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Afrique


Présidentielle au Gabon: Ping défie Bongo avec deux renforts de poids

Africa7info-Par  Par Samir TOUNSI-Mis à jour le 17/08/2016

 

Jean Ping, candidat à l'élection présidentielle au Gabon, le 8 octobre 2015
Jean Ping, candidat à l'élection présidentielle au Gabon, le 8 octobre 2015
 

La campagne présidentielle a pris un tour nouveau mardi au Gabon avec l'annonce du retrait de deux des principaux candidats d'opposition en faveur d'un troisième poids lourd, Jean Ping, pour défier le président sortant Ali Bongo au scrutin à tour unique du 27 août.

M. Ping, 73 ans, ex-président de la commission de l'Union africaine, a obtenu le soutien de l'ex-président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, et celui de l'ex-Premier ministre Casimir Oyé Mba, mardi vers 03H00 (02H00 GMT) après une dernière séance de négociations.

"La sagesse des uns et des autres a finalement abouti à ma désignation pour représenter l'ensemble de l'opposition", s'est félicité M. Ping, 73 ans, lors d'un meeting dans le centre de Libreville mardi après-midi en compagnie de ses deux nouveaux alliés.

"L'intérêt supérieur du pays vous a conduit à me désigner comme votre étendard", a salué M. Ping, affirmant devant des milliers de personnes qu'il voulait "mettre fin au règne de l'imposteur, du dictateur".

Cette accord de l'opposition a suscité une très vive réaction du porte-parole du gouvernement gabonais, Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui a dénoncé dans deux tweets un "marchandage d'épiciers" et une "alliance contre-nature" qui "présente un risque réel pour le #Gabon".

- 'Un nouveau Gabon sans Ali Bongo'-

"Aujourd'hui le Gabon vit un événement inédit", s'est au contraire réjoui devant la presse le président de l'Union nationale (UN, le parti de M. Oyé Mba), Zacharie Myboto. "C'est un nouveau Gabon qui se construit, sans Ali Bongo Ondimba".

La Commission électorale (Cénap) a validé au total 14 dossiers pour le scrutin à un tour du 27 août, mais les autres candidats sont loin d'avoir le poids politique du président sortant ou de ses trois principaux opposants.

M. Ping comme MM. Nzouba Ndama et Oyé Mba sont d'anciens cadres du régime d'Omar Bongo - père et prédécesseur d'Ali Bongo - qui fut président pendant 41 ans jusqu'à sa mort en 2009.

Né d'un père chinois installé au Gabon dans les années 1920, Jean Ping a été plusieurs fois ministre d'Omar Bongo, avant d'être porté à la tête de l'Union africaine en 2008. Il a également été le compagnon de Pascaline, la soeur aînée d'Ali Bongo.

Depuis le lancement de sa campagne officielle samedi à Lambaréné (centre) en pays myènè, l'ethnie de sa mère, l'ancien délégué du Gabon auprès de l'Unesco promet à ses compatriotes un pays "à l'abri du besoin et de la peur".

M. Nzouba Ndama, 70 ans, a pour sa part présidé l'Assemblée nationale pendant 19 ans jusqu'à sa démission en mars, et dispose de ce fait de solides réseaux au sein de toute la classe politique gabonaise.

- Ping, ancien ministre d'Omar Bongo -

Enfin, M. Oyé Mba, 74 ans, a été Premier ministre d'Omar Bongo dans les années 1990, puis gouverneur de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC).

Il représente l'ethnie fang, la plus importante parmi les quelque 1,8 million d'habitants du Gabon, dont 628.000 électeurs invités à retirer leur carte.

Avant de s'unir, ces opposants ont demandé en vain l'invalidation de la candidature d'Ali Bongo, 57 ans, estimant que l'actuel chef de l'Etat est un enfant du Nigeria adopté par son père, et qu'il ne peut être président en vertu de la Constitution gabonaise.

"Je suis né à Brazzaville, le 9 février 1959 et ils le savent. Mon père s’appelait Omar Bongo Ondimba, ils le savent mais ils font semblant!", avait proclamé le chef de l'Etat lors de son meeting de lancement de campagne officiel samedi devant des dizaines de milliers de personnes dans un stade près de Libreville.

Sans le nommer, M. Bongo avait eu la dent particulièrement dure contre Jean Ping: "Parmi ces gens-là qui ont échoué dans le passé, il y en a un qui, comme vous le savez, a été à la tête de quatre ministères sous Omar Bongo, et il a toujours échoué".

Le président avait accusé "ces gens là" d'avoir "tué à petit feu" son père Omar Bongo "en sabotant son action".

Les candidats d'opposition "ont peur d'aller aux élections" car "ils n'ont aucune chance de gagner", avait déclaré le chef de l'Etat dans un entretien à l'AFP vendredi.

 
© 2016 AFP

17/08/2016
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RDC: Washington redoute des violences si Kabila s'accroche au pouvoir

 Africa7info-Par Nicolas REVISE-Mis à jour le 17/08/2016

 

Des militants de l'opposition manifestent à Kinshasa, le 31 juillet 2016
Des militants de l'opposition manifestent à Kinshasa, le 31 juillet 2016
 

Les Etats-Unis redoutent des violences en République démocratique du Congo si le président Joseph Kabila s'accroche au pouvoir après la fin de son mandat en décembre, Kinshasa menaçant du risque de "chaos" en cas d'ingérence étrangère dans la crise.

Cela fait des mois que Washington surveille comme le lait sur le feu la RDC, où le climat politique se tend à l'approche du 20 décembre, date du terme du second mandat du président Kabila, auquel la Constitution interdit de se représenter.

Le fils de Laurent-Désiré Kabila, qui a succédé à son père assassiné en 2001 avant d'être élu en 2006 et en 2011, est soupçonné par son opposition et des pays occidentaux de manoeuvrer pour rester chef de l'Etat, quitte à chercher à repousser la présidentielle.

En mai, la Cour constitutionnelle a autorisé Joseph Kabila à demeurer à son poste si l'élection n'était pas organisée dans les temps. Un scénario qui semble de plus en plus probable. La Constitution dispose que "le scrutin est convoqué 90 jours avant l'expiration du mandat du président", soit le 19 septembre.

Si bien que "le Congo est à un mois d'une crise constitutionnelle complète", s'est ainsi alarmé Anthony Gambino, ancien directeur à Kinshasa de l'USAID, l'agence humanitaire du département d'Etat.

"Plus on se rapproche de ces dates butoirs, moins les bons scénarios sont plausibles et plus les mauvais sont probables", a renchéri Thomas Perriello, émissaire du département d'Etat pour l'Afrique des Grands lacs.

MM. Perriello et Gambino participaient cette semaine à une conférence de l'institut Brookings sur la RDC, au côté de son ambassadeur à Washington, François Nkuna Balumuene.

"Si nous ne trouvons pas de solution négociée, ces scénarios extrêmement préoccupants pourraient se traduire par de la violence", a prévenu M. Perriello.

- Alternance démocratique en Afrique -

Le responsable américain a rappelé que le président Barack Obama militait pour l'alternance démocratique en Afrique.

"Les progrès démocratiques en Afrique sont en danger quand des dirigeants refusent de quitter le pouvoir à la fin de leur mandat", avait lancé M. Obama devant l'Union africaine en juillet 2015. A l'adresse de ses homologues africains, il avait souligné que la Constitution des Etats-Unis lui interdisait de briguer un troisième mandat.

Washington a ainsi exhorté, sans succès, les présidents burundais Pierre Nkurunziza et rwandais Paul Kagame à ne pas changer la Loi fondamentale pour rester au pouvoir.

La diplomatie américaine veut donc que la règle s'applique aussi à Joseph Kabila. En 15 ans, le président de la RDC a eu "le mérite" de construire une "démocratie constitutionnelle", il a "maintenant l'occasion de tourner la page", a fait valoir M. Perriello.

Accusés d'ingérence dans les tragédies des Grands lacs depuis la décolonisation, les Etats-Unis n'ont aucun "intérêt" dans la région, ni d'"animosité personnelle" contre tel ou tel dirigeant africain, a assuré le diplomate américain.

L'ancien Congo belge indépendant en 1960, devenu Zaïre au début des années 1970, puis République démocratique du Congo dans les années 1990, a été meurtri par de terribles guerres, notamment dans l'Est frontalier avec le Rwanda. Beni et ses environs sont le théâtre depuis octobre 2014 de massacres commis essentiellement à l'arme blanche et ayant fait plus de 650 morts.

- 'Implosion de la RDC' -

Devant l'institut Brookings, l'ambassadeur Balumuene a ainsi invoqué les difficultés sécuritaires et économiques sous la présidence Kabila, en particulier la lutte contre une rébellion tutsi soutenue par le Rwanda, le M23, vaincue fin 2013.

Dans ce contexte, le diplomate congolais a plaidé pour une "prolongation" du mandat de Joseph Kabila. M. Balumuene a réclamé du "temps, après le 20 décembre, presque un an, pour préparer les élections" et a promis que le président sortant ne serait pas candidat à un nouveau mandat.

Mais le représentant de Kinshasa a aussi mis en garde contre un scénario catastrophe.

Il a accusé "l'opposition et certains partenaires étrangers" de chercher à "utiliser la rue, une révolution de masse pour chasser le président Kaliba" et, alors, "personne ne sera en mesure d'assurer l'après-chaos".

"L'implosion de la RDC doit être évitée à tout prix (...) Il n'y a aucun intérêt à créer une deuxième Libye en Afrique centrale", a averti l'ambassadeur, qui parlait en français.

M. Gambino lui a rétorqué que "la Constitution du Congo devait être respectée", que "la présidentielle devait avoir lieu, si ce n'est en 2016, le plus tôt possible en 2017".

 
© 2016 AFP

 


17/08/2016
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Cameroun: le choc après la mort d’une femme enceinte devant un hôpital

Africa7-mis à jour le 18/03/2016

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La justice enquête au Cameroun, suite à la mort d'une jeune femme en couches. Devant l'hôpital Laquintinie de Douala, une de ses proches l'a éventrée, par la suite, dans l'espoir de sauver les jumeaux qu'elle portait. Mais les deux enfants n’ont pas non plus survécu.

C’est un fait divers qui, après avoir fait couler beaucoup de sang, fera couler beaucoup d’encre. Car deux « affaires » pourraient finir devant les tribunaux camerounais après qu’une femme enceinte s’est fait éventrer, samedi dernier, devant l’hôpital Laquintinie, à Douala. Le « drame de Douala » a suscité colère et indignation au Cameroun où l’on cherche à comprendre comment Monique Koumateke, 31 ans, a pu faire l’objet, après sa mort en couches, d’une césarienne improvisée sur le parvis du centre hospitalier. Dans l’espoir de sauver les jumeaux qu’attendait son amie, l’une de ses proches l’a éventrée devant les badauds. Cette dernière, interpellée avant d’être libérée après trois jours de garde à vue, a été mise en accusation pour « profanation de cadavre ».

La famille de Monique Koumateke poursuit, par ailleurs, la direction de l’hôpital pour homicide involontaire, « omission de porter secours » et « refus de service dû ». « La famille est sous le choc », dit maître Guy-Olivier Moteng, le porte-parole du collectif des avocats qui se sont portés volontaires, tant au Cameroun qu’à l’étranger, pour représenter les Koumateke. « Elle a perdu, non seulement un grand enfant, la dame qui devait accoucher, mais également l’espérance d’avoir deux autres enfants. » Ce drame a suscité une grande émotion dans le pays et provoqué une manifestation devant l’hôpital. « Il y a un choc, une violence, selon Me Moteng, personne n’est indifférent, même pas nous. »

Une autopsie tentera de préciser l’heure du décès de Monique Koumateke. Reste à trouver un médecin légiste, ce qui pose problème, car le seul médecin légiste de Douala est justement celui de Laquintinie. « Il ne faut pas que le médecin légiste soit juge et partie », souligne maître Dominique Fousse, membre du Conseil de l’Ordre, qui a utilisé sa page Facebook pour constituer le collectif d’avocats des Koumateke.

Dans un point de presse, le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, a pris fait et cause pour le personnel de l’hôpital, rejetant les accusations de « négligence médicale » et décrivant la césarienne improvisée comme « un acte horrible ».

L’affaire prend une tournure politique

Les appels à la démission du ministre de la Santé se sont multipliés, y compris dans les rangs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (au pouvoir). Un député du Mbam-et-Inoubou, Peter William Mandio, a vertement dénoncé des « négligences médicales révoltantes ». Dans un communiqué, un parti d’opposition, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, a -quant à lui- critiqué le gouvernement pour avoir transformé les hôpitaux camerounais en « mouroirs ».

S’exprimant à titre personnel, maître Alice Nkom, qui n’a pas rejoint le collectif des avocats représentant les Koumateke, s’est émue, dans une interview à RFI, de la situation : « Est-ce que ça peut arriver dans un pays normal ? »

 

©RFI


18/03/2016
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Double attaque terroriste au Niger à quelques jours de la présidentielle

Africa7-mis à jour le 18/03/2016

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Au Niger, trois gendarmes ont été tués, ce jeudi 17 mars, au cours d'une attaque attribuée à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dans le sud-ouest du pays à proximité de la frontière avec le Burkina Faso, tandis qu'un militaire a péri dans un attentat suicide attribué à Boko Haram, à Bosso, dans la région de Diffa, dans le sud-est du pays, a annoncé le ministre nigérien de l'Intérieur Hassoumi Massaoudou à l'Agence France-Presse. Ces deux attaques interviennent à trois jours du second tour dimanche 20 mars de l'élection présidentielle au Niger, qui devrait permettre au chef de l'Etat sortant Mahamadou Issoufou de se maintenir au pouvoir.

Les cinq kamikazes, deux jeunes hommes et trois adolescentes, sont entrés à Bosso à partir du Nigeria, indiquent les autorités locales. Tous ont été abattus, mais trois militaires nigériens ont reçu des éclats de bombe. L’un d’eux, le commandant de la place de Bosso, a succombé à ses blessures. Le gouvernorat de Diffa indique que la bombe de l’un des kamikazes a explosé alors qu’un militaire remuait son corps pour vérifier qu’il était bien hors d’état de nuire. Les combattants de Boko Haram mènent fréquemment des incursions à partir du Nigeria le long de la bande frontalière à proximité du lac Tchad.

Lors d’une autre attaque, cette fois au sud-ouest du pays, à Dolbel, dans la préfecture de Téra, des assaillants ont tué trois gendarmes dans un poste avancé tout près de la frontière avec le Burkina Faso. Selon les autorités locales, ils ont mené leur assaut en moto et à bord d’un 4x4 peu avant minuit mercredi 16 mars. Ils ont pris la fuite avec les armes des gendarmes et sont repartis avec leurs blessés. Le ministre de l’Intérieur Hassoumi Massaoudou a indiqué qu’il s’agissait sûrement d’une attaque d’Aqmi, sans plus de précision. Des brigades Al-Mourabitoune de Moktar Belmokthar, qui a réintégré Aqmi, sévissent dans cette bande frontalière à cheval sur le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

 

©RFI


18/03/2016
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Sissi, Habré, Savimbi, Fabius et nous

 

 

 

Hissène Habré est jugé pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et torture © Captures d'écran/RTS

 

 

J' étais au Caire cette semaine pour un entretien avec le maréchal-président Abdel Fattah al-Sissi. Difficile de voir dans cette mégapole grise et constamment au bord de l'infarctus circulatoire une ville « africaine » où, comme à Casablanca par exemple, souffle par instants une brise venue d'au-delà du désert.

Ici bat le cœur du monde arabe. Par calcul stratégique autant que par conviction, Sissi a pourtant décidé depuis deux ans de renouer avec ce continent auquel son pays appartient. Près d’un demi-siècle après sa disparition, l’esprit de Nasser, de la conférence de Bandung et du sommet des pères fondateurs de l’OUA est donc convoqué pour permettre à l’Égypte d’exister à nouveau en Afrique. Le volontarisme est là, mais, comme en convient le très affable Hazem Fahmy, patron de l’agence égyptienne de coopération, il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

Les Égyptiens ne connaissent plus l’Afrique subsaharienne, leurs ambassades sont plongées dans un sommeil comateux, et les sociétés qui y investissent se comptent sur les doigts d’une seule main. Face aux Turcs, aux Israéliens et bientôt aux Iraniens, ils n’ont qu’un seul avantage comparatif : être eux-mêmes africains. Encore faut-il qu’ils le sachent…

Hissène Habré en procès. J.A. consacre à cet épisode inaugural, donc historique, de l’« Afrique juge les Africains », son événement hebdomadaire. En regardant les rares images du dictateur enfoui sous son chèche me reviennent en mémoire les entretiens que j’ai eus avec lui lorsqu’il régnait en maître absolu à N’Djamena. Voix murmurée, geste précis de félin, citations de Fanon, Clausewitz, de Gaulle et cigarettes à la chaîne dans un petit bureau sombre de la présidence. Le Tchad, à l’époque, était en pleine guerre contre la Libye de Kadhafi et cela nous obsédait, nous, les journalistes, au point de ne pas voir l’essentiel : la tragédie qui se déroulait sous nos pieds dans les locaux de la DDS, les tortures, les disparitions. Myopie coupable !

J’aurais dû le savoir : les malades du pouvoir d’un seul sont d’autant plus dangereux qu’ils sont intelligents

« Vous êtes très autoritaire », avais-je fait remarquer à Habré. Réponse : « Ce genre d’étiquette n’a aucun intérêt. On me dit dictateur, sanguinaire, agent de l’impérialisme. Moi, je suis pour l’ordre et la sécurité. Il faut lutter chaque jour pour que l’anarchie ne s’installe pas. » J’aurais dû le savoir : les malades du pouvoir d’un seul sont d’autant plus dangereux qu’ils sont intelligents – ce qu’est Hissène Habré, indubitablement.

En suivant sur jeune afrique.com les péripéties du conflit picrocholin opposant les héritiers de Jonas Savimbi à l’éditeur du célébrissime jeu vidéo Call of Duty, une autre réminiscence apparaît tout à coup. 1984 : cinq semaines à crapahuter dans les maquis angolais de l’Unita et à dormir dans la benne d’un camion russe, sous la menace des MIG cubains, entre Jamba, Cangamba et Cuito Cuanavale. Savimbi en meeting, arpentant le sol comme un fauve, tous muscles ramassés, ponctuant son discours de rugissements face à une foule de paysans hurlant « Guia ! Guia ! » (« Guide, Guide »).

Laurent Fabius n’aura pas été un grand ministre des Affaires étrangères de la France

L’ancien élève de Sciences-Po Lausanne et de l’Académie militaire de Nankin contrôlait alors 400 000 km² de terre angolaise. Le futur grand photographe Pascal Maitre, mon complice d’alors, et moi-même pensions que, comme pour Habré, seule une balle ajustée ou égarée mettrait un terme à sa course folle. La balle a atteint Savimbi en plein front, il y a tout juste quatorze ans. Habré, lui, est jugé à la face du monde. Ce qui est une autre sorte de mort.

Laurent Fabius quitte le Quai d’Orsay. Contrairement aux éloges qu’on lui tresse ici et là, il n’aura pas été un grand ministre des Affaires étrangères de la France. Sauf à considérer qu’un responsable de la diplomatie qui affiche un profond désintérêt pour l’Afrique puisse être un grand ministre. Dans l’unique interview digne de ce nom que cet énarque cassant et distant a daigné accorder à J.A., on sentait bien à la façon dont il lisait ses fiches que l’exercice imposé lui pesait. Sans doute l’Afrique, Maghreb compris, n’était-elle pas à sa hauteur.

C’est donc sans combattre qu’il a rendu les armes face à son collègue Le Drian, ministre breton de la Défense, lequel a fini par prendre toute sa place sur un continent pour lequel il a, lui, une vive appétence. À la décharge de Fabius : François Hollande ne lui a pas facilité la tâche. Le président ne l’a jamais aimé, et c’est pour le neutraliser en le flattant qu’il l’a installé sur le fauteuil de Vergennes. Son successeur, Jean-Marc Ayrault, a jumelé sa bonne ville de Nantes avec une demi-douzaine de cités africaines. On l’a même vu, il y a cinq ans, se faire initier au Bénin à la magie vaudou. Quand les houngans s’en mêlent, tout espoir n’est pas perdu…

 

©J.A


05/03/2016
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Procès Habré: le procureur requiert la perpétuité

Africa7-Mis à jour le 11/02/2016

L’ex-chef de l’Etat du Tchad est jugé devant les chambres africaines extraordinaires africaines à Dakar pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de tortures. Toute la journée, le procureur a déroulé ces arguments pour demander, en fin de journée, cette lourde condamnation. L'accusation, elle, annonce qu'elle plaidera non-coupable.

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Peut-être dans un dernier espoir de faire réagir l’accusé, le procureur récite un verset du Coran. Hissène Habré ne bouge pas. Mbacké Fall demande à la cour une condamnation à perpétuité. « M. le président, je requiers qu'il vous plaise de prononcer la condamnation de Hissène Habré à l'emprisonnement à perpétuité. »

Le procureur a demandé la peine maximale car, dans ses statuts, la chambre africaine peut condamner à 30 ans de prison ferme. Mais la perpétuité reste possible si les faits sont jugés très graves.

A l’annonce de ce réquisitoire, Souleymane Guengueng, le président fondateur de l’association des victimes, se dit satisfait. « Je suis parfaitement satisfait puisqu'on ne pouvait pas aller au-delà de ça. D'ailleurs, Habré méritait plus que ça, mais nous, les gens des droits de l'homme, on n'est pas dans [pour] la peine capitale. »

Les avocats commis d’office d’Hissène Habré s’attendaient à cette demande du procureur. Ce jeudi, à la barre, ils plaideront la non culpabilité d’Hissène Habré. « Il s'est avéré que la majeure partie était très peu fiable est très peu crédible. La responsabilité pénale, individuelle et personnelle du président Habré ne peut pas être recherchée sur la base des éléments qui ont été produits par l'accusation. Nous allons plaider non-coupable », a déclaré Maître Mounir Balal.

Alors qu’une de ses proches s’évanouissait à la sortie de l’audience, Hissène Habré est parti en faisant son traditionnel V de la victoire.

 

©RFI


11/02/2016
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Tchad : une vingtaine de personnes arrêtées lors d’une manifestation

Africa7— Mis à jour le 07 /02/2016

Une vingtaine de militants ont été arrêtés samedi lors d'une manifestation rassemblant une centaine de personnes à N'Djamena en faveur de la "jeunesse", a constaté un journaliste de l'AFP.

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Les manifestants, dont la plupart sont membres du Collectif des Associations et Mouvements de jeunes du Tchad (CAMOJET), ont entamé une marche pour dire « non à la répression de toutes formes de violences dont (la jeunesse) est victime depuis 25 ans », lorsqu’ils ont été interpelés à quelques centaines de mètres du siège du collectif.

La marche a aussitôt été dispersée et 23 personnes ont été emmenées au commissariat central de N’Djamena où ils ont été placés en cellule, selon une source sécuritaire s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Le parcours que devaient emprunter les manifestants a été quadrillé par les forces de l’ordre.

Cette marche intervient après la dispersion violente par la police anti-émeute d’un sit-in jeudi dans la capitale tchadienne d’une centaine de jeunes diplômés devant le ministère de l’Education nationale « venus exiger leur intégration dans la Fonction publique », selon son secrétaire général, Remy Gamo.

« Les portes de la Fonction publique ne peuvent pas rester fermées pour les jeunes diplômés », a protesté M. Gamo. La loi de finances pour 2016 suspend en effet toute intégration à la fonction publique pour les trois ans à venir.

Selon le militant, « huit étudiants ont été légèrement blessés » jeudi, une affirmation démentie par le porte-parole de la police Paul Manga, joint par l’AFP, qui a affirmé qu’il n’y a eu aucun blessé.

Le Tchad, dirigé depuis 25 ans par le président Idriss Deby Itno, est classé parmi les 10 plus pauvres pays au monde malgré sa rente pétrolière, selon l’indice de développement humain (IDH) des Nations unies.

Après la découverte de gisements de pétrole en 2003, les revenus pétroliers lui ont permis de moderniser son armée, de se doter d’un meilleur réseau routier et de construire de nombreux bâtiments publics. Mais l’amélioration des conditions de vie de la population n’a pas suivi.

Régulièrement, les fonctionnaires, notamment les enseignants, font grève pour percevoir leurs arriérés de salaire. Le pays enregistre actuellement une baisse de ses recettes du fait de la chute des cours du brut et il est en outre engagé dans un effort de guerre important dans sa lutte contre les islamistes nigérians de Boko Haram.

 

©J.A & AFP


07/02/2016
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Burkina Faso : l'Australienne de 82 ans Jocelyn Elliott a été liberée

Africa7-Mis à jour le 07/02/2016

Âgée de 82 ans, l'Australienne Jocelyn Elliott a été libérée samedi. Elle avait été enlevée avec son mari médecin le 16 janvier à Djibo, au Burkina Faso, par des jihadistes liés à Al-Qaïda. Son mari Arthur Kenneth Elliott est toujours otage.

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L'Australienne Jocelyn Elliott, enlevée avec son mari à la mi-janvier à Djibo, au Burkina Faso, a été libérée samedi 7 février. Le rapt avait été revendiqué par Ansar Dine, un groupe jihadiste, allié d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Jocelyn Elliott "a été libérée aujourd'hui [samedi], elle est arrivée sans problème au Niger. Elle a été reçue par le président nigérien Mahamoudou Issoufou", a déclaré le chef de la diplomatie burkinabè Alpha Barry à Ouagadougou, précisant qu’"aucune rançon n'a été payée ni de conditions posées" par les ravisseurs.

Son mari Arthur Kenneth Elliott, un médecin de 84 ans, est en revanche toujours détenu par les jihadistes. "Pour l'instant on sait que son époux est en vie et se porte bien", a précisé Alpha Barry, ajoutant que d'autres négociations seraient menées en vue de sa libération. "Nous ferons tout pour le libérer", a-t-il promis.

Sydney remercie le Niger et le Burkina Faso

À Sydney, le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a confirmé sur ABC cette libération et indiqué que la ministre des Affaires étrangères Julie Bishop avait parlé à Jocelyn Elliott "il y a peu de temps". Il a remercié "le gouvernement du Niger et le gouvernement du Burkina Faso".

Originaire de Perth, Arthur Kenneth Elliott et son épouse Jocelyn vivaient au Burkina depuis 1972 et étaient engagés dans des opérations humanitaires en faveur des populations de la province du Soum et celles des pays voisins du Mali et du Niger.

Le couple a été enlevé à Djibo, à la frontière avec le Mali et le Niger, dans la nuit du 15 au 16 janvier lors d'une action apparemment coordonnée. Cette nuit-là, des attaques terroristes contre le café-restaurant Cappuccino, les hôtels Splendid et Yibi et un bar à Ouagadougou avaient fait 30 morts et 71 blessés.

 

©France24 & AFP


07/02/2016
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Cote d'Ivoire: CPI - Le camp Gbagbo contre-attaque et charge les soutiens de Ouattara

Africa7-Mis à jour le 01.02.2016

 

Au troisième jour du procès inédit de Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale de La Haye, c'est au tour des défenseurs de l'ex-président ivoirien, jugé pour crimes contre l'humanité avec son ancien ministre Charles Blé Boudé, de faire entendre leur position.

Ce lundi 1er février dans la matinée, l'avocat de l'ancien chef d'Etat a ouvertement mis en cause les autres parties engagées dans la crise post-électorale de 2010-2011 : l'actuel président Alassane Ouattara, mais aussi la France.

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Ce lundi 1er février à La Haye, c'est au tour de la défense de dévoiler les grandes lignes de ce que sera sa stratégie durant le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, jugés pour crimes contre l'humanité. Laurent Gbagbo, 70 ans, est le premier ex-président poursuivi par la CPI depuis sa création.

Et ce lundi matin, l'avocat de l'ancien président ivoirien a clairement affiché sa position, qui consistera durant ce procès à « combler les silences du procureur, donner à voir un autre scénario ». Pour Emmanuel Altit, « la préméditation est avérée, Alassane Ouattara et ses soutiens voulaient se saisir du pouvoir par la force et la bataille d'Abidjan est la mise en application de cette stratégie. »

Et le conseil de M. Gbagbo d'attaquer : « En les faisant disparaitre du récit, veut-on faire oublier que l'armée de combattants pro-Ouattara venue du Nord à la fin du mois de mars 2011 avait laissé derrière elle un sillage de sang, commettant des massacres innombrables ? »

« Peut-être veut-on faire oublier qu'à leur arrivée à Abidjan, continue Me Altit, ces soldats s'étaient livrés à toutes sortes de crimes sur la population, dont des viols massifs. Veut-on faire oublier les crimes, les pillages et les viols dont s'étaient aussi rendus coupables à Abidjan dès décembre 2010 soldats et mercenaires pro-Ouattara ? »

La France mise elle aussi en cause pour le camp Gbagbo

La défense a donc pris le parfait contrepied de la thèse de l'accusation pour développer une tout autre vision de la crise post-électorale ivoirienne. Non seulement Me Emmanuel Altit, principal avocat de Laurent Gbagbo, nie que son client ait établi dès les années 2000 un plan meurtrier pour rester au pouvoir, mais il renvoie l'accusation sur son rival Allassane Ouattara, accusé d'avoir préparé sa prise de pouvoir par la force.

Ce, avec l'aide de mercenaires recrutés dès début 2010 au Burkina Faso. « Si ce sont les forces de sécurité qui étaient attaquées, tout le récit du procureur s'écroule et les preuves en ce sens sont innombrables. Si ce sont des groupes d'assaillants, organisés militairement et lourdement armés, qui lançaient des attaques et qu'une stratégie visant la prise du pouvoir par la force est discernable, alors le récit du procureur s'écroule », énumère l'avocat de l'ancien chef d'Etat.

Et de conclure en renvoyant également à M. Ouattara l'argument de la préméditation brandie par la procureure contre Laurent Gbagbo : « Si ces groupes de soldats et mercenaires ont été, dès avant les élections, infiltrés à Abidjan pour certains, transférés à l'hôtel du Golfe pour d'autres, organisés dans le nord du pays en vue de l'assaut final pour les derniers, alors la préméditation est avérée. »

Emmanuel Altit reproche à la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, d'avoir ignoré les exactions commises selon lui par les forces pro-Ouattara et le rôle joué de la France dans cette crise. Paris est accusée d'avoir fourni des armes aux forces pro-Ouattara malgré un embargo décrété par l'ONU, et d'avoir appuyé en sous-main l'offensive qui a mené à la chute de Laurent Gbagbo en avril 2011.

« La France ne voulait pas d'une paix négociée », a conclu l'avocat, dressant par ailleurs de son client Laurent Gbagbo, le portrait d'un homme « de paix », qui s'est toujours battu pour l'unité pour la démocratie et contre la Françafrique. Un engagement qu'il aurait finalement payé de sa chute, selon son conseil.

 

©RFI

 


01/02/2016
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Le Tchadien Idriss Déby nouveau président en exercice de l'Union Africaine

Africa7-Mis à jour le 31.01.2016

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Le président tchadien Idriss Itno Déby a été désigné samedi nouveau président en exercice de l'Union africaine, à Addis Abeba (Ethiopie), au terme du 26ème sommet ordinaire de l'UA.

M. Déby, qui occupera la présidence tournante de l'UA pendant un an, succède au zimbabwéen Robert Mugabe.

"La montée du terrorisme dans le monde et particulièrement en Afrique impose que nous unissions nos forces. La solidarité face à ce phénomène ne doit pas se résumer à des mots", a déclaré M. Déby à la tribune de l'UA.

Chef de l'Etat tchadien depuis 1990, M. Déby est devenu un acteur incontournable en Afrique centrale. Face à la menace du groupe terroriste Boko Haram, il fait intervenir ses troupes au Nigeria voisin début 2015 pour y libérer des localités occupées par les extrémistes et initier une riposte militaire régionale contre le groupe terroriste pour appuyer l'armée nigériane.

N'Djamena a été en retour frappée par plusieurs attentats-suicides meurtriers revendiqués par Boko Haram.

 

©Algerie Presse Service 

 


31/01/2016
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