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La Une


Entretien de Manoël MAGEOT Président du FRAP




04/03/2015
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République Centrafricaine : l'accord et l'esprit de Brazzaville.

 [ Par Prosper INDO  |Mis à jour| samedi 9 août 2014]

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L'encre des signatures n'a pas encore séché que, déjà, se lève le vent de scepticisme de ceux qui ne croient pas à l'application des accords signés le 23 juillet dernier à l'issue du Forum de Brazzaville. Les sceptiques ont raison de douter, si l'on considère la suite des évènements nés des accords de Libreville du 11 janvier 2013, voire des accords de Libreville de 2008.

Voilà pourquoi la France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, a appelé tout de suite « au respect de la parole donnée », celle des signataires de l'accord de cessation des hostilités. Sera-t-il entendu ?

Il faut l'espérer si la RCA veut sortir du cycle des violences et exactions ethniques ou interconfessionnelles pour se reconstruire.

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I - Que dit l'accord de Brazzaville.

 

On peur résumer en deux points essentiels l'issue des négociations :

 

  • cessation des hostilités et mise en œuvre du désarmement ;
  • poursuite du dialogue politique inclusif afin d'assurer le succès de la transition devant conduire aux élections.

 

A première vue, rien de très difficile ni d'irrémédiable. Dès lors, pourquoi tant de craintes exprimées quant à la validité de cet accord et à l'engagement des acteurs, comme l'a exprimé à sa manière le groupe de travail de la société civile centrafricaine ?

 

Les raisons de ces craintes sont sans doute multiples mais elles concernent en particulier le profil des acteurs et signataires de ces accords pris séparément. Il faut les examiner avec précision.

 

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1 – Les ex-Séléka.

 

Ils ne sont théoriquement plus une coalition hétéroclite militaro-politique. Ils se sont rassemblés en mouvement politique non armé au sortir de l'assemblée générale tenue à N'Délé, et ont créé le front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC). C'est un joli nom qui, pourtant, s'inscrit d'emblée en faux face à la demande de partition du pays présentée comme préalable au début des négociations de Brazzaville.

 

En réalité, le FPRC est encore un conglomérat de petits chefs de bande. Pas moins de 30 personnes composaient l'ossature vertébrale de la délégation du front au Forum. A Brazzaville, la délégation conduite par Mohamed Moussa Dhaffane, le numéro 3 de l'organisation rebelle, a étalé ses faiblesses et sa division, au point de refuser de participer aux différents ateliers qui devaient fixer les modalités des points inscrits à l'ordre du jour de la conférence.

Il n'est pas sûr que le mouvement demeure uni. Déjà l'aile militaire qui devrait logiquement être dissoute, représentée en la circonstance par le « général » Joseph Zoundeko ne reconnaît pas la signature de ses mandants. Elle en est toujours restée à la partition dont on sait qu'elle n'arrivera pas, sauf concession extraordinaire et illégitime de la présidente de la transition.

 

2 – Les anti-Balaka.

 

La signature des accords de Brazzaville de la part de cette partie des belligérants consacre d'abord la victoire d'un homme, Patrice Edouard Ngaïssona, le « coordonnateur » autoproclamé de ces milices. Ancien homme-lige du président François Bozizé, ce dernier ne paraît pas en mesure d'imposer son autorité à une nébuleuse aux contours mal définis, et dont la majorité des éléments militaires sont d'anciens membres de la Garde présidentielle de l'ancien régime, et l'autre partie constituée de phalanges civiles plus enclines au banditisme qu'à la bataille idéologique.

 

Le nommé Ngaïssona n'est que le porte voix de l'ancien président déchu et l'exécuteur zélé des consignes prodiguées par l'entourage composite de ce dernier, ses fils et anciens collaborateurs : Jean-Francis Bozizé, Lévy Yakité, Willybiro-Sako, Josué Binoua, etc.

 

3 – Les autres groupuscules armés.

 

A côté des deux grandes coalitions armées ci-dessus, il faut également recenser quelques groupuscules disparates, six au moins que nous distinguerons par leurs initiales :  le FDPC d'Abdoulaye Miskine le déjanté ; le RJ du commandant Armel Sayo, l'ancien directeur de la sécurité du défunt président Ange-Félix Patassé ; le MLCJ d'Abakar Sabone, l'intégriste de la partition et créateur du mouvement de la jeunesse musulmane centrafricaine ; l'UFR du lieutenant-colonel Florian Ndjadder, fils du général du même nom qui devint chef d'état-major après la défection de François Bozizé ; le CPJP d'Abdoulaye Hissene devenu l'allié objectif de la présidente de transition dont il est le conseiller spécial, comme Jean-Jacques Demafouth l'ancien chef de l'APRD ; l'UFRF de Dieu-bénit Gbeyakikobe aussi anonyme que l'est son fondateur.

Ces instances n'ont ni objectif ni programme. Seul le ressentiment, l'esprit de revanche et le goût du lucre et l'appât du gain les animent. On peut craindre qu'ils ne puissent participer clairement aux efforts de désarmement, n'ayant aucun contrôle sur les factieux prompts à la dissidence qui leur font office de fantassins.

 

En face de cette palanquée de porteurs d'armes, siègent le gouvernement de transition de Madame Catherine Samba-Panza et les forces internationales, Sangaris, Misca et Eufor-RCA.

 

4 – Le gouvernement de transition.

 

Par ce terme générique, il faut comprendre l’ensemble des autorités de la transition. Leurs limites sont connues. Les autorités de la transition sont légales, mais elles sont illégitimes ; elles sont le résultat d’une cooptation politique née dans la confusion. Force est de constater qu’elles n’ont pas fait preuve par ailleurs d’un grand courage politique depuis leur installation, il y a de cela 7 mois. Jamais à l’initiative, sauf lorsqu’elles se sont fait forcer la main par le Médiateur de la crise centrafricaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso, ou par la France et l’Union européenne, voire par les circonstances du terrain .

Affaiblies depuis deux mois par l’annonce prématurée d’un remaniement gouvernemental promis par la présidente de la transition, elles font craindre l’implosion.

En effet, les autorités de la transition s’endormiraient sur leurs lauriers si elles pensent que les ex-Séléka ont renoncé à leur objectif de partition de la RCA. Elles commettraient par ailleurs une faute politique lourde de conséquence si elles venaient à se méprendre sur les intentions du président déchu François Bozizé, dont l’objectif dissimulé est la reconquête du pouvoir.

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5 – Les forces internationales.

 

Sangaris, Misca et Eurofor-RCA n’ont pas jouer le rôle que leur conféraient les différentes résolutions successives du Conseil de sécurité des Nations Unies. Elles n’ont pas pu ou voulu s’imposer sur le terrain, jouant alternativement les ex-Séléka contre les anti-Balaka, et réciproquement. C’est ainsi que la présence des éléments de l’armée burundaises à Bangui n’ont pas empêché l’attentat islamiste contre l’église Notre Dame de Fatima. C’est ainsi encore que la présence des éléments de la force française de l’opération Sangaris à Bambari, où est établi l’état-major des ex-Séléka, n’a pas dissuadé les criminels de s’en prendre aux déplacés réfugiés dans l’enceinte de l’évêché Saint-Joseph du chef-lieu de la Ouaka. Ces morts innocentes n’ont pas non plus empêché le chef d’état-major des forces africaines de la Misca, le général camerounais, d’assister à l’assemblée générale des ex-Séléka à Birao, congrès au cours duquel le mouvement  de rébellion armé s’est transformé en force politique, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), avec à sa tête tous les caciques de l’ancienne coalition rebelle : Michel Djotodia, Nourredine Adam, Mohamed Moussa Dhaffane, Abakar Sabone, etc.

La question qui se pose à ce niveau est simple : confusion des genres ou complicité objective des représentants des forces internationales ?

 

6 – La classe politique traditionnelle.

 

En face de ces cinq entités, la classe politique traditionnelle est atone et amorphe. Elle se divise en trois coalitions d’inégale importance ou plateformes politiques. Elle comprend d’une part l’alliance des forces démocratiques pour la transition (AFDT), le mouvement qui a succédé au FARE (front pour l’annulation et la reprise des élections de 2010), opposé à l’ancien président déchu François Bozizé, et d’autre part le groupe des partis travailliste, démocratique et républicain, affiliés à la mouvance du Kwa na Kwa, l’ancien mouvement présidentiel de soutien à François Bozizé, et, enfin, une ribambelle de micro-partis au pédigrée aussi confidentiel que le nom de leur créateur est ignoré du grand public.

La classe politique traditionnelle n’est pas impliquée dans la transition, ni en soutien ni en contradiction, se réservant de concourir demain pour les élections présidentielle et législative à venir ; les autres micro-partis n’ayant pas d’autres ambitions que celles de servir de faire valoir à la stratégie alimentaire de leurs fondateurs respectifs.

 

On voit mal l’accord de Brazzaville aller au succès, d’autant que cet accord, conclu sur l’honneur et l’engagement personnel du président Denis Sassou Nguesso, n’a prévu aucune disposition contraignante pour l’une ou l’autre des parties signataires qui viendraient à renier sa parole, sauf le délai de 45 jours au cours duquel le désarmement des troupes armées doit être conduit à son terme.

 

Cependant, le scepticisme relevé plus haut ne doit pas paralyser la transition. Bien au contraire, les inquiétudes exprimées par les uns et par les autres doivent conduire les autorités de la transition à accélérer celle-ci, au moins dans la mise en œuvre du désarmement de tous les éléments armés d’une part, et, afin de tenir les délais d’une élection présidentielle en février 2015, dans la poursuite du dialogue politique inclusif d’autre part, en prenant soin d’écarter toutes les personnalités convaincues de crime contre l’humanité ou faisant l’objet de mesures conservatoires de la part de l’Onu et de la Cour pénale internationale.

 

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II – Le désarmement des groupuscules armés.

 

Il ne s’agit pas d’une option politique. Le désarmement des factions rebelles et milices armées est une nécessité ou, comme l’a indiqué le Médiateur congolais de la crise centrafricaine, le président Denis Sassou Nguesso, une option purement technique qui demande méthode et organisation.

 

La méthode consiste à combiner le désarmement et la remise d’un viatique à chaque élément rendu à la vie civile, non point dans la nature mais à une adresse bien localisée. Il ne s’agit donc pas d’intégrer tous les éléments armés, miliciens ou rebelles, dans la future armée nationale centrafricaine, au risque de créer une armée mexicaine ou personne ne sait qui est qui.

 

La première observation que l’on peut tirer de cette considération est la propension de tout ce petit monde à l’auto proclamation dans les grades d’officiers ou d’officiers supérieurs, sans relation aucune avec leur aptitude militaire, à la guerre comme dans le commandement des hommes. Il convient de garder présent à l’esprit que la majorité des combattants rebelles de l’ex-Séléka étaient souvent des pisteurs formés par les officiers d’active des forces armées centrafricaines. Il serait curieux de voir ces derniers, qui ont des galons non en rapport avec un quelconque cursus militaire, commander à leurs anciens instructeurs restés dans les forces armées centrafricaines à des grades subalternes.

 

La même prudence doit être observée dans la situation des anciens membres de la garde présidentielle, dont on peut penser qu’il s’agit pour l’essentiel de militaires déserteurs, et dont le sort devrait être logiquement réglé par les juridictions militaires. 

 

Il importe donc de demander aux différents chefs rebelles le dernier listing de leurs effectifs à jours, de vérifier l’identité et la nationalité de chaque combattant, d’éditer la liste de tout leur armement, avant de procéder à leur désarmement d’abord, et à leur cantonnement ensuite. Il ne peut plus être question de procéder au cantonnement préalable des uns et des autres en les laissant en possession de leurs armes individuels ou armement lourd.

La logique voudrait que le combattant rebelle qui refuserait de se séparer de son arme y soit contraint, au besoin par la force.

 

La seconde étape du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion doit combiner les deux derniers termes de la trilogie : démobilisation et réinsertion.

Avant la procédure proprement dite de démobilisation, il convient de procéder à une enquête de personnalité : aptitude physique, niveau d’instruction ou de formation professionnelle, activité principale exercée avant l’intégration dans la rébellion ou les milices et, enfin, projet de vie ou d’avenir. L’intéressé désire t’il retourner dans son village et retrouver son activité antérieure, ou bien souhaite t’il suivre une formation professionnelle, dans quelle secteur ou branche ?

 

Il ne s’agit donc pas de lâcher les individus dans la nature, mais de les accompagner pas à pas dans leur retour à la vie civile. C’est à partir de cette enquête que doit se nouer les projets individuels de réinsertion ainsi que leurs coûts et leurs modalités de financement. Pour ce faire, le cantonnement des différents groupes rebelles devra s’effectuer à proximité des centres de formation ou d’instruction adaptés au profil des uns et des autres, sans nécessairement recourir à des regroupements par affinités combattantes ou ethniques ou régionalistes.

 

L’organisation du dispositif de désarmement, démobilisation et réinsertion doit être confiée aux forces internationales, Sangaris et Misca dans l’immédiat, puis l’Onu dans le cadre de l’opération de maintien de la paix à partir du 15 septembre prochain.

Il convient de ne plus confier le financement et le contrôle de ce dispositif, ni aux autorités de la transition ni aux différents chefs rebelles ou miliciens.

L’objectif du processus DDR est bien de rendre à la vie civile les combattants des anciennes rebellions, sans pour autant participer à l’enrichissement personnel de leurs chefs comme par le passé.

 

Enfin, dernière priorité du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion, le refus du démantèlement de l’Etat centrafricain ou sa partition. Les différents groupuscules rebelles ou milices n’auront pas à gérer  directement le processus DDR appliqué à leurs combattants, ni à prendre en charge l’administration du territoire où ils ont élu domicile ; la gestion du programme DDR relève du droit régalien de l’Etat centrafricain, associé aux institutions des Nations Unies.

 

III - Comment combattre le démantèlement et le démembrement de l’Etat centrafricain.

 

Lors de l’ouverture du Forum de Brazzaville, la question de la partition du pays a été posée comme préalable aux négociations par les représentants de l’ex-alliance Séléka. Il ne faut point se voiler la face, les risques d’éclatement de la RCA sont bien réels : deux années d’exactions et de représailles, des milliers de morts souvent à caractères confessionnels ou ethniques, des centaines de milliers de déplacés internes ou de réfugiés à l’extérieur des frontières de la RCA, tout cela a tissé des rancœurs, noué des haines, créé des frustrations.

Dès lors, la solution de facilité consiste à accepter l’hypothèse de la partition comme un pis-aller nécessaire. C’est la position préalable posée par l’ex alliance Séléka. Nous y reviendrons.

 

Les accords de Brazzaville n’ont pas abordé la question de la partition du pays et la subordonnent à l’organisation d’un dialogue politique inclusif inter centrafricain qui se déroulera à Bangui. Or la préparation de ce dialogue inclusif porte en germe les éléments de son échec futur. Parmi ces éléments, le plus évident, notoire, incontournable, semble être la pusillanimité du gouvernement de transition, dont la composition interne, à la fois incohérente et pléthorique, lui confère la légèreté et l’aisance d’un pachyderme dans un jeu de quilles.

 

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1 – L’imposture d’un « gouvernement de remerciement ».

 

Au soir du 100ème jour de sa présence à la tête de la transition, madame Catherine Samba-Panza avait fait comprendre qu’elle a tiré leçons des critiques formulées aussi bien contre la composition de son cabinet et celui du premier-ministre que contre celle du gouvernement, aussi pléthoriques qu’inefficaces les uns les autres.

 

Au lendemain du Forum de Brazzaville, à en croire l’ancien premier-ministre André Nzapayéké, aussi volubile qu’à l’ordinaire, on s’achemine vers un « gouvernement de remerciement ». Autrement dit, en échange de la signature des accords de Brazzaville, il s’agira « d’élargir le gouvernement pour pouvoir  y inclure la plupart de la classe politique et aussi les groupes armés ». C’est donc une compensation en échange des concessions obtenues auprès des signataires dudit accord.

 

Elargir un gouvernement déjà pléthorique, au regard de la situation économique et financière du pays, c’est pratiquer la politique de l’Arche de Noé. C’est une stratégie de simple survie, contraire à l’obligation d’un gouvernement de réformes et de relance politique.

Un tel attelage est toujours à le merci du moindre mouvement d’humeur ; il suffit que l’une des parties prenantes se sente moins privilégiée pour que le navire prenne du roulis et du tangage.

 

Le premier-ministre André Nzapayéké ayant été « démissionné » par la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, il appartient désormais à cette dernière de tenir le discours de vérité qui s’impose : le gouvernement de la République ne peut être constitué sur des critères de religion, d’appartenance régionale ou ethnique. Seules comptent : la compétence, l’intégrité, la loyauté.

 

2 – La partition et son échec avéré.

 

Jusqu’à ce jour, l’ex-alliance Séléka est le seul tenant de la partition de la République centrafricaine. Mais cette perspective n’est pas claire : certains réclament la partition entre le nord, supposé musulman, et le sud du pays, en majorité chrétien. D’autres pronostiquent un partage ouest-est, réclamant pour l’ex-Séléka les sept préfectures orientales de la RCA.

La partition en deux grandes entités ne peut aboutir, pour les raisons ci-après :

 

Il n’est pas sûr que le M’Bomou veuille faire sécession et se couper du reste de l’Oubangui, un fleuve n’est pas une frontière mais une voie de communication, de commerce entre les hommes et d’échanges ;

Il est peu probable que la Basse-Kotto souhaite être rattachée à un Etat islamiste, alors qu’elle est plus intimement liée à la province de l’Equateur ;

Il semble même exclu que les habitants du Haut-M’Bomou, les Azandé et Nzakara, descendants des sultans Rafaï et Zemio, acceptent une domination qui rappellerait sournoisement les razzia esclavagistes des 17 et 18ème siècles ;

Il n’est d’ailleurs pas certain que la Haute-Kotto soit disposée à un tête-à-tête exclusif avec la Vakaga et le Bamingui-Bangoran.

 

Dès lors, avec ces deux seules dernières entités coincées entre le sud du Tchad et l’ouest du Soudan, on voit mal cette nouvelle République constituée une entité viable. Elles seraient autonomes, certes, puisqu’elles ont été modelées par les excursions du sultan Sénoussi qui en avait fait son califat au début du 19ème siècle, mais peu viables politiquement, donc contraintes à l’alliance, soit avec le Tchad soit avec le Soudan.

Il est donc urgent pour les autorités de la transition de procéder rapidement à la réorganisation administrative du pays afin de faire échec à cette tentative de déstabilisation.

 

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3 – La fédération de l’Afrique centrale est une solution défaitiste.

 

Les partisans de cette option stratégique partent d’un constat lucide mais accablant. Nous les citons volontiers pour ne point trahir leur déchirement :

 

«  La République Centrafricaine n’est plus un Etat. Elle n’existe plus, de fait, car elle n’assume plus aucune des fonctions régaliennes qui définissent et encadrent la notion de souveraineté. Elle n’a plus ni police, ni justice, ni armée. Les fonctionnaires et l’administration centrale – payés par des pays tiers – ne sont plus en capacité de conduire leurs missions, la défense est assurée par des troupes multinationales, la santé est gérée par des organisations non gouvernementales étrangères, le pouvoir exécutif et législatif a été nommé… Non, rien ne nous rattache plus à la notion d’Etat, si ce n’est l’amabilité de nos interlocuteurs internationaux qui, pour ne pas nous humilier davantage, jouent encore le jeu du protocole ».

 

La charge est rude, mais la leçon est véridique et authentique !

 

Pour échapper à ce funeste destin, le rédacteur de cette sommation, le professeur Gaston Mandata N’Guérékata, ne voit qu’une option sans alternative : la création d’une fédération des Etats d’Afrique centrale sur la base de la communauté de la Cémac (communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, regroupant le Cameroun, le Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad).

Se référant à la vision prophétique de Barthélémy Boganda, président fondateur de la RCA, l’auteur justifie que « la fédération est un objectif vital qui, seul, peut assurer la stabilisation d’un territoire conçu à l’origine pour être associé à d’autres ».

 

Sans s’embarrasser des explications chronologiques et historiques qui expliquent l’échec des idéaux de Boganda en la circonstance, allons droit au but : la proposition de la fédération, dans les conditions actuelles, relève du défaitisme et de l’esprit de Munich.

Autrement dit, pour éviter la partition, allons résolument à l’effacement, à l’émiettement et à l’effritement. A partir d’un Etat virtuel, le Centrafrique d’aujourd’hui, fabriquons une province helvétique africaine où le Congo, le Cameroun et le Tchad, voire la République démocratique du Congo, instilleraient leurs particularismes nationaux respectifs. Tant qu’à y être, allons directement au démembrement du Centrafrique !

 

La fédération ne peut se concevoir qu’entre des Etats égaux, en droits et en obligations, mais volontaires et acteurs de leur propre décision. Il ne peut donc s’agir d’un mariage forcé, dont le coût serait exorbitant pour l’une des parties. Les autres peuples concernés sont ils prêts à pareil sacrifice ? On peut en douter lorsqu’on regarde les difficultés à faire vivre actuellement la Cémac, où aucun projet commun n’a encore jamais abouti.

 

Nous-mêmes sommes partisan de la régénération du vieux rêve de Barthélémy Boganda : la création des Etats-Unis d’Afrique centrale. Nous l’avons écrit il y a une dizaine d’années déjà. :

« Il ne s’agit pas de construire en Afrique centrale des Etats ethniques à configuration tribale homogène. Une telle stratégie conduirait très vite à un désordre généralisé, suscité par l’émergence micro-nations dépourvues de puissance et de capacité d’influence sur l’avenir. Ce serait commettre l’erreur de reconstruire 1492 à l’envers.

 

Au contraire, la situation en Afrique centrale réclame un dépassement : créer au cœur du continent noir une union d’Etats laïcs et démocratiques regroupant les actuelles républiques de langues latines. Un tel ensemble regrouperait les quatre Etats de l’UDEAC, auxquels viendraient s’agréger le Zaïre, l’Angola, le Rwanda et le Burundi ».

 

Nous ajoutions : « Pour atteindre cet objectif, deux lignes d’actions sont à construire :

  • Premièrement, la constitution d’une zone de libre-échange économique et commercial. Ce premier engagement peut être impulsé dès à présent sans attendre la fin des conflits locaux ; les pays en voie de démocratisation jouant le rôle de pôle d’entrainement de l’ensemble.
  • Deuxièmement, la création d’une véritable union fédérale disposant d’institutions propres au plan exécutif, législatif et judiciaire. Cette deuxième étape, beaucoup plus chargée de symboles politiques, sera certainement la plus difficile et la plus délicate à négocier.. Elle exige en effet que soit levée l’hypothèque que constitue pour les pays de la zone, la tutelle pesante, linguistique, culturelle et économique des anciennes puissances coloniales que sont la France, l’Espagne, le Portugal et la Belgique. »

 

Or, pour s’engager dans cette stratégie, il faut déjà que la RCA retrouve sa voie, son identité et sa souveraineté. Elle doit résister et vaincre les forces du mal, celles de la partition. Voilà la voie à suivre dans l’immédiat. Celle-ci dépend des acteurs politiques mais, malheureusement, les plateformes politiques existantes n’en prennent pas le chemin.

 

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4 – La voie de l’excellence et de la coopération.

 

Pour sortir la République centrafricaine de l’ornière, il y faut une volonté politique inébranlable, fondée sur deux principes :

 

  • la laïcité ; le gouvernement de la République ne peut se constituer sur des critères d’appartenance religieuse. Il n’est inscrit nulle part dans la Charte constitutionnelle de la transition que le premier-ministre centrafricain doive être de confession musulmane si le chef de l’Etat était issu d’une autre religion. Une telle proposition fait insulte à l’esprit de la démocratie.
  • La coopération ; le gouvernement de la République ne peut se satisfaire de la politique du tout ou rien. Il doit au contraire s’appuyer sur la collaboration de tous, sans pour autant assurer et garantir l’impunité aux responsables directs ou indirects des délits ou crimes contre l’humanité, commis contre les populations civiles centrafricaines, par les rebelles de l’ex-Séléka ou les milices anti-Balaka.

 

C’est au nom de ces deux principes que les partis politiques de gouvernement que sont le MESAN et le RDC doivent se tenir en dehors des combinaisons politiques conservatrices et circonstancielles, ou à l’écart des partis politiques qui ont fait appel à des forces étrangères, rebelles ou mercenaires, pour asseoir leur domination au pouvoir.

 

Le MESAN et le RDC doivent au contraire s’unir conventionnellement pour conduire la RCA sur le chemin du rassemblement populaire et de l’évolution sociale, afin de garantir le succès de la transition en cours. C’est leur seule planche de salut.

 

A une semaine du cinquante-unième anniversaire de la proclamation de l’indépendance, l’occasion est trop belle pour rater le coche ; c’est l’occasion d’une proclamation solennelle pour la Renaissance !

Il est cependant du devoir de Madame Catherine Samba-Panza, chef d’Etat de la transition, de reconquérir le droit à l’unité du peuple centrafricain. La balle est désormais dans son camp.

 

 

Paris, le 8 août 2014

 

Prosper INDO


12/08/2014
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La une : Discrimination des Pygmées - Réfutation des Maîtres de la forêt" et le salon par Victor BISSENGUE

Livres des Afriques 1ère édition 2014 - une présentation des Editions-Librairie PAARI. Dédicaces, 2 Conférences, 1 Table Ronde. Samedi 31 mai 2014 à la Maison de l'Afrique IREA L'Harmattan, Paris 5e - Victor Bissengué, invité du salon, dédicace son dernier ouvrage : Discrimination des Pygmées : Réfutation des Maîtres de la forêt.

 

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Victor Bissengué

 

POUR SE PROCURER LE LIVRE: Discrimination des Pygmées : Réfutation des Maîtres de la forêt.

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 Cliquer   :      ICI

 

 

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29/05/2014
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FÊTE DES MERES : dédicace à toutes les mamans par un compatriote

Le Clip de la Princesse Léonie KANGALA. En ce jour de la fête des mères, je dédie cette chanson à toutes les mamans du monde et particulièrement aux mamans de Centrafrique.Bonne fête maman -Manoël
 


25/05/2014
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Ils ont dis : la véritable nature du conflit centrafricain : guerre civile ou conflit religieux.

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    J’ai demandé un jour à un ami  centrafricain si l’on pouvait considérer la guerre qui ravage notre pays comme un conflit religieux. Il m’a répondu qu’il n’y avait pas de conflit religieux en Centrafrique.

---  Il s’agit donc d’une guerre civile, ai-je suggéré.                                               

---  Pas tout à fait, m’a-t-il répondu.

    J’en ai conclu que pour le moment le conflit centrafricain est une guerre sans nom. Ce sera ma première partie. Une guerre sans nom.  Cette première partie va m’amener naturellement à examiner dans une deuxième partie Les probabilités que ce conflit soit une guerre civile. Je montrerai les limites de ces probabilités. Ces limites me permettront d’aborder, dans une troisième partie, le nœud du problème, l’inconnue qui complique tout : la religion. Cette troisième partie comprendra quatre développements : Les probabilités que le conflit  centrafricain soit une guerre religieuse, les limites de ces probabilités et la critique de ces limites. Le dernier développement me tiendra lieu de conclusion. Il me permettra de définir ou plutôt de tenter de définir le conflit religieux ou guerre sainte.

    Le conflit centrafricain, au fur et à mesure qu’il s’installait dans la durée, s’est complexifié au point de faire perdre leur latin aux observateurs les plus avertis et même aux spécialistes de la RCA.

    D’ordinaire un coup d’Etat est perpétré pour redresser une situation compromise. En Centrafrique, il dérape  le jour même de sa réussite et ajoute une inconnue à son équation : la religion.

    Comment comprendre ce conflit ? S’agit-il d’une guerre civile ou d’un conflit confessionnel ? Telles sont les questions que se posent les observateurs et que nous allons examiner en commençant par citer quelques tenants de l’idée d’une guerre civile.

L’hebdomadaire allemand Die Zeit publie l’article d’une Allemande qui a vécu en Centrafrique avec son père missionnaire. Voici ce qu’elle écrit : <<  Les massacres qui se déroulent depuis décembre n’ont rien à voir avec la religion. La République Centrafricaine affiche toutes les caractéristiques d’un pays sous-développé. La pauvreté y est extrême, les gens n’ont aucune perspective. Il va de soi que cela entraîne le désespoir. >>

    L’iman Kobine Layama  parle, lui, d’une crise militaro-politique et rejette l’idée d’une guerre confessionnelle.

    Mais le rejet le mieux argumenté nous vient de l’abbé Yérima Banga, dans une tribune intitulée : La confessionnalisation de la crise centrafricaine : une manipulation politique et médiatique, tribune publiée le 12 janvier 2014 sur internet. Cet abbé, sur qui je reviendrai un peu plus loin, n’a pas de mots assez durs pour récuser l’idée d’une guerre confessionnelle en RCA. Il faut vraiment, écrit-il, avoir le quotient intellectuel à zéro pour avaler la couleuvre de l’argument  confessionnel. Il vise les médias internationaux qui n’écouteraient pas  suffisamment les médias centrafricains, plus aptes  selon lui, à appréhender les réalités centrafricaines.

    Enfin, on doit compter parmi les tenants de l’idée d’un conflit intercommunautaire le colonel Pierre de Lacan, ancien conseiller militaire de Bokassa : << C’est une guerre civile avec toutes les horreurs  subséquentes. >>

    Je pourrais citer d’autres critiques, d’autres spécialistes, mais il y a en face, dans une posture diamétralement opposée, ceux qui soutiennent l’idée d’un conflit confessionnel en RCA. On va citer entre autres :

---  L’anthropologue  africaniste Jean Loup Amselle sur Arté : << Ce n’est pas du tout  un affrontement ethnique, contrairement à tout ce qui a été dit dans les médias. C’est un affrontement religieux. >>

---  Un musulman centrafricain de la mosquée Babolo cité par le journal Le Monde : << Il faut que les chrétiens acceptent qu’aujourd’hui nous sommes au pouvoir. Quand ils y étaient, nous ne protestions pas. >>

---  International crisis group, rapport du 2 décembre 2013 : << La Séléka s’est disloquée en une multitude de groupes armés qui commettent de nombreuses exactions et provoquent  la réaction des milices d’autodéfense et un conflit confessionnel. >>

--- Le journal allemand Frankfurten Allgemein Zeitung du 14 mars 2014 : << Des rebelles musulmans massacrent des chrétiens et des rebelles chrétiens massacrent des musulmans. >>

    Telles sont les deux positions qui s’affrontent et notamment dans les médias. Le Journal La Croix du 21 novembre 2013, après avoir constaté qu’elles étaient aux antipodes l’une de l’autre, a laissé à l’histoire le soin de trouver un nom au conflit  centrafricain : << Quel que soit le nom que l’histoire retiendra pour le drame centrafricain, l’urgence humanitaire y est extrême. >> Autrement dit, le conflit centrafricain, pour le moment, est un conflit sans nom.

    Tous les observateurs s’accordent sur un point : le caractère exceptionnel et inqualifiable des exactions. Mais alors pourquoi ne parvient-on pas à trouver un nom à ce conflit ? On peut poser la question autrement. Comment donner un nom à des crimes innommables ? Il semble que l’impossibilité de trouver un nom au drame centrafricain soit en rapport avec le chaos qui règne sur le terrain.

    Nous allons tenter d’y voir un peu plus clair en examinant les probabilités que cette guerre soit une guerre civile.

    On ne le répétera jamais assez : les politiques menées en Centrafrique, depuis l’indépendance, ne pouvaient conduire qu’à une situation insurrectionnelle et à la guerre. Le schéma de gouvernance est bien connu : le président travaille avec << ses proches >> : des ministres fils, des ministres nièces, avec un parti et surtout des militants appartenant majoritairement à la même ethnie que lui, avec une garde présidentielle à sa dévotion. Mais sachant que la misère galope dans son pays et qu’il n’est pas à l’abri d’un coup d’Etat, il tribalise au maximum l’armée nationale. Ce schéma, qui érige l’exclusion en mode de gouvernance, a considérablement appauvri le pays. A l’exception des parentèles opportunistes qui se sont succédé au pouvoir, toutes les couches sociales se sont paupérisées.

    Selon une enquête du Centre des Droits Humains (HRD) de l’université de Berkeley au Etats-Unis, enquête qui date de 2009, c’est-à-dire d’avant la crise Séléka, le taux de mortalité mensuelle en RCA était quatre fois plus élevé que dans les autres pays du continent noir : 5 pour mille alors qu’il est de 1,3 pour mille en Afrique  subsaharienne. Ce taux centrafricain est comparable ou plus élevé que celui des pays ou zones en crise comme la RDC ou le Darfour. Chaque année, depuis 1999, la RCA perd 6% de sa population. Cette perte, me diriez-vous, est probablement due aux combats récurrents qui ravageaient le nord et l’est du pays. Selon Patrick Vinck, le chercheur qui a mené l’enquête, << Seul un décès sur cinq est directement lié aux violences. Même dans les zones relativement épargnées par les combats comme le sud du pays, les taux de mortalité sont bien au-dessus du seuil d’urgence aiguë. En fait la majorité des décès sont dus à une pauvreté extrême et une pénurie de centres de soins que les conflits n’ont fait qu’exacerber. >>

   Je vous rappelle que cette enquête date de 2009. Depuis, la Séléka est passée et la situation, logiquement, doit avoir empiré. D’autant qu’en décembre 2011 Médecins Sans Frontière  a réalisé quatre enquêtes qui ont confirmé l’enquête de l’université de Berkeley. Voici le constat de cette ONG : << Les taux de mortalité en Centrafrique sont trois fois plus élevés que le seuil d’urgence qui définit une crise humanitaire. >>

    Ces informations alarmantes qui gagneraient à être divulguées, ces informations qui ont probablement fait croire aux envahisseurs prédateurs que le moment était venu d’envahir la RCA, ces informations ont été purement et simplement passées sous silence. Comme toujours. Comment s’étonner alors que l’extrême pauvreté génère des foyers de tension, des tentatives de coup d’Etat, des mutineries, des rebellions, des coups d’Etat et une guerre civile en 2002-2003 !

    En 2006, c’est une véritable armée issue de la coalition de trois groupes rebelles qui s’emparent de plusieurs villes du nord. L’aviation française interrompt leur progression et sauve le régime Bozizé. Mais l’armée de Djotodja prend le maquis pour continuer la lutte.

    Il y avait donc bien en Centrafrique des guerres intestines entretenues par la pauvreté, des guérillas qui pouvaient dégénérer en guerre civile généralisée.

    Mais ce constat a des limites. J’en ai relevé deux : jusqu’ici, quand un coup d’Etat réussissait, les nouveaux dirigeants s’attelaient à réconcilier les factions, à recoller les morceaux du pays afin de le réconcilier avec lui-même. En Centrafrique, quand les Séléka ont eu vaincu les FACA, ils ont retourné leurs engins de mort contre la population qu’ils étaient prétendument venus libérer. Comme si le fait de conquérir le pouvoir de l’Etat n’était pas leur véritable objectif.

    Le deuxième argument qui milite contre l’idée d’une guerre civile, c’est la coalition elle-même.  Selon le colonel Narkoyo, son ancien porte-parole, elle serait composée de 90% de musulmans dont des Tchadiens et des ressortissants du Darfour, les fameux Janjawids , considérés comme des criminels par les Nations unies. 90 ou 95% de musulmans, peu importe, la Séléka n’était qu’un agrégat de factions. La question qu’on peut se poser c’est comment une armée disparate a-t-elle pu se transformer en une coalition aussi redoutable que la Séléka.

    L’ hypothèse la plus vraisemblable, c’est que la religion a permis à ces factions hétéroclites de transcender leur clivage. On lui a fait jouer, pendant la phase de conquête du territoire centrafricain, un rôle fédérateur au sein de cette coalition. Quand les choses vont commencer à se gâter pour Djotodja, il dira qu’il avait fait jurer ses combattants musulmans sur le Coran qu’ils ne commettraient pas d’exactions. Par cette déclaration, l’ancien président de la transition reconnaissait implicitement qu’il n’était pas sûr de ses hommes et qu’il avait dû, pour les tenir, instrumentaliser le Coran.

     Restons avec l’Islam pour examiner maintenant les probabilités que la crise centrafricaine soit un conflit religieux.

    Je vous rappelle que l’histoire de la RCA, depuis l’indépendance, n’est qu’une succession de crises politiques. Mais la crise Séléka est la seule à propos de laquelle on a évoqué l’idée d’un conflit religieux. De quels arguments dispose-t-on ?       

Premièrement. La lettre adressée par Djotodja  à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). L’ancien président nie l’avoir écrite. Mais sa dénégation, à un moment où sa coalition faisait l’objet d’une réprobation unanime, n’a convaincu personne.

Deuxièmement. La composition de la Séléka à dominante musulmane.

Troisièmement. Ses pillages et destructions ont ciblé les églises, l’administration et les biens des non-musulmans, épargnant les quartiers musulmans.

Quatrièmement. Les musulmans, du moins certains musulmans de Bangui se sont réjouis ouvertement de la réussite du coup d’Etat : marche pacifique organisée par Nguendet, Djotodja accueilli par des Allah akbar à la mosquée Babolo.

Cinquièmement. Dans certaines villes comme Bossangoa par exemple, la population meurtrie par des exactions sans nom,  s’est réfugiée d’instinct dans les églises et autour. Plus tard les musulmans pourchassés par des Antibalaka chercheront refuge dans les mosquées et même, pour certains, dans les églises.

L’argument linguistique. La plupart des combattants de la Séléka ne parlaient que l’arabe. Tant qu’ils s’étaient contentés de diriger des troupes arabophones, les généraux de la Séléka n’ont eu aucun problème. Mais quand ils se sont arrogé  des postes de responsabilité à la tête des administrations, ils ont immédiatement été confrontés à un problème linguistique : la langue de leur coalition n’était pas celle du pays qu’ils venaient de conquérir. Et donc pour s’adresser aux usagers de certaines administrations, les Soudanais du Darfour qui ne parlaient pas un traître mot de sango ou de français, avaient recours à des interprètes.

Septièmement. L’argument décisif, pour plusieurs raisons, c’est l’attaque du 5 décembre, qui a marqué les esprits et qui constitue un véritable tournant dans le conflit centrafricain.

    Cette attaque a visé Bangui, le sanctuaire des Séléka.

    La capitale centrafricaine attendait alors, sous les feux des caméras, le vote du Conseil de sécurité autorisant le  déploiement des forces françaises en Centrafrique.

    Cette attaque a fait en deux jours, selon Amnesty International : 60 morts musulmans et 1000 morts chrétiens. Ces chiffres ont été largement commentés. Mais ce qui me semble renforcer l’idée d’un conflit confessionnel, ce sont les termes musulmans et chrétiens employés par Amnesty International. Les faits s’étaient déroulés devant les caméras du monde entier, presque en direct : on a tué des gens parce qu’ils étaient musulmans ou chrétiens. Les faits sont incompréhensibles : chrétiens et musulmans qui adorent  le même Dieu se sont entretués. L’idée d’un conflit confessionnel ne sort donc pas de l’imagination d’un observateur mais bien des faits. Nous allons lui trouver des limites.

    Dans la tribune de l’abbé Yérima Banga, ces limites sont les arguments qui établissent de manière irréfutable, selon lui, qu’il n’y a pas de conflit religieux en Centrafrique. Je vous les donne. Ensuite on les soumettra à un contre-argumentaire.

1.      Djotodja a dit lui-même que la victoire de la Séléka n’était pas celle des musulmans.

2.     << Les Antibalaka ne sont pas des chrétiens. Ils portent des amulettes comme les musulmans. >>

3.      L’incident de l’église Saint-Jacques où des imams ont failli se faire lyncher par une foule en colère << n’avait rien à voir avec la religion. >>

4.     Selon l’abbé, << aucun responsable chrétien ne parraine les Antibalaka. >> Du côté des musulmans, écrit-il, il n’y a pas non plus officiellement de signe qui conduirait à un programme défini de lutte confessionnelle.

1.     Quand il est apparu que les musulmans revendiquaient de manière hautaine la victoire de la Séléka, Djotodja a convoqué les imams de Bangui pour leur dire que la victoire de la Séléka n’était pas celle des musulmans. Cette déclaration, une simple clause de style, ne mérite pas qu’on s’y attarde. Les musulmans, pour reprendre le terme de Djotodja, ne vont pas se taire et la Séléka accentuera ses exactions sans provoquer une once de compassion chez l’ancien président.

2.     a << Les Antibalaka ne sont pas des chrétiens. >> C’est fort contestable. Il y a des chrétiens parmi les Antibalaka. Voici ce qu’écrit à leur sujet le journal La Croix du 21 novembre 2013 : << Des milices composées de jeunes gens de confession chrétienne se sont déjà attaqués aux rebelles de la Séléka et aux populations musulmanes autant par punition que par prévention. >>

   Je vais revenir brièvement au conflit pour montrer les embarras du clergé centrafricain et ajouter que ces embarras sont pratiquement de même nature que ceux que les chrétiens du cinquième siècle après Jésus Christ avaient éprouvés. Mais comme dirait Léon Odoudou, Comparaison n’est pas raison.    

    Tant que les Séléka avaient le monopole de la violence, leurs victimes désignées par tous les observateurs, c’étaient les chrétiens. Mais dès que les Antibalaka ont commencé à exercer des représailles, les leaders chrétiens les ont condamnés sans atermoyer, dans un premier temps, avant de chercher, par tous les moyens, à se démarquer d’eux. L’archevêque Nzapalainga propose qu’on les appelle << milice d’auto-défense.

     Pour comprendre la position des leaders chrétiens, il faut savoir que, des trois religions monothéistes, celle qui condamne formellement la violence, c’est le christianisme. Rappelez-vous les paroles de Jésus : << Moi, je vous dis : Aimez vos ennemis. >> alors que son pays, la Judée, était occupé par les Romains. Ce message d’amour reste le message fondateur du christianisme.

   Après la mort de Jésus et la persécution de ses fidèles, les chrétiens réussissent, grâce à deux empereurs romains, Constantin et Théodose, à construire un empire, leur empire qui, théoriquement, contient des non-violents, selon les préceptes du Christ.

    Mais au 5ème siècle, cet empire est attaqué par des Barbares, qui cherchent à s’en emparer. Que doivent faire les chrétiens ? Défendre leur empire ou se laisser massacrer. A l’époque vivait Augustin, un évêque africain qui va devenir une des plus grandes autorités patristiques de l’Eglise catholique. On le consulte. Les chrétiens doivent-ils se battre ou se laisser massacrer. Augustin rassure ses coreligionnaires en leur répondant que Dieu ne rejette pas les soldats. Il cite pour les convaincre ce qu’il appelle << les guerres de l’Eternel >>.

   Donc quatre siècles après la mort de Jésus, les chrétiens, théoriquement des non-violents, étaient déjà confrontés au problème de la violence.   

2.b. << Ils ( les Antibalaka ) portent des amulettes comme des musulmans. >> Cet argument est un véritable bâton que l’abbé tend à des éventuels contradicteurs pour se faire battre. C’est vrai que les musulmans portent des talismans. Mais ils ne sont pas les seuls parmi les adeptes des grandes religions à visée universaliste : les Juifs, les Chrétiens aussi les portent.

     Dans la religion musulmane, le port des talismans remonte à l’époque de Mahomet. Le prophète lui-même était contre. C’est une partie de ses disciples qui autorisait le port des amulettes confectionnées avec des versets du Coran. Cette pratique est prohibée par l’Islam orthodoxe, mais elle est restée dans certains milieux musulmans, probablement parce qu’elle existait avant l’Islam, en Arabie, chez les Juifs, dans le Judaïsme.

    La première religion monothéiste a très vite utilisé les talismans qu’elle appelle téfilins. Comme les musulmans, les rabbins utilisent, pour confectionner leurs amulettes, les versets de la Torah. Cette pratique du Judaïsme rabbinique s’appuie sur un verset biblique ( Exode, ch.13-9 ) et n’a pas disparu en Israël. Pendant l’élection de 1996, les militants du parti Shas, un parti religieux dirigé par Ovadiah Yosef, distribuaient non pas des tracts mais des amulettes bénies par un autre rabbin, le mystique Kadoorie.

    Il reste le Christianisme, la deuxième religion monothéiste après le Judaïsme.

    Tous ceux qui ont regardé, à la télévision, la canonisation des papes Jean XXIII et Jean Paul II ont remarqué, parmi les objets de culte, les reliques de ces deux papes.

    Dans le christianisme, du moins dans sa partie catholique, le développement au Moyen Âge du culte des reliques et des images qu’on appelle autrement des talismans chrétiens, s’accompagne d’une violente querelle théologique entre ses partisans et ses détracteurs.

    Il faudra deux conciles pour arrêter la controverse. Le deuxième, celui de Trente, en 1563 confirme le culte des saints, des reliques et des images pour que le Seigneur accorde des bienfaits

     Donc ces objets auxquels on prête des pouvoirs magiques se retrouvent  dans toutes les grandes religions et ne sont pas spécifiques aux animistes. On peut même dire que les talismans sont des objets de culte animistes que les autres religions ont adoptés.

3. Nous en arrivons maintenant à l’incident de l’église saint Jacques où des imams venus célébrer la réconciliation avec l’archevêque de Bangui ont failli se faire lyncher par une foule assoiffée de vengeance. L’abbé soutient que cet incident milite contre l’idée d’un conflit confessionnel, que si cette foule avait été chrétienne, elle aurait obéi à l’archevêque, en acceptant le principe d’une réconciliation. Je pense qu’il a tort. Dans mon intervention de décembre, j’avais dit que les Centrafricains étaient majoritairement  animistes mais qu’ils se revendiquaient chrétiens ou musulmans. Très peu de gens en Centrafrique se disent ouvertement animistes, l’animisme étant synonyme de sorcellerie, de magie noire et magie blanche. Et puis la Séléka ne s’est pas acharnée sur les lieux de cultes animistes qui n’existent pas, mais bien sur les institutions catholiques : profanation des édifices et objets religieux, perturbation des offices, agression physique de l’archevêque de Bambari…Autant d’actes sacrilèges qui, ajoutés aux assassinats et aux massacres impunis, ont exacerbé le sentiment de vengeance du camp chrétien.

4. Le dernier argument, celui qui récuse avec force l’idée d’un conflit confessionnel, c’est selon l’abbé Yérima Banga qu’aucun responsable religieux chrétien ne parraine les Antibalaka. Ce qui est vrai. Mais ce qui  l’est moins ou plutôt ce qui est discutable, c’est ce qu’il ajoute à propos de la Séléka : << Il n’y a pas non plus officiellement de signe qui conclurait à un programme défini de lutte confessionnelle. >>

         Il me semble que l’adverbe officiellement fait allusion à la lettre que Djotodja a envoyée à l’Organisation de la Conférence Islamique. Cette lettre était censée rester secrète. Car son objet, la création d’un Etat islamique en Afrique centrale, est un pari risqué qu’on ne saurait crier sur les toits.

      L’adverbe officiellement fait aussi allusion au séjour de Djotodja au Soudan, un Etat voyou, repaire des islamistes, selon les Américains. L’ancien leader de la Séléka a-t-il pris langue avec les islamistes au Soudan ? On ne le saura peut-être jamais.

    Il reste que dans le Coran, à côté des versets pacifistes, il y a des versets bellicistes qu’on peut instrumentaliser. Pour les extrémistes, la sourate 9 verset 14 préconise un jihad  permanent  contre les non-musulmans. Un invité présent dans la salle, me dira, après l’exposé, que ce verset est très discuté, qu’il ne s’adresse qu’à ceux qui nourrissent de sombres projets contre les musulmans. Dont acte.

    L’idée d’un conflit religieux sort renforcée de ce contre- argumentaire. Nous allons, pour terminer, nous intéresser à ce concept de conflit religieux qui pose problème. Qu’est-ce qu’une guerre sainte ? Qui a inventé ce genre de conflit ?

     Au 5ème siècle, les chrétiens qui ont reçu d’Augustin l’assurance qu’en prenant les armes ils ne déplairaient pas à Dieu, lui ont demandé, s’ils pouvaient considérer leur guerre contre les Barbares comme une guerre sainte. L’évêque d’Hippone leur a répondu non. Une guerre sainte est une guerre décrétée par Dieu et par Lui seul, dans le cadre d’une théocratie. La guerre des chrétiens contre les Barbares est une guerre juste, une guerre légitime. En fait une guerre pour défendre l’Eglise.

    Dans sa définition de guerre sainte, Augustin fait directement référence à la conquête de Canaan par les Hébreux, qui sont considérés sinon comme les inventeurs, du moins les théoriciens de ce genre de conflit. La campagne de Canaan, on le sait, est une guerre éclair menée par les Hébreux qui sortaient d’une longue errance dans le désert et qui théoriquement n’avaient aucune chance de l’emporter sur les armées cananéennes, plus aguerries et mieux équipées.

     Ils l’emportèrent non pas parce qu’ils avaient un grand général en la personne de Josué, mais parce que Yaveh, leur Dieu, était intervenu dans la bataille à Jéricho, Gabaon et Haçor.

    Cette guerre a une autre spécificité, la pratique de l’anathème. La prise de Jéricho sera suivie du massacre de tous ses habitants et même de son bétail. Plusieurs villes situées sur le territoire de la terre promise subiront ce sacrifice destiné à remercier Yahveh. Mais pour quelle raison ? Nous retrouvons ici l’enjeu de la bataille, Canaan, la terre promise.

    Ce qui semble capital dans cette campagne, ce n’est pas son habillage idéologique. C’est son enjeu. Et qu’est-ce qu’on retrouve derrière l’enjeu ? Des préoccupations terre-à-terre : un peuple de nomades qui se cherche une terre. Je me suis bien éloigné de la Centrafrique.

    Je reviens à sa crise pour affirmer qu’il n’y a pas de conflit religieux sans enjeu, surtout pour ceux qui en prennent l’initiative. Je ne vois pas comment  ni pourquoi de simples mortels pourraient se battre pour le Tout-Puissant, l’Omniscient.

    L’objectif du premier grand conflit des Hébreux était Canaan, une terre où coulent le lait et le miel. Ces caractéristiques de la terre promise ne vous rappellent-elles pas, chers amis, un pays au cœur du continent noir, un pays de forêts où coulent des rivières d’or et de diamant ?

 

Forum de Reims, le 03 mai 2014

GBANDI Anatole

 

P.S. Le Groupe de Reims est un groupe de réflexion sur la crise centrafricaine.

20/05/2014
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Centrafrique : LE PEUPLE NE VEUT PLUS DE DISCOURS, MAIS DES SOLUTIONS, ICI ET MAINTENANT.

 

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Après le Complexe Pédiatrique, le Pr Gaston Mandata N'Guérékata vient d'offrir à l'Hôpital de l'Amitié, un important lot de matériel médical et de médicaments.
A l'heure où les autres s'apprêtent à servir du VENT ou des PACOTILLES aux populations dans le but d'obtenir leurs suffrages, le Pr Gaston Mandata N'Guérékata est déjà à l'oeuvre dans la résolution des problèmes multiformes de ce peuple meurtri et abandonné.
LE PARC APPORTE UN SOUTIEN SANS FAILLE A L'HOMME, SANS AUCUN DOUTE QUI DÉTIENT ET APPORTERA LA VÉRITABLE SOLUTION AU PROBLÈME CENTRAFRIQUE.
LE PEUPLE NE VEUT PLUS DE PROBLÈMES, MAIS DES SOLUTIONS, ICI ET MAINTENANT.

Dr François MBOLIDI - Vice-Président du PARC

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08/05/2014
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Acte II : Deby et la RCA (suite)

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[Mise à jour| 06/05/2014 09:24:18]-Les ex-militaires tchadiens de la MISCA qui sont cantonnés à Sarh depuis leur départ de la RCA, refusent de regagner N’djaména car ils veulent leur solde mais IDI a envoyé le CEMGA et Oumar Deby pour les dissuader mais ils campent sur leur position. Les mutins soupçonnent IDI de vouloir semer de la zizanie en leur sein par l’intermédiaire des officiers félons.

©Tchadactuel


06/05/2014
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Acte I : Deby et la RCA (suite)

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[ Mise à jour|06/05/2014 09:22:54] - A quels jeux joue Deby en RCA ? On savait qu’Adam Annour, l’ex tout-puissant Ministre de la SELEKA a été reçu par Deby après un bref séjour au Bénin et puis il a continué sur la RCA. Le sécessionniste Abakar Saboune est toujours l’hôte de Deby ; les ex-SELEKA exfiltrés et casernés par Deby à Korotoro et à Bardaï, viennent d’être regroupés, habillés en tenue militaire et acheminés sur la RCA. Selon plusieurs sources, Deby préparerait un grand coup en RCA, mais ses partenaires européens et surtout français seraient bien au courant de ces jeux et attendraient des pieds fermes les SELEKA. Ça ne sera donc pas une promenade de santé pour Deby et sa SELEKA.

©Tchadactuel.

 

 


06/05/2014
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2ième partie : débat sur les 100 jours de la Présidente de transition, l'impossible réconciliation, l'inévitable partition ?

2ième partie : débat sur les 100 jours de la Présidente de transition, l'impossible réconciliation, l'inévitable partition ?

 

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02/05/2014
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Flash Info Zo Kwe ZO : 1 ère partie : débat sur France 24 , les 100 jours de la présidente de transition

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02/05/2014
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