En mai, la Cour constitutionnelle a autorisé Joseph Kabila à demeurer à son poste si l'élection n'était pas organisée dans les temps. Un scénario qui semble de plus en plus probable. La Constitution dispose que "le scrutin est convoqué 90 jours avant l'expiration du mandat du président", soit le 19 septembre.

Si bien que "le Congo est à un mois d'une crise constitutionnelle complète", s'est ainsi alarmé Anthony Gambino, ancien directeur à Kinshasa de l'USAID, l'agence humanitaire du département d'Etat.

"Plus on se rapproche de ces dates butoirs, moins les bons scénarios sont plausibles et plus les mauvais sont probables", a renchéri Thomas Perriello, émissaire du département d'Etat pour l'Afrique des Grands lacs.

MM. Perriello et Gambino participaient cette semaine à une conférence de l'institut Brookings sur la RDC, au côté de son ambassadeur à Washington, François Nkuna Balumuene.

"Si nous ne trouvons pas de solution négociée, ces scénarios extrêmement préoccupants pourraient se traduire par de la violence", a prévenu M. Perriello.

- Alternance démocratique en Afrique -

Le responsable américain a rappelé que le président Barack Obama militait pour l'alternance démocratique en Afrique.

"Les progrès démocratiques en Afrique sont en danger quand des dirigeants refusent de quitter le pouvoir à la fin de leur mandat", avait lancé M. Obama devant l'Union africaine en juillet 2015. A l'adresse de ses homologues africains, il avait souligné que la Constitution des Etats-Unis lui interdisait de briguer un troisième mandat.

Washington a ainsi exhorté, sans succès, les présidents burundais Pierre Nkurunziza et rwandais Paul Kagame à ne pas changer la Loi fondamentale pour rester au pouvoir.

La diplomatie américaine veut donc que la règle s'applique aussi à Joseph Kabila. En 15 ans, le président de la RDC a eu "le mérite" de construire une "démocratie constitutionnelle", il a "maintenant l'occasion de tourner la page", a fait valoir M. Perriello.

Accusés d'ingérence dans les tragédies des Grands lacs depuis la décolonisation, les Etats-Unis n'ont aucun "intérêt" dans la région, ni d'"animosité personnelle" contre tel ou tel dirigeant africain, a assuré le diplomate américain.

L'ancien Congo belge indépendant en 1960, devenu Zaïre au début des années 1970, puis République démocratique du Congo dans les années 1990, a été meurtri par de terribles guerres, notamment dans l'Est frontalier avec le Rwanda. Beni et ses environs sont le théâtre depuis octobre 2014 de massacres commis essentiellement à l'arme blanche et ayant fait plus de 650 morts.

- 'Implosion de la RDC' -

Devant l'institut Brookings, l'ambassadeur Balumuene a ainsi invoqué les difficultés sécuritaires et économiques sous la présidence Kabila, en particulier la lutte contre une rébellion tutsi soutenue par le Rwanda, le M23, vaincue fin 2013.

Dans ce contexte, le diplomate congolais a plaidé pour une "prolongation" du mandat de Joseph Kabila. M. Balumuene a réclamé du "temps, après le 20 décembre, presque un an, pour préparer les élections" et a promis que le président sortant ne serait pas candidat à un nouveau mandat.

Mais le représentant de Kinshasa a aussi mis en garde contre un scénario catastrophe.

Il a accusé "l'opposition et certains partenaires étrangers" de chercher à "utiliser la rue, une révolution de masse pour chasser le président Kaliba" et, alors, "personne ne sera en mesure d'assurer l'après-chaos".

"L'implosion de la RDC doit être évitée à tout prix (...) Il n'y a aucun intérêt à créer une deuxième Libye en Afrique centrale", a averti l'ambassadeur, qui parlait en français.

M. Gambino lui a rétorqué que "la Constitution du Congo devait être respectée", que "la présidentielle devait avoir lieu, si ce n'est en 2016, le plus tôt possible en 2017".

 
© 2016 AFP

 


17/08/2016
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Cameroun: le choc après la mort d’une femme enceinte devant un hôpital

Africa7-mis à jour le 18/03/2016

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La justice enquête au Cameroun, suite à la mort d'une jeune femme en couches. Devant l'hôpital Laquintinie de Douala, une de ses proches l'a éventrée, par la suite, dans l'espoir de sauver les jumeaux qu'elle portait. Mais les deux enfants n’ont pas non plus survécu.

C’est un fait divers qui, après avoir fait couler beaucoup de sang, fera couler beaucoup d’encre. Car deux « affaires » pourraient finir devant les tribunaux camerounais après qu’une femme enceinte s’est fait éventrer, samedi dernier, devant l’hôpital Laquintinie, à Douala. Le « drame de Douala » a suscité colère et indignation au Cameroun où l’on cherche à comprendre comment Monique Koumateke, 31 ans, a pu faire l’objet, après sa mort en couches, d’une césarienne improvisée sur le parvis du centre hospitalier. Dans l’espoir de sauver les jumeaux qu’attendait son amie, l’une de ses proches l’a éventrée devant les badauds. Cette dernière, interpellée avant d’être libérée après trois jours de garde à vue, a été mise en accusation pour « profanation de cadavre ».

La famille de Monique Koumateke poursuit, par ailleurs, la direction de l’hôpital pour homicide involontaire, « omission de porter secours » et « refus de service dû ». « La famille est sous le choc », dit maître Guy-Olivier Moteng, le porte-parole du collectif des avocats qui se sont portés volontaires, tant au Cameroun qu’à l’étranger, pour représenter les Koumateke. « Elle a perdu, non seulement un grand enfant, la dame qui devait accoucher, mais également l’espérance d’avoir deux autres enfants. » Ce drame a suscité une grande émotion dans le pays et provoqué une manifestation devant l’hôpital. « Il y a un choc, une violence, selon Me Moteng, personne n’est indifférent, même pas nous. »

Une autopsie tentera de préciser l’heure du décès de Monique Koumateke. Reste à trouver un médecin légiste, ce qui pose problème, car le seul médecin légiste de Douala est justement celui de Laquintinie. « Il ne faut pas que le médecin légiste soit juge et partie », souligne maître Dominique Fousse, membre du Conseil de l’Ordre, qui a utilisé sa page Facebook pour constituer le collectif d’avocats des Koumateke.

Dans un point de presse, le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, a pris fait et cause pour le personnel de l’hôpital, rejetant les accusations de « négligence médicale » et décrivant la césarienne improvisée comme « un acte horrible ».

L’affaire prend une tournure politique

Les appels à la démission du ministre de la Santé se sont multipliés, y compris dans les rangs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (au pouvoir). Un député du Mbam-et-Inoubou, Peter William Mandio, a vertement dénoncé des « négligences médicales révoltantes ». Dans un communiqué, un parti d’opposition, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, a -quant à lui- critiqué le gouvernement pour avoir transformé les hôpitaux camerounais en « mouroirs ».

S’exprimant à titre personnel, maître Alice Nkom, qui n’a pas rejoint le collectif des avocats représentant les Koumateke, s’est émue, dans une interview à RFI, de la situation : « Est-ce que ça peut arriver dans un pays normal ? »

 

©RFI


18/03/2016
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Sissi, Habré, Savimbi, Fabius et nous

 

 

 

Hissène Habré est jugé pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et torture © Captures d'écran/RTS

 

 

J' étais au Caire cette semaine pour un entretien avec le maréchal-président Abdel Fattah al-Sissi. Difficile de voir dans cette mégapole grise et constamment au bord de l'infarctus circulatoire une ville « africaine » où, comme à Casablanca par exemple, souffle par instants une brise venue d'au-delà du désert.

Ici bat le cœur du monde arabe. Par calcul stratégique autant que par conviction, Sissi a pourtant décidé depuis deux ans de renouer avec ce continent auquel son pays appartient. Près d’un demi-siècle après sa disparition, l’esprit de Nasser, de la conférence de Bandung et du sommet des pères fondateurs de l’OUA est donc convoqué pour permettre à l’Égypte d’exister à nouveau en Afrique. Le volontarisme est là, mais, comme en convient le très affable Hazem Fahmy, patron de l’agence égyptienne de coopération, il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

Les Égyptiens ne connaissent plus l’Afrique subsaharienne, leurs ambassades sont plongées dans un sommeil comateux, et les sociétés qui y investissent se comptent sur les doigts d’une seule main. Face aux Turcs, aux Israéliens et bientôt aux Iraniens, ils n’ont qu’un seul avantage comparatif : être eux-mêmes africains. Encore faut-il qu’ils le sachent…

Hissène Habré en procès. J.A. consacre à cet épisode inaugural, donc historique, de l’« Afrique juge les Africains », son événement hebdomadaire. En regardant les rares images du dictateur enfoui sous son chèche me reviennent en mémoire les entretiens que j’ai eus avec lui lorsqu’il régnait en maître absolu à N’Djamena. Voix murmurée, geste précis de félin, citations de Fanon, Clausewitz, de Gaulle et cigarettes à la chaîne dans un petit bureau sombre de la présidence. Le Tchad, à l’époque, était en pleine guerre contre la Libye de Kadhafi et cela nous obsédait, nous, les journalistes, au point de ne pas voir l’essentiel : la tragédie qui se déroulait sous nos pieds dans les locaux de la DDS, les tortures, les disparitions. Myopie coupable !

J’aurais dû le savoir : les malades du pouvoir d’un seul sont d’autant plus dangereux qu’ils sont intelligents

« Vous êtes très autoritaire », avais-je fait remarquer à Habré. Réponse : « Ce genre d’étiquette n’a aucun intérêt. On me dit dictateur, sanguinaire, agent de l’impérialisme. Moi, je suis pour l’ordre et la sécurité. Il faut lutter chaque jour pour que l’anarchie ne s’installe pas. » J’aurais dû le savoir : les malades du pouvoir d’un seul sont d’autant plus dangereux qu’ils sont intelligents – ce qu’est Hissène Habré, indubitablement.

En suivant sur jeune afrique.com les péripéties du conflit picrocholin opposant les héritiers de Jonas Savimbi à l’éditeur du célébrissime jeu vidéo Call of Duty, une autre réminiscence apparaît tout à coup. 1984 : cinq semaines à crapahuter dans les maquis angolais de l’Unita et à dormir dans la benne d’un camion russe, sous la menace des MIG cubains, entre Jamba, Cangamba et Cuito Cuanavale. Savimbi en meeting, arpentant le sol comme un fauve, tous muscles ramassés, ponctuant son discours de rugissements face à une foule de paysans hurlant « Guia ! Guia ! » (« Guide, Guide »).

Laurent Fabius n’aura pas été un grand ministre des Affaires étrangères de la France

L’ancien élève de Sciences-Po Lausanne et de l’Académie militaire de Nankin contrôlait alors 400 000 km² de terre angolaise. Le futur grand photographe Pascal Maitre, mon complice d’alors, et moi-même pensions que, comme pour Habré, seule une balle ajustée ou égarée mettrait un terme à sa course folle. La balle a atteint Savimbi en plein front, il y a tout juste quatorze ans. Habré, lui, est jugé à la face du monde. Ce qui est une autre sorte de mort.

Laurent Fabius quitte le Quai d’Orsay. Contrairement aux éloges qu’on lui tresse ici et là, il n’aura pas été un grand ministre des Affaires étrangères de la France. Sauf à considérer qu’un responsable de la diplomatie qui affiche un profond désintérêt pour l’Afrique puisse être un grand ministre. Dans l’unique interview digne de ce nom que cet énarque cassant et distant a daigné accorder à J.A., on sentait bien à la façon dont il lisait ses fiches que l’exercice imposé lui pesait. Sans doute l’Afrique, Maghreb compris, n’était-elle pas à sa hauteur.

C’est donc sans combattre qu’il a rendu les armes face à son collègue Le Drian, ministre breton de la Défense, lequel a fini par prendre toute sa place sur un continent pour lequel il a, lui, une vive appétence. À la décharge de Fabius : François Hollande ne lui a pas facilité la tâche. Le président ne l’a jamais aimé, et c’est pour le neutraliser en le flattant qu’il l’a installé sur le fauteuil de Vergennes. Son successeur, Jean-Marc Ayrault, a jumelé sa bonne ville de Nantes avec une demi-douzaine de cités africaines. On l’a même vu, il y a cinq ans, se faire initier au Bénin à la magie vaudou. Quand les houngans s’en mêlent, tout espoir n’est pas perdu…

 

©J.A


05/03/2016
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Procès Habré: le procureur requiert la perpétuité

Africa7-Mis à jour le 11/02/2016

L’ex-chef de l’Etat du Tchad est jugé devant les chambres africaines extraordinaires africaines à Dakar pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de tortures. Toute la journée, le procureur a déroulé ces arguments pour demander, en fin de journée, cette lourde condamnation. L'accusation, elle, annonce qu'elle plaidera non-coupable.

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Peut-être dans un dernier espoir de faire réagir l’accusé, le procureur récite un verset du Coran. Hissène Habré ne bouge pas. Mbacké Fall demande à la cour une condamnation à perpétuité. « M. le président, je requiers qu'il vous plaise de prononcer la condamnation de Hissène Habré à l'emprisonnement à perpétuité. »

Le procureur a demandé la peine maximale car, dans ses statuts, la chambre africaine peut condamner à 30 ans de prison ferme. Mais la perpétuité reste possible si les faits sont jugés très graves.

A l’annonce de ce réquisitoire, Souleymane Guengueng, le président fondateur de l’association des victimes, se dit satisfait. « Je suis parfaitement satisfait puisqu'on ne pouvait pas aller au-delà de ça. D'ailleurs, Habré méritait plus que ça, mais nous, les gens des droits de l'homme, on n'est pas dans [pour] la peine capitale. »

Les avocats commis d’office d’Hissène Habré s’attendaient à cette demande du procureur. Ce jeudi, à la barre, ils plaideront la non culpabilité d’Hissène Habré. « Il s'est avéré que la majeure partie était très peu fiable est très peu crédible. La responsabilité pénale, individuelle et personnelle du président Habré ne peut pas être recherchée sur la base des éléments qui ont été produits par l'accusation. Nous allons plaider non-coupable », a déclaré Maître Mounir Balal.

Alors qu’une de ses proches s’évanouissait à la sortie de l’audience, Hissène Habré est parti en faisant son traditionnel V de la victoire.

 

©RFI


11/02/2016
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Tchad : une vingtaine de personnes arrêtées lors d’une manifestation

Africa7— Mis à jour le 07 /02/2016

Une vingtaine de militants ont été arrêtés samedi lors d'une manifestation rassemblant une centaine de personnes à N'Djamena en faveur de la "jeunesse", a constaté un journaliste de l'AFP.

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Les manifestants, dont la plupart sont membres du Collectif des Associations et Mouvements de jeunes du Tchad (CAMOJET), ont entamé une marche pour dire « non à la répression de toutes formes de violences dont (la jeunesse) est victime depuis 25 ans », lorsqu’ils ont été interpelés à quelques centaines de mètres du siège du collectif.

La marche a aussitôt été dispersée et 23 personnes ont été emmenées au commissariat central de N’Djamena où ils ont été placés en cellule, selon une source sécuritaire s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Le parcours que devaient emprunter les manifestants a été quadrillé par les forces de l’ordre.

Cette marche intervient après la dispersion violente par la police anti-émeute d’un sit-in jeudi dans la capitale tchadienne d’une centaine de jeunes diplômés devant le ministère de l’Education nationale « venus exiger leur intégration dans la Fonction publique », selon son secrétaire général, Remy Gamo.

« Les portes de la Fonction publique ne peuvent pas rester fermées pour les jeunes diplômés », a protesté M. Gamo. La loi de finances pour 2016 suspend en effet toute intégration à la fonction publique pour les trois ans à venir.

Selon le militant, « huit étudiants ont été légèrement blessés » jeudi, une affirmation démentie par le porte-parole de la police Paul Manga, joint par l’AFP, qui a affirmé qu’il n’y a eu aucun blessé.

Le Tchad, dirigé depuis 25 ans par le président Idriss Deby Itno, est classé parmi les 10 plus pauvres pays au monde malgré sa rente pétrolière, selon l’indice de développement humain (IDH) des Nations unies.

Après la découverte de gisements de pétrole en 2003, les revenus pétroliers lui ont permis de moderniser son armée, de se doter d’un meilleur réseau routier et de construire de nombreux bâtiments publics. Mais l’amélioration des conditions de vie de la population n’a pas suivi.

Régulièrement, les fonctionnaires, notamment les enseignants, font grève pour percevoir leurs arriérés de salaire. Le pays enregistre actuellement une baisse de ses recettes du fait de la chute des cours du brut et il est en outre engagé dans un effort de guerre important dans sa lutte contre les islamistes nigérians de Boko Haram.

 

©J.A & AFP


07/02/2016
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Le Tchadien Idriss Déby nouveau président en exercice de l'Union Africaine

Africa7-Mis à jour le 31.01.2016

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Le président tchadien Idriss Itno Déby a été désigné samedi nouveau président en exercice de l'Union africaine, à Addis Abeba (Ethiopie), au terme du 26ème sommet ordinaire de l'UA.

M. Déby, qui occupera la présidence tournante de l'UA pendant un an, succède au zimbabwéen Robert Mugabe.

"La montée du terrorisme dans le monde et particulièrement en Afrique impose que nous unissions nos forces. La solidarité face à ce phénomène ne doit pas se résumer à des mots", a déclaré M. Déby à la tribune de l'UA.

Chef de l'Etat tchadien depuis 1990, M. Déby est devenu un acteur incontournable en Afrique centrale. Face à la menace du groupe terroriste Boko Haram, il fait intervenir ses troupes au Nigeria voisin début 2015 pour y libérer des localités occupées par les extrémistes et initier une riposte militaire régionale contre le groupe terroriste pour appuyer l'armée nigériane.

N'Djamena a été en retour frappée par plusieurs attentats-suicides meurtriers revendiqués par Boko Haram.

 

©Algerie Presse Service 

 


31/01/2016
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Maître Gérard Kamanda wa Kamanda est décédé : Une intelligence hors du commun s'en va

 Africa7-Mis à jour le 22-01-2016 Maître Gérard Kamanda wa Kamanda est décédé : Une intelligence hors du commun s'en va

Il fut le symbole de la diplomatie du pays de Lumumba pendant la deuxième République. Secrétaire général adjoint de l'OUA, l'ancêtre de l'Union Africaine, il fut et est resté jusqu'à sa mort le seul Congolais dont le nom avait été cité comme probable Secrétaire Général de l'Onu au plus fort de sa carrière diplomatique. Soigné dans le verbe et l'allure vestimentaire, Gerard Kamanda wa Kamanda incarnait ainsi l'élégance et la fierté d'un grand Zaïre. Ceux qui l'ont connu retiennent de lui un homme d'une intelligence au dessus de la moyenne et qui faisait pâlir étudiants et professionnels de la diplomatie
Voici une brève présentation de Gérard Kamanda Wa Kamanda

Alors que plusieurs de ses condisciples s’envolaient vers les universités européennes ou américaines pour accomplir une spécialisation, Gérard Kamanda, lui, est resté un pur produit local. C’est en 1964 qu’il décroche sa licence en droit à l’Université de Lovanium. Il s’inscrit aussitôt au barreau de Kinshasa. Kamanda est un homme pressé et ambitieux avec des objectifs précis.
 
L’occasion lui sera donnée par Justin Marie Bomboko, alors ministre des Affaires étrangères, avec lequel, il partage, quelquefois, ses repas dans le seul restaurant huppé d’alors «Le Zoo». Bomboko a pris en sympathie le jeune juriste qui s’exprime parfaitement et qui donne des gages d’un vrai nationaliste. C’est lui qui sera l’artisan de l’entrée en politique de ce jeune universitaire.

Questions d’arrondir ses fins de mois, Gérard Kamanda alterne ses prestations d’avocat avec les cours qu’il dispense à l’Institut national d’études politiques (INEP). Il y enseigne le droit administratif et la philosophie du droit.

Homme raffiné tant pour le choix des mets exquis que pour la coupe de ses costumes, Maître Kamanda, mène un train de vie d’enfer.

En 1967, la chance lui sourit enfin. Il est nommé conseiller principal à la Présidence de la République et se lie d’amitié avec Jacques Bongoma, l’adjoint au chef de cabinet. L’un comme l’autre, jeunes, intelligents et célibataires mènent la grande vie à Kin où deux ans auparavant, le général Mobutu a pris le pouvoir et recrute des jeunes universitaires. Une telle démonstration de volupté ne pouvant qu’engendrer des jaloux, le duo fait l’objet des nombreux «B.I.» (Bulletin d’information) qui oblige le chef de l’Etat à se séparer d’eux.

Pour l’anecdote, les deux compères avaient organisé un dîner en l’honneur de la chanteuse sud-africaine Myriam Makeba lors de sa tournée au Congo alors que celle-ci était attendue, officiellement, au Mont Ngaliema. «Jacques» va embrasser la carrière journalistique tandis que «Gérard», recommandé par le gouvernement, sera nommé directeur de cabinet du Guinéen Diallo Telli, fraîchement élu secrétaire général de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine). Aux côtés du Guinéen, Kamanda marque de son empreinte cette organisation africaine tant et si bien qu’il acquiert une stature africaine. 
 
En 1972, le mandat de Telli prend fin. Celui-ci est candidat à sa propre succession. Par contre, le Zaïre brigue et obtient le poste de secrétaire général adjoint. Le séjour africain, à Addis-Abeba (Ethiopie), de Kamanda aura duré une dizaine d’année en qualité de numéro deux de l’organisation continentale. Une page se ferme, une autre, nationale celle-là, s’ouvre pour Kamanda.

En 1979, il est nommé représentant permanent du Zaïre près les Nations-Unies à Genève avec extension de juridiction sur New-York. Une première. Il gardera cette double casquette jusqu’en 1981 l’année au cours de laquelle le Zaïre a présidé le Conseil de sécurité. Pour un diplomate, c’est la consécration internationale. Inutile de dire que l’homme s’acquitta de cette mission avec brio.

Le président Mobutu avait cette manière de savoir gré à ceux qui font l’honneur du Zaïre. Il rappelle Kamanda au pays et le nomme, en 1982, commissaire d’Etat (ministre) aux Affaires étrangères. Fonction qu’il occupera à trois reprises. Nous y reviendrons. En 1983, à la faveur d’un remaniement ministériel, Gérard Kamanda devient ministre de la justice, Garde des sceaux et, par la même occasion, fait son entrée dans le «saint des saints», le Comité central du Mouvement populaire de la révolution (MPR), dont il sera porte-parole et secrétaire général adjoint à la fin des années 80.

C’est, du reste, en cette qualité, qu’il conduit, en 1988, la délégation de haut niveau venu débattre, à Bruxelles, face aux journalistes belges dans le cadre de ce qu’on a appelé le «débat de la clarification». Le régime Mobutu est accusé par les médias du royaume de « détourner » l’aide belge. Kamanda va conduire la délégation zaïroise lors des négociations de nouvel accord-cadre régissant les relations entre les deux pays.

Mobutu et Kamanda entretenaient des relations du style «d’attirance-répulsion». Autant, le chef de l’Etat recourait à ses services chaque fois que de besoin, autant une fois sa tâche accomplit, il s’en détournait. Gérard le savait et s’en accommodait. C’est ainsi que quatre années durant, il fut écarté du gouvernement pour ne garder que ses fonctions au sein du Parti-Etat.

En 1990, le président Mobutu Sese Seko décrète le multipartisme, Kamanda y voit l’occasion de rebondir sur la scène politique. Il fonde, avec un cercle d’amis, comme Tony Mandungu Bula Nyati, le «Front commun des nationalistes» (FCN). Ce parti rejoint l’Union sacrée de l’Opposition radicale et alliés (USORAL) avant de rallier le cartel «URD» (Union pour la république et la démocratie).

En juin 1994, Léon Kengo wa Dondo est élu Premier ministre par le Haut Conseil e la République-Parlement de transition. Gérard Kamanda est nommé vice-premier ministre chargé de la Justice avant de retrouver moins d’une année plus tard le portefeuille des Affaires étrangères. Il sera, à ce titre, aux côtés du président Mobutu lorsque Bill Richardson, l’envoyé spécial du président Bill Clinton, lui demande, "au nom de tous les anciens présidents américains encore en vie", de quitter le pouvoir.

Kamanda sera également aux côtés du président zaïrois à bord de l’Outenika, le navire de guerre sud-africain, au moment des négociations avec Laurent-Désiré Kabila. Réputé bosseur acharné, Gérard va sillonner les capitales africaines et européennes pour dénoncer l’agression du territoire zaïrois par les armées régulières de l’Ouganda et du Rwanda. Malgré tous les talents qu’il déploie, cette fois, la cause est entendue : Mobutu Sese Seko quitte le pouvoir. Kamanda, lui, trouve refuge en France.

En 2002, il participe aux travaux du Dialogue inter congolais à Sun City, en Afrique du Sud. Lors de la formation du gouvernement de transition en 2003, il est désigné ministre chargé de la Recherche scientifique. Candidat malheureux aux élections présidentielles de 2006, Kamanda promet d’être présent lors scrutin présidentiel de 2011…Il ne se représentera finalement pas.

Né dans le Kwilu, ex- Bandundu en 1940, c'est à Kinshasa qu'il est décédé le 21 janvier 2016.

©Jacky Mopipi

22/01/2016
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Centrafrique: retour de 108 casques bleus congolais de la Minusca

Africa7-Mis à jour le 17-01-2016

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Les policiers congolais de la RDC déployés au sein de la Minusca posent avec le chef de l'UNPOL en RCA avant leur retour au pays, le 26 juin 2015.

Cent et huit casques bleus congolais de l’Unité de police constituée (UPC) ont regagné leur pays, vendredi 15 janvier, après deux ans et demie des services de sécurité, à Bangui (Centrafrique).

Seuls dix parmi les cent dix-huit qui sont restés en République Centrafrique pour des travaux logistiques.

C’est depuis le 31 décembre dernier que ces policiers étaient arrivés fin mandat, après une prolongation d’un mois pour sécuriser les élections à Bangui.

A la descente d’avion à l’aéroport international de N’djili (Kinshasa), ce contingent était accueilli par une dizaine d’officiers de la police nationale congolaise.

Le commandant du contingent congolais, lieutenant-colonel Lyly Lenge a remercié le gouvernement pour son soutien:

«Avec notre professionnalisme et savoir-faire, ils nous ont demandé de proroger d’un mois».

Elle a cependant rejeté les accusations selon lesquelles les troupes congolaises seraient expulsées pour viol.

«Je ne confirme pas ça. On est en train de mélanger des histoires. Ils n’ont même pas de preuves», a souligné le lieutenant-colonel Lyly Lenge.

Pour sa part, le porte-parole de la police nationale congolaise, colonel Mwanamputu, qualifie l'accusation sur le viol d'une machination.

«A ce jour, les Nations Unies ne sont pas capables de nous prouver et d’apporter une pièce quelconque portant accusation de cette infraction au niveau du code pénal. La presse a parlé. Voilà qu’ils sont rentrés avec toute dignité», a-t-il indiqué.

Les policiers congolais de l’UPC étaient arrivés à Bangui (RCA) le 12 décembre 2013 au plus fort de la crise, dans le cadre d’abord de la Force multinationale de l’Afrique Centrale, puis de la Mission internationale se soutien à la Centrafrique (Misca) et enfin  au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca) depuis septembre 2014.

©Radio Okapi

 


17/01/2016
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Congo-Brazzaville: Monarchisation du pouvoir à Brazzaville - Ca fait pitié !

Africa7-Mis à jour le 13-01-2016

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Président du Congo, Denis Sassou Nguesso

Le Congo Brazzaville est sous les feux de la rampe depuis que le président Denis Sassou Nguesso a réussi son référendum constitutionnel, avec la bénédiction de la France. Sa volonté de tenir des élections anticipées, sans explication claire jusque-là, a poussé l'opposition politique à muscler son discours et ses actes.

En effet, l'opposition a décidé d'aplanir ses divergences pour organiser la lutte dans le cadre d'une plateforme d'actions contre le dictateur qui a fait le choix de descendre dans la boue avec sa progéniture pour la conservation à tout prix du pouvoir. Sassou est sur les traces d'anciens dictateurs comme Gnassingbé père et Blaise Compaoré.

Car, comme Gnassingbé père, il organise des mobilisations de soutien qui le prient de rester au pouvoir. Et comme Blaise Compaoré, il fait dans le clair-obscur en maintenant le flou sur sa candidature, même si personne n'est dupe.

La radioscopie actuelle du Congo révèle une sorte d'ankylose, un Etat exsangue où toutes les richesses sont entre les mains du dictateur et son clan, pendant que le peuple croupit dans la misère et se démène comme un beau diable, surtout dans sa frange jeune, contre le chômage.

Mais si Sassou a pu tenir jusque-là, c'est aussi parce que la société civile, l'opposition politique et bien des acteurs de la scène politique congolaise ont fait, pendant longtemps, dans la division, la mésentente, le louvoiement et l'illisibilité face au dictateur.

Frimeurs, plaisantins et même félons pour bon nombre d'entre eux, les opposants congolais n'ont pas résisté aux opérations de charme du président Sassou Nguesso qui a fini par se croire indispensable au point d'organiser un cirque à la togolaise, à l'image de Gnassingbé Eyadema qui confessait à Jacques Chirac à l'époque, qu'il respecterait la Constitution avec la limitation des mandats présidentiels, pour ensuite, au terme d'une confiscation de l'économie nationale, d'une gestion clanique sur fond de corruption généralisée, se faire prier de rester aux affaires. Quelle honte ! Ça fait pitié !

Même sans la participation de l'opposition à l'élection, Sassou a déjà la caution tacite de Paris

Tout porte à croire que Sassou est déterminé à aller jusqu'au bout parce qu'il a sur la conscience les disparus du Beach, les sinistrés de la guerre de 1997... et c'est un non-évènement de dire qu'il sera candidat à la prochaine présidentielle anticipée. Aux Congolais donc de prendre leurs responsabilités.

Au mal Sassou, il faudra trouver le remède qui sied. Cela pourrait passer par l'organisation de manifestations de masse auxquelles pourrait prendre part l'ensemble des couches socioprofessionnelles du pays, comme les Burkinabè l'ont fait, même si le contexte congolais diffère de celui du Burkina.

Cela dit, tous les acteurs congolais qui tiennent au respect strict de la Constitution, à la démocratie et à l'alternance, doivent définitivement ranger leurs rancœurs et leurs divisions au placard, pour sauver le Congo de cette forfaiture, cette monarchisation du pouvoir d'Etat, cette dévolution patrimoniale du pouvoir.

Pour cela, aucun sacrifice ne saurait être de trop. Certes, l'opposition a baissé les bras, entre-temps. La société civile aussi s'est montrée aphone, certains de ses acteurs ayant donné l'impression qu'ils ont la bouche pleine au point de ne pouvoir broncher face à un Sassou toujours plus boulimique du pouvoir.

Mais le Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique (Frocard) et l'Initiative pour la démocratie au Congo (IDC), qui constituent les deux principales plateformes de l'opposition, doivent pour une fois aller jusqu'au bout de la lutte, en incarnant les aspirations réelles du peuple congolais.

Ils pourraient envisager le boycott des élections s'ils ne parvenaient pas à barrer la route au président Sassou qui se pose en véritable artisan d'un futur royaume bantu, pour ne pas être comptable de la mascarade électorale qui se prépare.

On le sait, même sans la participation de l'opposition à l'élection, Sassou a déjà la caution tacite de Paris. Il pourrait alors, à l'issue du scrutin, sortir les chiffres qu'il veut pour les présenter aux yeux du monde.

Par ces temps qui courent, les démocrates en fin de mandat comme Boni Yayi, Barack Obama, devraient inspirer Sassou qui a tendu le piège du référendum à son peuple, piège dans lequel il pourrait lui-même se faire prendre à terme. Pourra-t-il un jour éviter le jugement implacable et sans appel de l'Histoire ? Rien n'est moins sûr.

©LE PAYS


15/01/2016
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