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Actualité


La justice française ordonne la remise à la CPI de Patrice-Édouard Ngaïssona

La cour d'appel de Paris a donné lundi 31 son feu vert à la remise à la Cour pénale internationale, basée à La Haye, de l'ex-chef antibalaka et figure des autorités du football africain.

Visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), Patrice-Édouard Ngaïssona, 51 ans, est soupçonné d’avoir commis ou aidé à commettre des crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans l’ouest de la République centrafricaine entre septembre 2013 et décembre 2014.

Il avait été interpellé en France le 12 décembre et écroué dans la prison de Fleury-Mérogis, en région parisienne. C’est le deuxième suspect à être arrêté dans le cadre de l’enquête de la CPI en Centrafrique.

« J’étais un porte-parole qui a amené la paix en Centrafrique et non un chef de guerre », avait déclaré le 19 décembre devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel Ngaïssona. Il avait affirmé par ailleurs qu’il n’était « pas au pays » au moment des faits qui lui sont reprochés.

Malgré un lourd passif dans son pays à la tête des milices antibalaka, Ngaïssona, qui fut un éphémère ministre des Sports en 2013, avait été élu en février 2018 au comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF). Il est aussi président de la Fédération centrafricaine de football. Son nom est régulièrement cité dans les rapports de l’ONU et dans les notes d’enquête de la justice centrafricaine comme l’un des chefs des milices antibalaka qui ont semé la terreur dans le pays.

Patron des antibalakas

Créées en 2013 après la prise du pouvoir à Bangui par les rebelles de la coalition de la Séléka, ces milices peu structurées ont pris les armes en prétendant défendre les intérêts des chrétiens et en représailles aux exactions des groupes armés musulmans.

A la chute du président Michel Djotodia issu de la Séléka en 2014, les antibalaka se sont lancés dans une chasse aux musulmans dans Bangui et ses environs, faisant des centaines de morts. Selon la CPI, il y a des « motifs raisonnables » de croire qu’une « attaque généralisée et systématique a été perpétrée par les antibalaka contre la population civile musulmane et quiconque semblait soutenir la Séléka ».

Cette arrestation est intervenue quelques semaines seulement après la remise à la Cour d’un autre ex-chef de milice antibalaka, Alfred Yekatom, parfois surnommé Rambo.

Candidature rejetée

Plusieurs fois déjà, Ngaïssona avait été dans le viseur de la justice: en 2014, une vaste opération de l’armée française pour l’appréhender dans son fief de Boy-Rabe, quartier du nord de Bangui, avait échoué. Il a bien été incarcéré au début des années 2000 pour enrichissement illicite, mais semblait passer entre les mailles de tous les filets depuis.

A Bangui, ses détracteurs avaient lié son inexorable ascension – jusqu’à se présenter à l’élection présidentielle de 2015 – à ses liens avec l’ancien président François Bozizé (2002-2013), et ses connexions présumées avec l’actuel président Faustin-Archange Touadéra.

Sa candidature à la présidentielle a néanmoins été rejetée, ce qui provoqua barricades et échauffourées dans des quartiers de la capitale centrafricaine.

 

©Par JA/avec AFP , publié le 31/12/2019, mis à jour le 04/01/2019

 


03/01/2019


Centrafrique : comment la Russie travaille patiemment à supplanter la France

ANALYSE. Profitant du besoin en armement du gouvernement centrafricain, les Russes ont fait coup double : fournir des armes russes et être dans l'entourage direct du président Touadéra. La partie est de plus en plus difficile pour les Français.

 

 

 

La ministre française des armées Françoise Parly avait bien préparé son voyage de deux jours en République centrafricaine qui s'est achevé le 11 décembre dernier. Sur place, elle a laissé 1 400 kalachnikovs, trois bateaux pneumatiques et l'annonce de la future formation de 9 000 soldats. « La France se tient aux côtés de ses alliés centrafricains. Notre amitié et notre confiance sont un souffle nécessaire pour la paix », pouvait-on lire sur sa page Facebook qui précisait cependant, dans la ligne de l'attachement au multilatéralisme d'Emmanuel Macron, que « la France sera l'avocate infatigable » du processus de paix, pourtant en panne, de l'Union africaine (UA) et le soutien de « l'action coordonnée de la communauté internationale ». Rien de vraiment nouveau à propos d'une position française traditionnelle, mais qui, cette fois, s'accompagne d'une pique bien sentie : « Quand on parle de paix et de vies à protéger, il n'y a pas de rivalités ou d'intérêts particuliers qui tiennent. »

Des mots destinés en fait à la Russie qui, depuis un an, a débarqué en force dans le pays en signant un accord de défense inédit, en livrant des armes et en dépêchant près de 300 conseillers militaires auxquels s'ajoutent plusieurs autres centaines de mercenaires qui ont servi en Syrie ou en Ukraine, dans la province sécessionniste du Donbass. L'équivalent des contractors américains, ces anciens militaires qui travaillent pour des sociétés militaires privées, comme jadis Black Water fondée par Eric Prince, un ancien commando marine des Navy Seals, qui avait raflé les plus gros contrats en Irak. À Bangui, c'est Sewa Security Services, « filiale » de la société russe Wagner, qui embauche des vétérans russes pour les projeter en Afrique comme à l'époque de l'Armée rouge. Une « guerre froide » nouvelle manière assumée par Moscou, qui guigne, sur l'exemple des Chinois, les matières premières et cherche à étendre son influence, après le Moyen-Orient, au continent africain qui avait été abandonné après la chute de l'URSS. Pour Moscou, la Centrafrique, pays en faillite miné par la guerre, des coups d'État et une extrême pauvreté, est le maillon faible. Surtout depuis octobre 2016, la fin de l'opération Sangaris, déclenchée par François Hollande et son ministre de la défense Jean Yves Le Drian.

 En 2013, à Bangui, les soldats français mettent un terme, sur le moment, aux tueries entre les miliciens de la Seleka au pouvoir et les chrétiens anti-balaka qui, après un premier massacre, se mettent à leur tour à assassiner les musulmans. Dans les provinces, les tueries ne cesseront jamais. « Sangaris a rempli sa mission », affirme pourtant en octobre 2016 le ministre, pour qui cette opération a mis fin au chaos et a permis la tenue d'élections. En fait, cette mission difficile qui s'achève dans l'indifférence générale n'a pas pu restaurer, faute de moyens, la sécurité dans les 14 préfectures du pays. Des régions entières restent sous la coupe de soudards qui tuent et violent, pillent l'or et le diamant. Des territoires qui échappent toujours au contrôle du gouvernement et de la force des Nations unies, la Minusca, qui n'est pas en capacité, malgré son important budget, de rétablir l'ordre. La mission de formation de l'Union européenne, elle, dispense un enseignement militaire avec moins de 200 instructeurs.

Derrière le retrait des forces françaises, jugé prématuré par le gouvernement centrafricain de l'époque, il y a en fait le coût, 500 millions d'euros, et la nécessité pour Paris de disposer des troupes de Sangaris pour les déployer dans l'ambitieux dispositif Barkhane qui couvre, avec un succès mitigé contre les groupes armés qui malgré leurs pertes se renouvellent sans cesse, cinq pays du Sahel en proie au terrorisme islamiste. En fait, Sangaris a été déclenchée sans vraiment prendre en compte que la Centrafrique à peine peuplée de cinq millions d'habitants était tombée dans le chaos depuis des décennies sans qu'aucun gouvernement n'ait le pouvoir, ni les moyens, de l'administrer hors de la capitale. Si l'opération Barracuda déclenchée en 1979 par le président Giscard d'Estaing pour destituer Bokassa avait un objectif précis, celui de Sangaris suivie de très près par Jean Yves Le Drian qualifié de ministre de l'Afrique sous François Hollande, était dilué dans des régions inaccessibles faute de routes ou l'enlisement, au sens propre pendant la saison des pluies, guettaient les forces françaises.

En partant, Paris a conforté la conclusion d'Aristote à propos de la nature qui a horreur du vide. Une aubaine pour Vladimir Poutine qui souhaite redonner à son pays l'influence d'antan sur le plan international. Une perte de confiance de la France à Bangui, déçue du départ des troupes au drapeau tricolore. Une occasion pour le nouveau président centrafricain qui, sur les conseils de Paris, se tourne vers les Russes pour équiper et entraîner son armée, sachant que Poutine n'a aucun complexe par rapport à ses engagements militaires à l'étranger et qu'il ne s'embarrasse pas des critiques quand il faut utiliser la force.

Comment les Russes ont adroitement joué en Centrafrique...

En septembre 2017, la France avait en effet proposé de donner aux Faca (forces armées centrafricaines) 1 500 kalachnikovs confisquées au large de la Somalie par la marine. Problème : la Russie avait mis son veto au Conseil de sécurité. À Paris germe alors une idée lumineuse : le président Touadéra n'a qu'à demander des armes aux Russes ! En octobre 2017, il rencontre à Sotchi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui accepte de lever le veto. Décembre 2017, l'embargo sur les armes en RCA est suspendu exceptionnellement. La France ne s'y oppose pas. Mais Lavrov, pressentant l'opportunité qui s'offre à lui, propose un « package » plus large au chef d'État centrafricain. La Russie a tapis rouge pour pénétrer au cœur de l'Afrique.

 

©Par Le Point Afrique/ Patrick Forestier-Publié le 15/12/2018

 


17/12/2018


Pourquoi la présence militaire de la Russie en Centrafrique dérange-t-elle la France?

 

 

La présence de militaires russes sur le sol centrafricain et les livraisons d’armes sont de nouveau dans le viseur des médias français. Dans un article paru au début du mois, Le Monde analyse comment Moscou a «mis le pied dans la porte». Dans une interview à Sputnik, un africaniste donne son analyse des enjeux russes et français dans la région.

 

En dépit du fait que le Président de la Centrafrique Faustin-Archange Touadéra a «confirmé d'une manière officielle l'engagement et les responsabilités des conseillers militaires» russes présents dans le pays, les médias français semblent avoir leur propre vision des processus en cours dans la région.

 

Ainsi, Le Monde a récemment publié un article intitulé «La Centrafrique, un pion sur l'échiquier russe» où est examinée l'«intention» de Moscou de «s'emparer» de la Centrafrique et où sont évoquées les livraisons d'armes et la présence de formateurs russes. En outre, le Monde soulève la question de la participation supposée de l'homme d'affaires russe Evgueni Prigojine à la réunion des chefs des principaux groupes armés qui s'est tenue à Khartoum en août dernier. L'africaniste, directeur de recherche à l'Institut de l'histoire universelle de l'Académie des sciences de Russie, Nikolaï Scherbakov, a expliqué à Sputnik d'où pourrait provenir cet intérêt médiatique.

 

«Récemment, le Président de la Centrafrique et certains personnes qui s'y trouvent, y compris des Européens, ont confirmé d'une manière officielle l'engagement et les responsabilités de nos conseillers militaires [russes, ndlr], qui s'y trouvaient officiellement» et cette réalité prouve que la Centrafrique mise sur des forces russes sur place, selon l'expert.

 

«L'attention [des médias français, ndlr] n'est pas donc liée au fait que la Russie y est présente […] mais au fait que la République centrafricaine, habituée à collaborer avec la France, a procédé à un changement d'orientation», a expliqué Nikolaï Scherbakov.

 

Toujours selon lui, la France, en sa qualité d'ancienne puissance coloniale, «voudrait qu'on la considère […] comme un frère aîné qui aide à contrôler, qui oriente, etc.».

 

Dans ce contexte, toujours d'après l'expert, les «Français ne voudraient pas que quelqu'un d'autre affiche des ambitions concernant les territoires traditionnels qu'ils ont tellement longtemps administrés».

«Et même s'ils ne les administrent plus, ils continuent en tout cas de collaborer avec eux à leur avantage, ils ne le font pas par pure charité», a conclu l'expert.

Selon les informations fournies par le ministère russe des Affaires étrangères, actuellement 175 formateurs russes, 170 civils et 5 militaires, dont l'Onu a autorisé le déploiement, se trouvent en République centrafricaine. La Russie a livré à ce pays des armes après avoir obtenu l'autorisation du Conseil de sécurité de l'Onu, France comprise, en 2017.

 

©Par sputnik, publié le 20/12/2018, mis à jour le 21/12/2018

 


21/12/2018


Elections en RDC: l’incertitude à son comble concernant un report

 

 

En RDC, les élections générales auront-elles bien lieu ce dimanche comme prévu ? A trois jours du vote, la menace d'un nouveau report plane sur l'élection. Un responsable de la Commission électorale a annoncé mercredi que le scrutin pourrait être retardé d'une semaine alors qu'en même temps, les autorités de la province de Kinshasa annonçaient, elles, la suspension de la campagne dans la capitale pour des raisons sécuritaires.

 

Sur cette question du report de l'élection, on en saura vraisemblablement plus cet après-midi. En effet, une conférence de presse de la Céni est prévue pour 15h. En attendant, l’incertitude est à son comble à Kinshasa.

Ces dernières semaines, les autorités congolaises n’ont cessé de répéter que tout serait prêt pour l’élection, le 23 décembre, accusant les observateurs qui exprimaient des doutes sur la capacité de la Commission électorale à rattraper son retard logistique de colporter des rumeurs. Et c’est finalement hier que plusieurs sources, au sein de cette Commission électorale, ont confirmé que l’hypothèse d’un report se précisait, notamment parce que les derniers procès-verbaux vierges, indispensables pour compiler les résultats, n’arriveront dans le pays que samedi prochain, soit la veille du scrutin.

Contacts avec les ambassades occidentales

Prudence tout de même: la Céni n’a fait aucune annonce officielle à ce stade, mais l’on sait que ce mercredi le président de la Commission a pris contact avec plusieurs ambassades occidentales pour tenter d’obtenir un soutien en cas d’annonce de report. Car, dans le contexte congolais, même un report technique de quelques jours n’est pas anodin. Cela fait déjà deux ans que l’élection présidentielle aurait dû se tenir. La méfiance s’est donc installée, d’autant que le calendrier électoral actuel date de novembre 2017. La société civile estime donc que les autorités ont largement eu le temps de se préparer.

Autre incertitude, quelle serait la réaction de la classe politique en cas de report ? L’opposition a toujours dit qu’elle ne l’accepterait pas. Hier encore, dans un communiqué, la coalition Lamuka estimait qu’un report ne serait pas justifiable et que le président de la Commission en serait tenu directement responsable. Corneille Nangaa a donc convoqué les journalistes pour une conférence de presse cet après-midi.

©Par RFI, publié le 20/12/2018

 


20/12/2018


RCA :Le ministre des Affaires étrangères limogé en Centrafrique

 

 

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a limogé son ministre des Affaires étrangères en poste depuis 2016, Charles-Armel Doubane, et l'a remplacé par une femme, Sylvie Baïpo-Temon, analyste financière.

 

C'est un décret présidentiel publié vendredi soir qui a mis fin aux fonctions de M. Doubane, ancien ministre de l'Education de 2006 à 2008, puis représentant de l'ONU en Centrafrique de 2011 à 2013.Le porte parole de la présidence centrafricaine, Ange-Maxime Kazagui, a confirmé samedi à l'AFP le départ du chef de la diplomatie, mettant en avant "la volonté du président de donner un nouveau souffle à la diplomatie" de son pays.Considéré comme un francophile plutôt réticent à l'implantation de plus en plus grande de la Russie en Centrafrique, M. Doubane n'avait pas assisté à Bangui au défilé du 1er décembre célébrant le 60e anniversaire de l'indépendance de son pays, ancienne puissance coloniale française.

Il avait suivi en cela l'appel au boycott de cette cérémonie lancé par le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, "par respect pour les victimes" d'un massacre de civils commis par un groupe armé le 15 novembre à Alindao (centre), qui avait fait près de 100 morts, selon Amnesty International.

Le défilé du 1er décembre avait réuni un millier de manifestants, essentiellement des partisans de M. Touadéra, poings levés et arborant des maillots à l'effigie du président.

"Le président n'a pas aimé que Doubane lui fasse cet affront" et en réalité, "il a signé sa démission ce jour là", a affirmé à l'AFP une source proche du ministère des Affaires étrangères. Le ministre "se sentait censuré dans son travail" depuis, a-t-elle ajouté.

Le lendemain de l'anniversaire de l'indépendance, une trentaine de jeunes s'étaient rendus devant le ministère des Affaires étrangères à Bangui, exigeant la démission du ministre. Des sources proches de l'opposition ont affirmé que ces manifestants avaient été payés par le nouveau parti présidentiel, Mouvement Coeurs Unis (MCU).

©Par VOA, publié le 15/12/2018

 


17/12/2018


Procès Gbagbo: l'examen d'une éventuelle remise en liberté soulève des questions

 

 

Les interrogations se multiplient alors que les juges de la Cour préliminaire examinent l’éventualité d’une remise en liberté provisoire de Laurent Gbagbo. L'ancien président de la Côte d'Ivoire et son co-accusé, Charles Blé Goudé, sont en détention, respectivement depuis 2011 et mars 2014. Leur procès pour crimes contre l'humanité dans le cadre des violences postélectorales de 2010-2011 a débuté le 28 janvier 2016. Et la semaine dernière, les juges ont décidé d'étudier la question d'une remise en liberté provisoire.

 

À l’origine, les juges de la Chambre préliminaire avaient convoqué une audience publique, vendredi à 10h30, pour rendre leur décision. Mais au fil des heures, vendredi, la situation devient floue : l’audience est discrètement annulée.

Pendant que les juges se réunissent à l’abri des regards, les deux prévenus continuent de recevoir des visites de leurs proches, à la prison de Scheveningen.

Puis dans la soirée, le bureau du procureur et les avocats de la défense sont informés qu’une « décision écrite » leur sera communiquée « au plus vite, d’ici la fin de l’année », indique une source proche du dossier.

Faut-il voir, dans cette attente, des dissensions entre les juges sur le principe d’une remise en liberté provisoire ? Comment cette décision peut-elle être rendue, alors qu’une bonne partie du personnel de la CPI est en vacances judiciaires depuis vendredi, et ce, jusqu’au 7 janvier ?

Les observateurs de ce procès s’interrogent autour des raisons de ce délai. Parmi eux, certains émettent l’hypothèse de questions administratives et logistiques, notamment liées aux conditions d’une éventuelle libération provisoire.

« Il faut encore discuter des garanties sécuritaires au sein du pays hôte », souligne l'un d'eux. Autre interrogation, relève une autre source : la prise en charge financière de la sécurité des prévenus, qui à ce jour, sont déclarés « indigents ».

 

©Par RFI, publié le 18/12/2018

 


18/12/2018


Centrafrique :CE QUE M’INSPIRE LE LIVRE DE MAÎTRE MBOLI GOUMBA Crépin par Jean Serge Wafio président du parti PDCA

 

 

                                                       Jean Serge Wafio , président du parti PDCA

 

 

 

 

MAÎTRE MBOLI GOUMBA CREPIN

 AVOCAT DE SON ETAT

 PRESIDENT DE SON PARTI

‘’ LA NATION CENTRAFRICAINE  ET  LES  RECIFS ‘’

  

                                                                                  Edition, L’HARMATTAN, 2018

  

Plusieurs jours après la publication du livre écrit par Maître MBOLI GOUMBA Crépin, Avocat de son Etat et Président de son Parti Politique, le PATRIE, j’ai été contacté par une personnalité expatriée qui souhaiterait avoir ma lecture politique de ce livre. En réponse, je lui avais simplement indiqué que je n’avais pas connaissance du livre dont elle parle ; étonnée certainement, elle m’a posé la question de savoir si je n’avais pas été à la cérémonie de présentation du livre à l’hôtel LEDGER PLAZA? Aussi simplement, je lui avais répondu que je ne pouvais pas assister à une cérémonie à laquelle je n’ai pas été convié. Et cette personnalité a promis me prêter le livre quand elle aura fini de le feuilleter, ce qui fut fait une vingtaine de jours après ce contact téléphonique.

 

A une réunion du Conseil des Leaders Politiques et Sociaux – CLPS, quelques collègues Leaders m’ont aussi interpellé à propos dudit livre et m’ont vivement recommandé de le lire, ‘’parce qu’il contient quelques contre-vérités,  que mon nom y a été cité et que maître MBOLI GOUMBA a accusé tout le monde, sauf lui’’. ….

 

Voilà comment j’ai été informé et motivé à lire ledit livre. Je remercie humblement la personnalité expatriée et les collègues Leaders qui m’ont encouragé à lire ce livre, lequel a été correctement écrit, il faudrait le reconnaître. Je ne suis pas chantre en français, mais j’ai trouvé correct le style. Aussi, je salue les efforts réalisés pour écrire ces 298 pages, parce qu’elles sont synonymes de nombreuses heures ou nuits blanches pour les écrire, les faire corriger et les saisir ou les faire saisir.

 

En terminant les quelques lignes de la page 298 du livre, j’avoue que je suis resté un moment perplexe, voire cancre, parce que je ne comprenais pas ; j’ai eu beaucoup d’appréhensions par la suite, et je me suis posé les quelques questions ci-après, certes anodines, mais qui méritent bien d’être posées:

  • Quelles compréhensions politiques avoir ou quelles leçons tirer de ce livre ?
  • Le Sieur MBOLI GOUMBA, voudrait-t-il se démarquer de ses parrains de l’époque ou des seleka ?
  • Pourrait-on se faire à la fois pyromane et sapeur-pompier ?
  • Pourrait-on se faire faiseur de leçons, après avoir participé à la néantisation du pays ?
  • Maître MBOLI GOUMBA voudrait-il faire l’histoire politique centrafricaine à la MBOLI GOUMBA ?
  • Maître MBOLI GOUMBA, voudrait-il se dédouaner des exactions des seleka ?
  • Maître MBOLI GOUMBA, voudrait-il régler ses comptes avec certains compatriotes?
  • Par ce livre, Maître MBOLI GOUMBA voudrait-il lancer son marketing politique ?
  • Par ce livre, Maître MBOLI GOUMBA politiquement ne s’est-il pas tiré des balles dans les pattes ?
  • Par ce livre, Maître MBOLI GOUMBA ne retourne-t-il pas le couteau dans les plaies de l’opposition démocratique et de seleka?
  • Est-ce que Maître MBOLI GOUMBA ne crache pas dans la soupe seleka après l’avoir bue ?
  • Est-ce que maître MBOLI GOUMBA a un cas de conscience ?
  • Qu’est ce qui fait courir politiquement Maître MBOLI GOUMBA ?
  • En d’autres termes, quel est le problème de Maître MBOLI GOUMBA Crépin ?

 

Oui, toutes ces quelques questions et d’éventuelles autres méritent bien d’être posées par toute personne qui aurait lu ce livre. Les inspirations, avis ou observations politiques que j’émets, résultent des questions posées et de la compréhension politique du contenu du livre. Ils ne seront pas acceptés comme tels, mais, ont le méritent d’être évoqués pour leur pertinence. Que les âmes sensibles comprennent que les analyses politiques se doivent d’être réalistes et objectives, lorsqu’on opte pour une Politique comme missions d’objectifs .

 

1-Dès réception du livre qui m’a été promis, et le tenant encore entre mes mains, mon attention a été attirée par la couleur bleu foncé ou bleu marine,

l’une des couleurs les plus usitées en Politique de la première page, la combinaison fantaisiste des couleurs du drapeau centrafricain et l’insertion en fond de toile de l’armoirie centrafricaine. C’est pour dire que maître MBOLI GOUMBA Crépin s’est conféré l’étoffe d’un Chef d’Etat  , alors que la loi interdit à toute personne, non habilitée, même un ancien Membre du  Gouvernement, d’utiliser à des fins personnelles ou privées les symboles et marques déposés de l’Etat. Le Secrétariat Général du Gouvernement et le Protocole d’Etat se doivent de rappeler à l’ordre, les compatriotes qui se permettent ce genre de fantaisie.

 

2- Quelques clarifications s’imposent :

 

- 9 janvier 2013 (page 11), insolite rencontre entre le Président BOZIZE et le Chef de la coalition seleka, NDJOTODIA Michel, à l’issu de laquelle ce dernier s’est rendu directement au domicile du nouveau Premier Ministre TIANGAYE pour lui rendre compte, lequel était en train de  parlementer pour la formation de son premier gouvernement, avec maître MBOLI GOUMBA à ses côtés. Or la nomination du Premier Ministre TIANGAYE n’était intervenue qu’après le sommet de Libreville (Gabon) tenu le 11 janvier 2013. Je ne comprends pas et m’interroge ; il y a quelque précision de date qu’il faudrait apporter. S’agit-il de 09/02/2013 ou bien du 09/01/2013 ?

-21 décembre 2013, le Général BOZIZE est déjà ancien Chef d’Etat, après avoir abandonné puissance, pouvoirs et armes pour se retirer au Cameroun le dimanche 24 mars 2013 . Comment pourrait-il participer à la réunion préparatoire de Ndjaména (Tchad)  du 21 décembre 2013 (page 45) ? S’agit-il ici de 21 décembre 2012 ou réellement du 21 décembre 2013?

-A propos de réunions préliminaires à l’invasion du pays et la prise du pouvoir de l’Etat à Bangui, il y a lieu de relever  que maître MBOLI GOUMBA observe un mutisme sur la réunion du 12 novembre 2012, tenue à N’Djamena, regroupant les ténors de l’opposition démocratique et de la seleka.

-Page 51 : le griot dont parle maître MBOLI GOUMBA s’appelle ZAMA PAPA Jaffons et non ZAWA Ambroise qui est ancien Ministre de l’Education Nationale et actuellement Député à l’Assemblée Nationale.

-Bouca est une Sous-Préfecture de la Préfecture de l’Ouham et non celle de la Préfecture de l’Ouham-Pendé (page 158).

-Les anti balaka authentiques, venus des Sous-Préfectures de Bossangoa, Bouca, Batangafo et Nana Bakassa n’étaient ni organisés ni soutenus par l’ancien Président BOZIZE. Ils s’étaient spontanément constitués et étaient animés par la ferme volonté de chasser du pouvoir le Président auto proclamé NDJOTODIA, suite aux innommables exactions commises par les seleka dans ces Sous-Préfectures, en septembre et octobre 2013. Leur action ayant été politicienne ment récupérée, ils s’étaient aussitôt retirés de Bangui après l’échec de la tentative du 05 décembre 2013. Ceux qui ont écumé l’agglomération de Bangui et certaines villes de province, étaient les accompagnateurs, qui  s’étaient joints à eux sur le parcours ou qui s’étaient improvisés anti-balaka et qui ont ainsi profité de cette opportunité pour s’enrichir irrégulièrement et facilement.

-Au moment où le Général BOZIZE faisait sa rébellion et prenait ensuite le pouvoir à Bangui le 15 mars 2003 , le sous-officier NGAÏKOSSET Eugène terminait sa formation d’officier à l’académie militaire de Dakar au Sénégal, à l’issue de laquelle il était rentré au pays au mois d’août 2003. C’est pour dire que NGAÏKOSSET Eugène, rentré à Bangui plusieurs mois après ce sursaut patriotique, ne pouvait participer à la rébellion et au coup d’Etat de BOZIZE.  Pour l’information de maître MBOLI GOUMBA, le capitaine NGAÏKOSSET Eugène est mon cousin.

-Le commandant GOUDEMO Olivier, alias GBANGOUMA, à l’époque n’était qu’un gendarme de rang et non officier. Il a gagné ses galons, c’est vrai, sous le règne de BOZIZE. Tout comme NGAÏKOSSET Eugène, il  n’avait pas participé ni à la rébellion de BOZIZE, ni aidé celui-ci à prendre le pouvoir.

 

3-La Politique, jusqu’à preuve du contraire, reste et demeure une science. En tant que science, elle s’apprend comme on apprend la profession d’Avocat. On ne s’improvise pas Homme Politique, mais on est Homme Politique Et il y a Homme Politique et homme politique.

 

La Politique, en tant que science, a sa noblesse et repose sur des principes et valeurs forts qui font cette noblesse : décence, élégance, respect, sérieux, responsabilité, courtoisie, humilité, sincérité, vérité, honnêteté, vertu, probité, considération de l’intérêt général ou social….., en sont quelques-uns. Et la Politique aujourd’hui se veut comme une mission d’objectifs et non une fonction. Et force nous est donnée de constater que chez nous, nous faisons de ‘’ l’Existentialisme Politique’’, c’est-à-dire nous faisons de la Politique une fonction ou une fin en soi.

Venir à la Politique, sous-entend être porteur d’espoirs et de visions sociales, sociétales qui se veulent prospectives et alternatives ; pour simplement expliquer, venir en Politique, c’est être ou savoir se faire en quelque sorte un bon berger ou un bon père de famille pour amener les brebis vers le vert pâturage ou satisfaire les besoins fondamentaux des membres de sa famille. C’est pour dire que la Politique se veut un creuset d’alternatives, de contre-alternatives et de perspectives d’avenir.   

 

A travers les 298 pages écrites par Maître MBOLI GOUMBA, j’ai pu constater difficilement une quelconque marque de considération, de respect ou autre, pour les personnalités ou les personnes qu’il cite ou interpelle avec une certaine vulgarité…..

            ‘’Ainsi parlait François Bozizé ce 9 janvier 2013.

             Michel Djotodia ne sait quoi répondre’’ (page 11),

Un singulier style d’in considération ou d’irrespect  qui tranche avec la bienséance ou la décence politique, pour parler d’un Chef d’Etat encore en fonction et d’un chef rebelle. Aucune affirmation au conditionnel, même pour des faits à lui rapportés, comme si maître MBOLI GOUMBA était présent à toutes les scènes ou est détenteur de la vérité pure, alors qu’en politique, toute vérité n’est que relative, parce qu’elle n’est pas une parole d’Evangile.

 

4-Compilation d’intrigues politiciennes du palais.

 

Le livre écrit par Maître MBOLI GOUMBA est la compilation ou la narration des intrigues politiciennes du palais, pour mieux dire, le récit des ‘’boules puantes au sommet du pouvoir seleka’’, qui infantilisent et déshonorent. Je m’attendais à la présentation d’idoines visions ou perspectives politiques pour une sortie définitive du cercle infernal des crises militaro-politiques qui ont induit la néantisation de notre pays, par quelqu’un qui a très étroitement  côtoyé pendant treize (13) mois les deux principaux acteurs politiques de l’Exécutif seleka et qui a dû prendre conscience des graves manquements et inconséquences politiques d’un pouvoir politique sorti de nulle part, j’ai eu droit à des querelles de positionnements politiques, de partages de portefeuilles ministériels juteux, sur fonds de diatribes, de trahison politique, de querelles de personnes, d’amateurisme, d’improvisation et d’illettrisme politique, ces actes qui ne nous ont pas grandi durant les 58 ans d’indépendance octroyée, par l’ancienne puissance colonisatrice, la France. C’est ici et maintenant qu’il faut relever avec force que nous, soit disant Leaders Politiques, après ces 58 ans de gâchis politiques, devons cesser avec cet ‘’l’Existentialisme Politique’’ (une politique fonction) et envisager une réelle Politique qui se veut comme une missions d’objectifs. Ce n’est pas parce qu’on a de l’argent et qu’on crée un Parti Politique, qu’on se dit Homme Politique. Cela s’appelle aventurisme politique.

 

On ne peut pas prétendre faire de la ‘’real politik’’ , si on passe le temps à se quereller pour les postes juteux ou à faire des coups tordus, (cf pages 20-21) pour la formation du premier Gouvernement du Premier Ministre TIANGAYE sous le Président BOZIZE et pages 91 et suivantes, pour la formation du deuxième gouvernement du Premier Ministre TIANGAYE, sous le Président auto proclamé NDJOTODIA. Les quelques Leaders Politiques visionnaires et conséquents se doivent d’être reconnaissants envers Maître MBOLI GOUMBA, pour nous     avoir suffisamment fait comprendre à travers son livre que les Membres, tant de l’Opposition Démocratique que de la coalition seleka, n’avaient pas de visions alternatives. Leur préoccupation se limitait à la prise du pouvoir de l’Etat. C’est ce qui fut fait, et après c’était le chaos.  

 

5-      Démagogie, naïveté politicienne primaire ou manque de sérieux ?

Dans quel pays du monde le salaire mensuel ou annuel d’un Ministre pourrait couvrir la totalité des bourses des Etudiants d’une Université donnée, même une micro Université comme celle de Bangui ? Il y a un manque de sérieux quelque part. Qui comprendrait qu’un Ministre de son Etat puisse offrir son salaire (mensuel ou annuel ?) aux Etudiants  (pp.123-124). Un tel acte, s’il se réalisait ne pouvait que susciter incompréhensions, doutes, interrogations, suspicions et autres…..

-          Est-ce que le salaire d’un Ministre à Bangui, quel qu’il soit, pourrait couvrir la totalité des bourses mensuelles ou trimestrielles des Etudiants de l’Université de Bangui ou de tous les Etudiants nationaux ?

-          Offrant son salaire ministériel aux Etudiants de l’Université de Bangui ou aux Etudiants nationaux, le Ministre d’Etat MBOLI GOUMBA devrait-il vivre avec quels moyens ?

Démagogie ou naïveté politicienne primaire ? Un manque de sérieux ? Une affirmation d’une suffisance matérielle ? Il faudrait politiquement comprendre une telle intention.

 

6-      L’Incontournable du pouvoir seleka :

Tant auprès du Premier Ministre TIANGAYE qu’il a trahi par la suite, tant auprès du Président auto proclamé NDJOTODIA, le sieur MBOLI GOUMBA s’est fait l’incontournable, le maître à penser ou l’homme fort du régime seleka. Auprès des deux principaux acteurs politiques de l’Exécutif que sont, le Premier Ministre et le Président auto proclamé, le sieur MBOLI GOUMBA a toujours eu la latitude de choisir ses portes-feuilles ministériels, après avoir manqué le coche pour le ministère des mines .

Ministre à charge des travaux publics et équipements, de l’urbanisme et du cadastre et porte-parole du Gouvernement, un tel cumul constitue un moyen manifeste de grandir politiquement et très rapidement. Et surtout, malgré ces lourds portes-feuilles ministériels, le sieur MBOLI GOUMBA s’est convaincu qu’il est le seul capable de faire sortir notre pays des abysses dans lesquelles nous l’avons plongé par nos propres turpitudes: ‘’ que face à l’absence de l’Etat et aux carences de ressources humaines,  je me retrouverai à faire le travail de plusieurs personnes, essayant de faire en sorte que l’Etat reste debout…..’’ (p. 189). N’est-ce pas une négation des autres de la coalition seleka et de l’Opposition Démocratique, alors que la néantisation du pays oblige à la concertation, à l’inclusive, à l’implication et à la totale mobilisation ? Un seul centrafricain, quelles que soient ses pointues compétences ou son génie politique national, ne peut prétendre être le seul capable de sortir notre pays de l’ornière dans laquelle nous l’avons plongé par nos inconséquences politiciennes….. Sieur MBOLI GOUMBA voudrait-il se faire le porteur de l’atlas centrafricain ‘’ en essayant de faire en sorte que l’Etat reste debout’’ ?

 

7-      L’Homme de toutes les situations……, et faiseur de Bienheureux…..

Il est normal, humain ou social, quand on cumule de stratégiques et juteux portes-feuilles ministériels, ou quand on est bien écouté ou homme de confiance successivement du Premier Ministre et du Président de la République, qu’on soit sollicité ou qu’on plaide ou défende certaines causes ou situations, c’est-à-dire ‘’donner certains coups de pousses’’. Ce faisant, on ne s’érige pas en un déterminant pour la réussite socio-professionnelle de ceux ou de celles dont on soutient ou plaide pour les dossiers ou candidatures. Et aussi, ce serait faussement logique de s’attendre à une éternelle reconnaissance de ceux et/ou de celles qu’on a appuyés ou soutenus volontairement, parce qu’il n’y a que les hommes pour aider les hommes et que les relations humaines fondent aussi la cohésion sociale.

‘’Elle me devait en grande partie sa nomination comme Présidente de la Délégation Spéciale de la ville de Bangui…’’  Le dire ainsi est très choquant, très frustrant et très humiliant, vu que dame SAMBA PANZA a été choisie  comme Présidente de la Transition Politique (2014-2016). Et encore la frustration et l’humiliation ont été poussées à telle enseigne quand le sieur MBOLI GOUMBA écrit : ‘’ Je me trouvais dans le bureau du président le jour où Kamoun a apporté le projet de décret portant nomination de Catherine  Samba-Panza. Il n’avait pas une grande influence sur le président, et se faisait souvent rabrouer . Deux noms avaient été cités ce jour, deux noms aussitôt rejetés par le président. Quand Kamoun a cité le nom de Samba-Panza, j’ai réagi positivement en disant au président que cette dame était admirable.  Le président a dit qu’il avait travaillé avec son mari et en avait gardé de bons souvenirs. J’ai récupéré le projet entre les mains de Kamoun et l’ai remis au président pour signature. Voilà comment madame Samba-Panza est devenue présidente de la délégation spéciale de la ville de Bangui’’.  Ce passage suscite interrogations :

-Est-ce que Dame SAMBA PANZA a sollicité l’appui du sieur MBOLI GOUMBA ?

-Est-ce que dame SAMBA PANZA est nommée grâce à l’appréciation du sieur MBOLI GOUMBA, l’omniprésent auprès du Président auto proclamé NDJOTODIA, ou parce que le Président auto proclamé NDJOTODIA a une reconnaissance ou dette morale envers le Ministre SAMBA PANZA, époux de dame SAMBA PANZA?  

-S’agit-il de la récupération politicienne d’une situation ?

-Comment comprendre et expliquer l’omniprésence du sieur MBOLI GOUMBA au bureau du Président auto proclamé NDJOTODIA. N’avait-il pas de dossiers à traiter à son cabinet en tant que hyper Ministre ?

 

8-L’opportunisme politicien ou trahison politique ?

A travers le livre de sieur MBOLI GOUMBA, chacun a dû se rendre à l’évidence qu’en l’espace de quelques treize (13) mois,  Maître MBOLI GOUMBA, Avocat de son Etat, filleul du Premier Ministre TIANGAYE Nicolas, est devenu l’enfant chéri du Président auto proclamé NDJOTODIA. Passer d’un camp à l’autre aussi rapidement et facilement s’explique-t-il par l’opportunisme politicien ou par la trahison politique ? Chacun choisira le mot qui lui sied.

 

L’appétit vient en mangeant. Quand on est numéro trois de l’Exécutif, on a toujours tendance ou la volonté de devenir le numéro deux de cet Exécutif. Et quand on est le numéro deux, on a aussi tendance à devenir le numéro un, ce qui est humain. Pour devenir ce numéro deux de l’Exécutif, il faut avoir la confiance du Président de la République qui est le numéro un et qui a compétence et pouvoir de nommer le numéro deux, lequel est le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, d’où nécessité de trahir.

 

Oooohhhh…….., Trahison politique, quand tu tiens l’homme politique…..

 

9-Les non-dits

A travers les 298 pages de son écrit, le sieur MBOLI GOUMBA a tenu les propos qu’il a voulu tenir, a dépeint comme il a voulu dépeindre certains, a accusé comme il a voulu accuser d’autres, mais n’a pas dit ce qu’il devrait dire politiquement…..  Ce n’est que normal, quand on veut se blanchir ou paraître meilleur que les autres ; ainsi, à travers ses 298 pages, sieur MBOLI GOUMBA a insulté et accusé qui il veut, sans se reprocher quoi que ce soit, alors qu’il devrait faire son mea culpa et demander pardon au Peuple Centrafricain, vu qu’il a contribué à l’extrême paupérisation de ce peuple en participant à la gestion du pouvoir seleka au très haut niveau.

-La bataille politique pour le ministère des mines…., dans le Gouvernement TIANGAYE 1 (Page 15), quels étaient les en-dessous ?

-          Le sieur MBOLI GOUMBA accuse tous ses amis de l’Opposition Démocratique ou du pouvoir seleka de lui en vouloir, mais il n’a pas dit pourquoi ils lui en veulent. C’est vrai, que le bossu ne voit pas sa bosse, mais il incombe maintenant au Premier Ministre TIANGAYE, aux anciens amis politiques du sieur MBOLI GOUMBA de l’opposition démocratique, notamment le Président-Premier Ministre ZIGUELE qui s’était écrié au téléphone ‘’…..c’est crépin Mboli Goumba qui est derrière tout çà…..’’,  de nous donner leurs versions  politiques…..

-Le sieur MBOLI GOUMBA s’est valorisé d’être le Président du Présidium de la Concertation Elargie qui a regroupé une trentaine de Partis Politiques, sans toutefois dire pourquoi et à quelle fin cette concertation élargie s’est ponctuellement constituée…..

- A propos de l’entente entre les seleka et l’Opposition Démocratique, chacun devrait rester sur sa faim, pour ce qui concerne l’objet de cette entente, les actions préconisées, les stratégies de mise en œuvre de ces actions, les moyens, appuis et autres…..…..

- Le sieur MBOLI GOUMBA a évoqué la non vocation des rebelles à diriger le pays (p.49) et pourtant Mr NDJOTODIA s’est auto proclamé Président, comment leur entente a été conclue et mise en oeuvre ? N’est-ce pas une manière sibylline d’affirmer que la seleka a été le bras armé de l’Opposition Démocratique ?

-          Le sieur MBOLI GOUMBA a indiqué en page 73 de son livre ‘’que l’écrasante majorité des éléments seleka était de confession musulmane’’, mais n’a donné aucune indication sur l’importance des mercenaires étrangers importés. Etant l’homme de confiance successivement du Premier Ministre TIANGAYE et du Président auto proclamé NDJOTODIA, il devrait disposer d’informations minimales à propos. Et il devrait en disposer. Il faudrait que sieur MBOLI GOUMBA nous rassure et qu’il aide les Autorités Politiques en leur communiquant les informations qu’il dispose pour faciliter le recensement des mercenaires étrangers importés, dans le cadre de la mise en œuvre du DDRR.

-En deux (2) jours, le Ministre d’Etat MBOLI GOUMBA et le Ministre DJONO ont réussi l’exploit de réunir cinquante-cinq  (55) millions de fcfa, sans le concours d’une banque, pour corrompre les Conseillers Nationaux  de Transition (CNT) en faveur du candidat KOLINGBA BILAL Désiré, lequel a promis la primature au Ministre NDJONO. Mais le sieur MBOLI GOUMBA n’a pas indiqué quel portefeuille ministériel lui avait été promis. Il ne s’est pas décarcassé pour ne rien recevoir, en tout cas ? Aussi, chacun doit comprendre que l’éphémère régime seleka a bien fait des riches, sur le dos du Peuple Centrafricain.

- Des probables commanditaires de la coalition seleka, le sieur MBOLI GOUMBA n’a évoqué que le nom de Mr GRYNBERG, à cause de l’accusation portée par le Président BOZIZE (page 9). Et les noms des autres commanditaires et complices ?..... Silence radio

 

10-  Le Bon et les méchants

Nulle part, à travers les 20 chapitres du livre du sieur MBOLI GOUMBA, je n’ai réalisé qu’il s’est remis en cause ou qu’il a fait son mea culpa, pour avoir étroitement contribué, au plus haut sommet du pouvoir seleka, à néantiser notre pays. En effet, notre Centrafrique, qui a ployé durant quarante-neuf (49) ans, soit 17 885 jours, sous de différents régimes dictatoriaux et exclusifs, s’est totalement écroulé pendant les dix (10) mois, soit 303 jours, du pouvoir seleka, avec le sieur MBOLI GOUMBA comme principal accompagnateur, sur fond d’une certaine ambition. Le sieur MBOLI GOUMBA a démontré magistralement qu’il a été au centre de tout, que tout lui a été rapporté, qu’il est la solution des situations difficiles, qu’il est le défaiseur des nœuds politiquement complexes, mais tout le monde est contre lui et tout le monde complote contre lui ou le critique dans des réunions secrètes…..

 

Oooohhhh…….., imagination très foisonnante….., Humilité, où es-tu ?

 

11-  Mais qu’est ce qui fait courir politiquement le sieur MBOLI GOUMBA ?

Après ces quelques observations auxquelles nous nous limitons parce que assez édifiantes, nous devons logiquement nous poser cette question qui pourrait être une question de synthèse, vu ce que nous avons constaté à travers les 298 pages écrites. En quelques treize (13) mois, le sieur MBOLI GOUMBA a brûlé toutes les grandes étapes politiques. Chargé de Missions anonyme ou de fait, fervent artisan auprès du Premier Ministre désigné TIANGAYE, Ministre et Porte-Parole du Gouvernement, dans le premier gouvernement TIANGAYE sous le Président BOZIZE, ensuite Ministre d’Etat cumulant deux (2) grands ministères et Porte-Parole du Gouvernement, donc troisième (3ème) personnage de l’Exécutif, dans le deuxième (2ème) gouvernement TIANGAYE, sous le Président auto proclamé NDJOTODIA et assistant quotidien successif des deux, le sieur MBOLI GOUMBA s’est très rapidement hissé au sommet de l’Etat, exploit politique qu’il faudrait saluer. Mais, une si rapide ascension politique est souvent synonyme  d’une brutale chute, pour ne pas dire une très rapide descente aux enfers. Dieu merci, si le tsunami anti balaka n’était pas passé par là, peut-être que le sieur MBOLI GOUMBA allait probablement se substituer au Président auto proclamé NDJOTODIA, en s’autant proclamant lui-même.

 

Dommage….., une si rapide ascension politique, très vite compromise. Connaître une si rapide ascension et se retrouver en-dessous du creux de la vague, treize (13) mois après, ne pouvait que rester sur le cœur….., hélas…. En âme et conscience, nous pouvons affirmer, pour ne pas dire conclure, que le vrai problème du sieur MBOLI GOUMBA Crépin se situe à  ce niveau.

 

A qui la faute, si le crapaud veut se faire plus gros que le bœuf ?  Que toutes celles et tous ceux formés à la DAVESNE, la vieille école coloniale, puissent se rappeler de ce fable

 

Le bon samaritain qui attend le retour de l’ascenseur : tout comme la Présidente de la Transition Politique, Dame SAMBA PANZA, le Président Démocratiquement élu, Sieur TOUADERA en a fait les frais. Après avoir soutenu au deuxième tour des élections présidentielles, le candidat TOUADERA qui ne l’a pas nommé, une fois élu, c’est le dénigrement, après deux (2)  ans d’attente 

 

Dénigrement 1 : ‘’ Personne n’attendait Touadera à ce niveau. Il n’avait pas pratiquement battu campagne. Son budget, dit-on, était de 40 000 000 fcfa. C’était une somme dérisoire, ridicule .’’

Et pourtant sieur MBOLI GOUMBA a bien soutenu le candidat TOUDERA au deuxième tour, par l’entremise du Ministre POLOKO Alfred.

 

Dénigrement 2 :  ‘’ Je reste persuadé que lorsque les historiens se pencheront sur l’histoire de notre pays des cinquante dernières années, ils retiendront que Faustin Archange Touadera, plus qu’un autre, aura été le plus grand fossoyeur de la morale politique, celui qui aura livré sans vergogne l’Etat à la mafia, accéléré le détricotage de l’esprit national, rabaissé les institutions et consacré le tribalisme…..

…..Une franche collaboration repose sur l’honnêteté et la sincérité. Or, force est de constater qu’il s’agit d’un personnage duplicite, incapable de tenir le plus petit de ses engagements. Il était donc temps de sortir de cette alliance’’ (page 275).  

 

C’est vrai, le bossu ne voit pas sa bosse. …., hélas, qui fait la leçon de morale à qui ?

 

L’obsession de devenir très rapidement un Grand Homme d’Etat ( ?????)

Tous ceux qui ont lu ou qui auront à lire le livre de sieur MBOLI GOUMBA relèveraient qu’il y a une obsession qui habite notre compatriote, celle d’être rapidement un Grand Homme d’Etat, à la SARKOZI ou à la MACRON ( ?). Toute ambition est légitime et logique, parce qu’elle fonde la détermination et la persévérance. Mais quand elle est démesurée et réalisée au mépris des règles de l’art, elle est illégitime et illogique. Par ces quelques faits ci-après évoqués, chacun comprendra ou déduira ce qu’il faudrait déduire:

 

Fait 1 : Dans l’avion, du retour de Libreville, sieur GUENEBEME a soufflé à l’oreille de sieur MBOLI GOUMBA qu’il allait proposer au Président BOZIZE de le nommer Premier Ministre. Si on est naïf politiquement, on ne peut qu’y croire.

 

Fait 2 : A côté du Premier Ministre TIANGAYE, sieur MBOLI GOUMBA a dû prendre rapidement goût et a eu certainement envie de devenir Premier Ministre, et ce n’est que normal, parce que  l’appétit vient en mangeant. Et pour y parvenir, il faudrait trahir politiquement son mentor politique pour ensuite s’afficher et être à tout moment à côté du Président auto proclamé NDJOTODIA, pour gagner sa confiance et succéder probablement au Premier Ministre TIANGAYE, le moment opportun.

 

Fait 3 : la petite phrase prononcée par dame SAMBA PANZA, qui recevait les congratulations après son intronisation comme Présidente de la Transition, ‘’ nous allons nous revoir’’, aurait été perçue comme une volonté de consultation politique pour la Primature, et d’emblée sieur MBOLI GOUMBA s’est

vu Premier Ministrable, à côté des deux autres prétendants, Mrs NZAPAYEKE André et GONDA Cyriaque. En politique, la promesse n’engage que ceux qui y croient.

 

Fait 4 : L’alliance avec le candidat TOUADERA a été considérée par sieur MBOLI GOUMBA comme une opportunité de revenir dans l’arène politique. En tant que Président de la Concertation Elargie, même s’il n’obtient pas la primature, au moins il pourrait redevenir Ministre. Mais après deux ans d’attente, c’est la déception, l’amertume, d’où les ….. diatribes. Que chacun comprenne l’amertume, quand on voit passer le train qui ne s’arrête pas à la gare, alors qu’on l’attendait avec très grande impatience.

 

12-  Le mensonge est très difficilement toléré en Politique, parce que faute grave.

Le mensonge en Politique, même si dans certaines circonstances exceptionnelles, pourrait constituer un argumentaire, est généralement considéré comme une faute grave et ne grandit pas.

 

Si,

 

 Monsieur LAKOUE DERANT Hénoch,          

                                                                        Ancien Président de la BDEAC,

                                                                        Ancien Premier Ministre de son Etat,

                                                                        Ancien Conseiller National de Transition

                                                                        Président de son Parti, le Parti Social Démocrate - PSD

Et,

Monsieur WAFIO Jean Serge,

                                                                        Ancien Parlementaire,

                                                                        Ancien Ministre,

                                                                        Ancien Commissaire à la Commission de la CEMAC,

                                                                        Président de son Parti, le Parti Démocratique Centrafricain – PDCA,

ont tenu une réunion secrète pour simplement ourdir un complot contre sieur MBOLI GOUMBA Crépin, il faudrait l’admettre, que les Présidents LAKOUE et WAFIO se sont trop rabaissés et ont versé dans un illettrisme politique inconcevable.

 

Eeeehhhh……………., mensonge politique, quand tu me prends.

 

‘’ Il s’agissait désormais de la possibilité de participer à la gestion du pouvoir. Certains leaders politiques, toujours les mêmes depuis au moins trente ans, se convainquirent que pour avoir plus de chance de participer au gouvernement, il fallait prendre le contrôle de la  concertation. Il fallait trouver l’angle de tir. Enoch Dérant Lakoué soutenu par Jean Serge Wafio ouvrirent le bal. Ils convièrent certains leaders de la concertation à une réunion secrète pour leur dire que je ne gérais pas bien le bureau de la concertation en tant que Président du Présidium et qu’il fallait changer le bureau. Aussitôt après cette réunion, certains me téléphonèrent pour me rendre compte de la situation’’ (page 260).

 

J’ose croire que tout éventuel lecteur comprendra et réalisera que sieur MBOLI GOUMBA est assez sibyllin et récupérateur politicien, à travers ce qui suit.

 

A la fin de la troisième (3ème) journée du Forum National de Bangui, j’avais produit un communiqué de presse de deux (2) pages, sous l’intitulé, ‘’Forum National de Bangui, un désordre organisé’’ . Et à la sortie dudit forum, j’avais fait un commentaire politique de dix (10) pages sous l’intitulé ‘’Forum National de Bangui , un vrai désordre politique et après’’, qualifiant ce forum de mascarade politique à cause des grossiers mensonges politiques de la Présidente SAMBA PANZA et ai lancé un message aux Leaders Politiques Centrafricains démocrates et conséquents, pour occuper le devant de la scène politique et de s’assumer, car avec le FNB les Autorités Politiques de Transitions ont fait preuve de manipulations politiciennes pour obtenir deux (2) choses :

-          La prolongation de la transition politique, synonyme de la prolongation de la récréation,

-          L’amnistie pour effacer le tableau, c’est-à-dire consacrer l’impunité.

 

Avec l’officialisation du troisième (3ème) chronogramme irréaliste par l’Autorité Nationale des Elections – ANE et les premières ratées des opérations de recensement à Bangui, il n’y avait plus de doute que les élections n’auront pas lieu en juillet et août 2015. Ayant fait le constat des risques d’impasse politique, au nom du PDCA, j’avais soumis à la très haute attention de Son Excellence Monsieur SASSOU NGUESSO Dénis, Président de la République du Congo, Médiateur International dans la crise centrafricaine, la proposition d’une troisième transition politique : ‘’L’Alternative Troisième Transition, pour sauver Centrafrique de la désintégration’’.  Pour susciter l’adhésion des Partis Politiques et conférer à cette proposition un caractère politique et populaire, je me suis rapproché du Président BEDOUNGA du MDREC qui animait un groupe de vingt et cinq (25) Partis Politiques pour la mise en place d’une plate-forme, dénommée Coordination Générale des Partis et Associations Politiques - CGPAP. Pour des raisons qui lui sont personnelles, le Président BEDOUNGA a refusé de prendre la présidence de cette plate-forme, et madame SANZE Gina, secrétaire générale du PATRIE s’en est accaparé.

 

A l’issue d’une réunion du Cadre de Concertation, à l’hôtel LEDGER PLAZA, à laquelle je n’avais pas pris part, les Présidents des Partis  Politiques devant se retrouver en concertation, le sieur MBOLI GOUMBA a proposé la disponibilité de son siège, sis au quartier Bataillon, en face du stade Barthélémy BOGANDA, à SICA 1, ce qui est logique. Informé, j’ai participé aux réunions qui s’y sont tenues pour soutenir ma proposition, ‘’L’Alternative Troisième Transition’’ qui est devenue une réelle préoccupation des Leaders. La quasi-totalité des Présidents des Partis Politiques et Personnalités Civiles y prenaient part à l’exception de ceux empêchés qui se faisaient représenter. Et le groupe a pris la dénomination de la Concertation Elargie, avec une présidence rotative, la première étant assurée, je crois, par le Premier Ministre TIANGAYE, Président du CRPS, avec les Ministres LOUDEGUE Marcel et ZINGASS Simplice Aurélien à ses côtés.

 

Absent à quelques (deux ou trois) réunions, j’ai constaté que le sieur MBOLI GOUMBA Crépin présidait les réunions avec à ses côtés, Madame SANZE  Gina et Mr KAZAGUI Maxime, actuel Ministre de Communication et Porte-Parole du Gouvernement, dans le Gouvernement SARANDJI 2. Et le sieur MBOLI GOUMBA commençait à délocaliser les réunions, auxquelles il ne faisait participer que certains Présidents, ‘’pour éviter que les Présidents des petits Partis Politiques ne puissent extrapoler ou trahir les esprits des débats ou les grandes décisions prises’’. Outre cette manière inédite, je relevais réellement  quelques dysfonctionnements aux plans organisationnel, gestion des débats, d’attitude et langages politiques et administratifs ; fort de ces évidences et réalisant d’insolites récupérations politiciennes de l’initiative, je ne devrai que réagir ce qui fut fait à la réunion tenue le 05 novembre 2015, au bureau du Président LAKOUE DERANT, sis dans une aile de l’ex clinique CHOUAIB. Sans détour, j’ai demandé des informations et des explications pour savoir quand sieur MBOLI GOUMBA est devenu Président du Présidium, avec à ses côtés sa secrétaire générale, dame SANZE Gina. En lieu et place d’informations et explications, j’ai eu droit à de délires diaboliques et invectives de sieur MBOLI GOUMBA et dame SANZE. Et il avait fallu les rappels à l’ordre des Présidents LAKOUE DERANT et POUZERE, pour indiquer à ces deux, qu’il s’agissait d’une question qui nécessitait des réponses ou explications. Et depuis cette réunion du 05 novembre 2015, je n’ai plus participé aux réunions de la Concertation Elargie. J’étais le énième Président de Parti Politique à me retirer, après des personnalités telles, BEDOUNGA, DOTHE, DOLOGUELE, ZINGASS, GOMINA PAMPALI, WILIBIRO SACKO, LOUDEGUE, KOLINGBA, DOUBANE, BOUKANGA, BELIBANGA, NGAÏSSONA, MBOKANI, NGUENDET, NDITIFEÏ ….. Et je peux relever et affirmer ici avec force, que beaucoup de collègues Présidents de Partis Politiques et de Personnalités Civiles se sont fait discrets, quand sieur MBOLI GOUMBA a astucieusement réussi à s’accaparer la présidence du présidium.

 

Et depuis cette date du 05 novembre 2015, je n’ai plus pris part aux réunions de la Concertation Elargie. Alors, je ne sais par quels stratagèmes je pourrais aider le Président LAKOUE DERANT, qui a quitté la coalition après moi, à déclencher les hostilités dont parle sieur MBOLI GOUMBA? Et si le Président LAKOUE DERANT, connu pour son calme et sérieux politique a quitté la Concertation Elargie après moi, ceci ne fait que confirmer les dysfonctionnements causés par sieur MBOLI GOUMBA. Avec le départ du Président LAKOUE DERANT, la concertation Elargie devrait être une coquille vide. Il y a lieu de comprendre l’alliance avec le candidat TOUADERA au deuxième (2ème) des élections présidentielles. Au lieu de chercher à accuser les autres, sieur MBOLI GOUMBA Crépin devrait faire son introspection.

 

A propos de réunion secrète et quelle réunion secrète, il y a eu …..???  A l’instar des autres Présidents Fondateur ou Présidents des Partis Politiques, il n’est que normal de recevoir, rencontrer, discuter ou échanger avec tout le monde ou tenir des réunions à domicile. Mais tenir une réunion secrète pour critiquer sieur MBOLI GOUMBA, je ne trouve pas ce qui est plus aberrant que cela, car un tel acte, non seulement, dépasse tout entendement politique, mais relève d’une bassesse politique inconcevable. Sieur MBOLI GOUMBA n’est pas notre tasse de thé quotidienne. Nous avons eu à travailler politiquement un petit moment pour question d’intérêt national. Et chacun réalisant que ce travail est en train d’être récupéré politicienne ment, a fait son chemin, sans demander le reste. Si amertume, il y a, ce n’est que logique, car quand on fait de la récupération politicienne, il faudrait s’attendre à des déconvenues.

 

Quant aux insultes, j’en fais grâce. Toutefois, je voudrais relever à l’attention de sieur MBOLI GOUMBA et de celle des jeunes loups politiques qui sont tentés par des aventures politiciennes ceci.. Dans toutes les civilisations ou éducations africaines, en général, et centrafricaines, en particulier, il a été enseigné le respect des ‘’anciens ou vieux’’, parce que témoins de l’histoire et gardiens des valeurs traditionnelles positives, c’est-à-dire ces ‘’anciens ou vieux’’ sont des bibliothèques vivantes de la communauté.

 

 ‘’ On s’assoit toujours sur une vielle natte pour tisser une nouvelle’’. La vieille classe politique, que sieur MBOLI GOUMA insulte, dédaigne ou méprise, est pleine d’expériences positives ou négatives qui ne pourraient qu’inspirer les jeunes loups politiques. La rancœur et la haine ne sont pas de bons conseillers politiques. Le chemin politique est très sinueux et semé de beaucoup d’embûches ou d’obstacles à chaque tournant. Et les ‘’anciens ou vieux’’ sont bien outillés ou expérimentés pour indiquer aux jeunes loups politiques ces embûches ou obstacles.

 

La Politique se veut aujourd’hui comme une mission d’objectifs. A ce titre, elle se conçoit en termes d’alternatives crédibles, parce que la finalité première de toute action politique demeure l’amélioration des conditions de vie en société, même si chez nous en Centrafrique, le libéralisme sauvage et les égoïsmes de groupe ou individuels ont encore droit de cité. Nous avons été tous témoins en 2011, 2012 et 2013, que la vindicte populaire qui a fait basculer les PAPANDREOU (Grèce), BERLUSCONI (Italie), SARKOZI (France), ZAPATERO (Espagne), BEN ALI (Tunisie) et NDJOTODIA (Centrafrique), préoccupés par la défense des intérêts des grands groupes au mépris de leurs peuples respectifs, a été et demeure la manifestation brutale ou sauvage de l’exaspération des peuples brimés, spoliés et paupérisés à l’extrême. Le printemps arabe au Maghreb et les anti-balaka en Centrafrique sont des exemples édifiants.

 

L’aventurisme politicien n’a plus droit de cité en Centrafrique. Et le Peuple Centrafricain, certes encore analphabète à plus de 70 %, a plus que compris que l’homme politique aventurier, et a réalisé qu’il a été trop dupé, trompé, désabusé par les gouvernants dictatoriaux successifs. Et surtout, ce peuple a aussi bien compris que notre pays qui a ployé pendant quarante et neuf ans (49) sous les différents régimes politiques exclusifs, s’est littéralement écroulé durant les dix (10) mois du pouvoir seleka.. Ayant connu les affres du cercle infernal des crises militaro-politiques, survenues pratiquement tous les cinq (5) ans, ce peuple n’aspire plus qu’à la sécurité et à la paix pour s’auto-organiser. Donc, la Politique aujourd’hui dans notre pays s’entend maintenant et désormais en termes de perspectives devant créer une société plus entreprenante, plus engagée, plus responsable et vivant dans un cadre de vie décent, et non plus en terme d’existentialisme politique.

 

J’ose croire que chacun comprendra que l’aventurisme politique, sur fond de récupération politicienne, n’a plus droit de cité ; pour preuve, les récents soubresauts à l’Assemblée Nationale ont fait notre honte et ont créé une très grande amertume ou déconcertassions, vu la gestion scabreuse étalée, sans vergogne, sur la place publique.

 

A chacun de comprendre et de tirer les leçons qui s’imposent.

 

Merci

 

©Par WAFIO Jean Serge-Président Fondateur du PDCA

                              

 

 

 


10/12/2018


CPI :Arrestation en France de Patrice-Edouard Ngaïssona, ex-chef anti-balaka en RCA

 

 

A Paris, l’ancien chef rebelle centrafricain Patrice-Edouard Ngaïssona a été arrêté ce mercredi 12 décembre 2018 par les autorités françaises. Ancien leader du groupe armé anti-balaka, il a été arrêté en France conformément à un mandat d’arrêt délivré par la CPI à La Haye.

 

Le mandat d’arrêt a été délivré le 7 décembre pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qui auraient été commis dans l’ouest de la RCA, précise un communiqué de la Cour pénale internationale.

Les faits dateraient de septembre 2013 au moins à décembre 2014. A l’époque Patrice-Edouard Ngaïssona était l’un des plus hauts dirigeants du mouvement anti-balaka, le coordinateur général national.

Durant la période considérée, la Cour estime qu’au moins une attaque généralisée et systématique a été perpétrée par les anti-balaka contre la population civile musulmane et quiconque semblait soutenir le groupe armé de l'ex-Seleka.

Aujourd’hui président de la Fédération centrafricaine de football et ancien ministre des Sports sous François Bozizé, Patrice-Edouard Ngaïssona est donc poursuivi par la CPI pour crimes contre l’humanité (meurtre, extermination, déportation, etc.) et crimes de guerre (meurtre, torture, traitement cruel, mutilation, etc.)… Son arrestation intervient peu de temps après celle d’Alfred Yekatom Rhombot lui aussi anti-balaka, avec des responsabilités plus locales à Bangui.

 

©Par RFI-Publié le 12-12-2018

 


12/12/2018



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