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La Une


Entretien de Manoël MAGEOT Président du FRAP




04/03/2015
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République Centrafricaine : l'accord et l'esprit de Brazzaville.

 [ Par Prosper INDO  |Mis à jour| samedi 9 août 2014]

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L'encre des signatures n'a pas encore séché que, déjà, se lève le vent de scepticisme de ceux qui ne croient pas à l'application des accords signés le 23 juillet dernier à l'issue du Forum de Brazzaville. Les sceptiques ont raison de douter, si l'on considère la suite des évènements nés des accords de Libreville du 11 janvier 2013, voire des accords de Libreville de 2008.

Voilà pourquoi la France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, a appelé tout de suite « au respect de la parole donnée », celle des signataires de l'accord de cessation des hostilités. Sera-t-il entendu ?

Il faut l'espérer si la RCA veut sortir du cycle des violences et exactions ethniques ou interconfessionnelles pour se reconstruire.

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I - Que dit l'accord de Brazzaville.

 

On peur résumer en deux points essentiels l'issue des négociations :

 

  • cessation des hostilités et mise en œuvre du désarmement ;
  • poursuite du dialogue politique inclusif afin d'assurer le succès de la transition devant conduire aux élections.

 

A première vue, rien de très difficile ni d'irrémédiable. Dès lors, pourquoi tant de craintes exprimées quant à la validité de cet accord et à l'engagement des acteurs, comme l'a exprimé à sa manière le groupe de travail de la société civile centrafricaine ?

 

Les raisons de ces craintes sont sans doute multiples mais elles concernent en particulier le profil des acteurs et signataires de ces accords pris séparément. Il faut les examiner avec précision.

 

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1 – Les ex-Séléka.

 

Ils ne sont théoriquement plus une coalition hétéroclite militaro-politique. Ils se sont rassemblés en mouvement politique non armé au sortir de l'assemblée générale tenue à N'Délé, et ont créé le front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC). C'est un joli nom qui, pourtant, s'inscrit d'emblée en faux face à la demande de partition du pays présentée comme préalable au début des négociations de Brazzaville.

 

En réalité, le FPRC est encore un conglomérat de petits chefs de bande. Pas moins de 30 personnes composaient l'ossature vertébrale de la délégation du front au Forum. A Brazzaville, la délégation conduite par Mohamed Moussa Dhaffane, le numéro 3 de l'organisation rebelle, a étalé ses faiblesses et sa division, au point de refuser de participer aux différents ateliers qui devaient fixer les modalités des points inscrits à l'ordre du jour de la conférence.

Il n'est pas sûr que le mouvement demeure uni. Déjà l'aile militaire qui devrait logiquement être dissoute, représentée en la circonstance par le « général » Joseph Zoundeko ne reconnaît pas la signature de ses mandants. Elle en est toujours restée à la partition dont on sait qu'elle n'arrivera pas, sauf concession extraordinaire et illégitime de la présidente de la transition.

 

2 – Les anti-Balaka.

 

La signature des accords de Brazzaville de la part de cette partie des belligérants consacre d'abord la victoire d'un homme, Patrice Edouard Ngaïssona, le « coordonnateur » autoproclamé de ces milices. Ancien homme-lige du président François Bozizé, ce dernier ne paraît pas en mesure d'imposer son autorité à une nébuleuse aux contours mal définis, et dont la majorité des éléments militaires sont d'anciens membres de la Garde présidentielle de l'ancien régime, et l'autre partie constituée de phalanges civiles plus enclines au banditisme qu'à la bataille idéologique.

 

Le nommé Ngaïssona n'est que le porte voix de l'ancien président déchu et l'exécuteur zélé des consignes prodiguées par l'entourage composite de ce dernier, ses fils et anciens collaborateurs : Jean-Francis Bozizé, Lévy Yakité, Willybiro-Sako, Josué Binoua, etc.

 

3 – Les autres groupuscules armés.

 

A côté des deux grandes coalitions armées ci-dessus, il faut également recenser quelques groupuscules disparates, six au moins que nous distinguerons par leurs initiales :  le FDPC d'Abdoulaye Miskine le déjanté ; le RJ du commandant Armel Sayo, l'ancien directeur de la sécurité du défunt président Ange-Félix Patassé ; le MLCJ d'Abakar Sabone, l'intégriste de la partition et créateur du mouvement de la jeunesse musulmane centrafricaine ; l'UFR du lieutenant-colonel Florian Ndjadder, fils du général du même nom qui devint chef d'état-major après la défection de François Bozizé ; le CPJP d'Abdoulaye Hissene devenu l'allié objectif de la présidente de transition dont il est le conseiller spécial, comme Jean-Jacques Demafouth l'ancien chef de l'APRD ; l'UFRF de Dieu-bénit Gbeyakikobe aussi anonyme que l'est son fondateur.

Ces instances n'ont ni objectif ni programme. Seul le ressentiment, l'esprit de revanche et le goût du lucre et l'appât du gain les animent. On peut craindre qu'ils ne puissent participer clairement aux efforts de désarmement, n'ayant aucun contrôle sur les factieux prompts à la dissidence qui leur font office de fantassins.

 

En face de cette palanquée de porteurs d'armes, siègent le gouvernement de transition de Madame Catherine Samba-Panza et les forces internationales, Sangaris, Misca et Eufor-RCA.

 

4 – Le gouvernement de transition.

 

Par ce terme générique, il faut comprendre l’ensemble des autorités de la transition. Leurs limites sont connues. Les autorités de la transition sont légales, mais elles sont illégitimes ; elles sont le résultat d’une cooptation politique née dans la confusion. Force est de constater qu’elles n’ont pas fait preuve par ailleurs d’un grand courage politique depuis leur installation, il y a de cela 7 mois. Jamais à l’initiative, sauf lorsqu’elles se sont fait forcer la main par le Médiateur de la crise centrafricaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso, ou par la France et l’Union européenne, voire par les circonstances du terrain .

Affaiblies depuis deux mois par l’annonce prématurée d’un remaniement gouvernemental promis par la présidente de la transition, elles font craindre l’implosion.

En effet, les autorités de la transition s’endormiraient sur leurs lauriers si elles pensent que les ex-Séléka ont renoncé à leur objectif de partition de la RCA. Elles commettraient par ailleurs une faute politique lourde de conséquence si elles venaient à se méprendre sur les intentions du président déchu François Bozizé, dont l’objectif dissimulé est la reconquête du pouvoir.

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5 – Les forces internationales.

 

Sangaris, Misca et Eurofor-RCA n’ont pas jouer le rôle que leur conféraient les différentes résolutions successives du Conseil de sécurité des Nations Unies. Elles n’ont pas pu ou voulu s’imposer sur le terrain, jouant alternativement les ex-Séléka contre les anti-Balaka, et réciproquement. C’est ainsi que la présence des éléments de l’armée burundaises à Bangui n’ont pas empêché l’attentat islamiste contre l’église Notre Dame de Fatima. C’est ainsi encore que la présence des éléments de la force française de l’opération Sangaris à Bambari, où est établi l’état-major des ex-Séléka, n’a pas dissuadé les criminels de s’en prendre aux déplacés réfugiés dans l’enceinte de l’évêché Saint-Joseph du chef-lieu de la Ouaka. Ces morts innocentes n’ont pas non plus empêché le chef d’état-major des forces africaines de la Misca, le général camerounais, d’assister à l’assemblée générale des ex-Séléka à Birao, congrès au cours duquel le mouvement  de rébellion armé s’est transformé en force politique, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), avec à sa tête tous les caciques de l’ancienne coalition rebelle : Michel Djotodia, Nourredine Adam, Mohamed Moussa Dhaffane, Abakar Sabone, etc.

La question qui se pose à ce niveau est simple : confusion des genres ou complicité objective des représentants des forces internationales ?

 

6 – La classe politique traditionnelle.

 

En face de ces cinq entités, la classe politique traditionnelle est atone et amorphe. Elle se divise en trois coalitions d’inégale importance ou plateformes politiques. Elle comprend d’une part l’alliance des forces démocratiques pour la transition (AFDT), le mouvement qui a succédé au FARE (front pour l’annulation et la reprise des élections de 2010), opposé à l’ancien président déchu François Bozizé, et d’autre part le groupe des partis travailliste, démocratique et républicain, affiliés à la mouvance du Kwa na Kwa, l’ancien mouvement présidentiel de soutien à François Bozizé, et, enfin, une ribambelle de micro-partis au pédigrée aussi confidentiel que le nom de leur créateur est ignoré du grand public.

La classe politique traditionnelle n’est pas impliquée dans la transition, ni en soutien ni en contradiction, se réservant de concourir demain pour les élections présidentielle et législative à venir ; les autres micro-partis n’ayant pas d’autres ambitions que celles de servir de faire valoir à la stratégie alimentaire de leurs fondateurs respectifs.

 

On voit mal l’accord de Brazzaville aller au succès, d’autant que cet accord, conclu sur l’honneur et l’engagement personnel du président Denis Sassou Nguesso, n’a prévu aucune disposition contraignante pour l’une ou l’autre des parties signataires qui viendraient à renier sa parole, sauf le délai de 45 jours au cours duquel le désarmement des troupes armées doit être conduit à son terme.

 

Cependant, le scepticisme relevé plus haut ne doit pas paralyser la transition. Bien au contraire, les inquiétudes exprimées par les uns et par les autres doivent conduire les autorités de la transition à accélérer celle-ci, au moins dans la mise en œuvre du désarmement de tous les éléments armés d’une part, et, afin de tenir les délais d’une élection présidentielle en février 2015, dans la poursuite du dialogue politique inclusif d’autre part, en prenant soin d’écarter toutes les personnalités convaincues de crime contre l’humanité ou faisant l’objet de mesures conservatoires de la part de l’Onu et de la Cour pénale internationale.

 

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II – Le désarmement des groupuscules armés.

 

Il ne s’agit pas d’une option politique. Le désarmement des factions rebelles et milices armées est une nécessité ou, comme l’a indiqué le Médiateur congolais de la crise centrafricaine, le président Denis Sassou Nguesso, une option purement technique qui demande méthode et organisation.

 

La méthode consiste à combiner le désarmement et la remise d’un viatique à chaque élément rendu à la vie civile, non point dans la nature mais à une adresse bien localisée. Il ne s’agit donc pas d’intégrer tous les éléments armés, miliciens ou rebelles, dans la future armée nationale centrafricaine, au risque de créer une armée mexicaine ou personne ne sait qui est qui.

 

La première observation que l’on peut tirer de cette considération est la propension de tout ce petit monde à l’auto proclamation dans les grades d’officiers ou d’officiers supérieurs, sans relation aucune avec leur aptitude militaire, à la guerre comme dans le commandement des hommes. Il convient de garder présent à l’esprit que la majorité des combattants rebelles de l’ex-Séléka étaient souvent des pisteurs formés par les officiers d’active des forces armées centrafricaines. Il serait curieux de voir ces derniers, qui ont des galons non en rapport avec un quelconque cursus militaire, commander à leurs anciens instructeurs restés dans les forces armées centrafricaines à des grades subalternes.

 

La même prudence doit être observée dans la situation des anciens membres de la garde présidentielle, dont on peut penser qu’il s’agit pour l’essentiel de militaires déserteurs, et dont le sort devrait être logiquement réglé par les juridictions militaires. 

 

Il importe donc de demander aux différents chefs rebelles le dernier listing de leurs effectifs à jours, de vérifier l’identité et la nationalité de chaque combattant, d’éditer la liste de tout leur armement, avant de procéder à leur désarmement d’abord, et à leur cantonnement ensuite. Il ne peut plus être question de procéder au cantonnement préalable des uns et des autres en les laissant en possession de leurs armes individuels ou armement lourd.

La logique voudrait que le combattant rebelle qui refuserait de se séparer de son arme y soit contraint, au besoin par la force.

 

La seconde étape du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion doit combiner les deux derniers termes de la trilogie : démobilisation et réinsertion.

Avant la procédure proprement dite de démobilisation, il convient de procéder à une enquête de personnalité : aptitude physique, niveau d’instruction ou de formation professionnelle, activité principale exercée avant l’intégration dans la rébellion ou les milices et, enfin, projet de vie ou d’avenir. L’intéressé désire t’il retourner dans son village et retrouver son activité antérieure, ou bien souhaite t’il suivre une formation professionnelle, dans quelle secteur ou branche ?

 

Il ne s’agit donc pas de lâcher les individus dans la nature, mais de les accompagner pas à pas dans leur retour à la vie civile. C’est à partir de cette enquête que doit se nouer les projets individuels de réinsertion ainsi que leurs coûts et leurs modalités de financement. Pour ce faire, le cantonnement des différents groupes rebelles devra s’effectuer à proximité des centres de formation ou d’instruction adaptés au profil des uns et des autres, sans nécessairement recourir à des regroupements par affinités combattantes ou ethniques ou régionalistes.

 

L’organisation du dispositif de désarmement, démobilisation et réinsertion doit être confiée aux forces internationales, Sangaris et Misca dans l’immédiat, puis l’Onu dans le cadre de l’opération de maintien de la paix à partir du 15 septembre prochain.

Il convient de ne plus confier le financement et le contrôle de ce dispositif, ni aux autorités de la transition ni aux différents chefs rebelles ou miliciens.

L’objectif du processus DDR est bien de rendre à la vie civile les combattants des anciennes rebellions, sans pour autant participer à l’enrichissement personnel de leurs chefs comme par le passé.

 

Enfin, dernière priorité du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion, le refus du démantèlement de l’Etat centrafricain ou sa partition. Les différents groupuscules rebelles ou milices n’auront pas à gérer  directement le processus DDR appliqué à leurs combattants, ni à prendre en charge l’administration du territoire où ils ont élu domicile ; la gestion du programme DDR relève du droit régalien de l’Etat centrafricain, associé aux institutions des Nations Unies.

 

III - Comment combattre le démantèlement et le démembrement de l’Etat centrafricain.

 

Lors de l’ouverture du Forum de Brazzaville, la question de la partition du pays a été posée comme préalable aux négociations par les représentants de l’ex-alliance Séléka. Il ne faut point se voiler la face, les risques d’éclatement de la RCA sont bien réels : deux années d’exactions et de représailles, des milliers de morts souvent à caractères confessionnels ou ethniques, des centaines de milliers de déplacés internes ou de réfugiés à l’extérieur des frontières de la RCA, tout cela a tissé des rancœurs, noué des haines, créé des frustrations.

Dès lors, la solution de facilité consiste à accepter l’hypothèse de la partition comme un pis-aller nécessaire. C’est la position préalable posée par l’ex alliance Séléka. Nous y reviendrons.

 

Les accords de Brazzaville n’ont pas abordé la question de la partition du pays et la subordonnent à l’organisation d’un dialogue politique inclusif inter centrafricain qui se déroulera à Bangui. Or la préparation de ce dialogue inclusif porte en germe les éléments de son échec futur. Parmi ces éléments, le plus évident, notoire, incontournable, semble être la pusillanimité du gouvernement de transition, dont la composition interne, à la fois incohérente et pléthorique, lui confère la légèreté et l’aisance d’un pachyderme dans un jeu de quilles.

 

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1 – L’imposture d’un « gouvernement de remerciement ».

 

Au soir du 100ème jour de sa présence à la tête de la transition, madame Catherine Samba-Panza avait fait comprendre qu’elle a tiré leçons des critiques formulées aussi bien contre la composition de son cabinet et celui du premier-ministre que contre celle du gouvernement, aussi pléthoriques qu’inefficaces les uns les autres.

 

Au lendemain du Forum de Brazzaville, à en croire l’ancien premier-ministre André Nzapayéké, aussi volubile qu’à l’ordinaire, on s’achemine vers un « gouvernement de remerciement ». Autrement dit, en échange de la signature des accords de Brazzaville, il s’agira « d’élargir le gouvernement pour pouvoir  y inclure la plupart de la classe politique et aussi les groupes armés ». C’est donc une compensation en échange des concessions obtenues auprès des signataires dudit accord.

 

Elargir un gouvernement déjà pléthorique, au regard de la situation économique et financière du pays, c’est pratiquer la politique de l’Arche de Noé. C’est une stratégie de simple survie, contraire à l’obligation d’un gouvernement de réformes et de relance politique.

Un tel attelage est toujours à le merci du moindre mouvement d’humeur ; il suffit que l’une des parties prenantes se sente moins privilégiée pour que le navire prenne du roulis et du tangage.

 

Le premier-ministre André Nzapayéké ayant été « démissionné » par la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, il appartient désormais à cette dernière de tenir le discours de vérité qui s’impose : le gouvernement de la République ne peut être constitué sur des critères de religion, d’appartenance régionale ou ethnique. Seules comptent : la compétence, l’intégrité, la loyauté.

 

2 – La partition et son échec avéré.

 

Jusqu’à ce jour, l’ex-alliance Séléka est le seul tenant de la partition de la République centrafricaine. Mais cette perspective n’est pas claire : certains réclament la partition entre le nord, supposé musulman, et le sud du pays, en majorité chrétien. D’autres pronostiquent un partage ouest-est, réclamant pour l’ex-Séléka les sept préfectures orientales de la RCA.

La partition en deux grandes entités ne peut aboutir, pour les raisons ci-après :

 

Il n’est pas sûr que le M’Bomou veuille faire sécession et se couper du reste de l’Oubangui, un fleuve n’est pas une frontière mais une voie de communication, de commerce entre les hommes et d’échanges ;

Il est peu probable que la Basse-Kotto souhaite être rattachée à un Etat islamiste, alors qu’elle est plus intimement liée à la province de l’Equateur ;

Il semble même exclu que les habitants du Haut-M’Bomou, les Azandé et Nzakara, descendants des sultans Rafaï et Zemio, acceptent une domination qui rappellerait sournoisement les razzia esclavagistes des 17 et 18ème siècles ;

Il n’est d’ailleurs pas certain que la Haute-Kotto soit disposée à un tête-à-tête exclusif avec la Vakaga et le Bamingui-Bangoran.

 

Dès lors, avec ces deux seules dernières entités coincées entre le sud du Tchad et l’ouest du Soudan, on voit mal cette nouvelle République constituée une entité viable. Elles seraient autonomes, certes, puisqu’elles ont été modelées par les excursions du sultan Sénoussi qui en avait fait son califat au début du 19ème siècle, mais peu viables politiquement, donc contraintes à l’alliance, soit avec le Tchad soit avec le Soudan.

Il est donc urgent pour les autorités de la transition de procéder rapidement à la réorganisation administrative du pays afin de faire échec à cette tentative de déstabilisation.

 

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3 – La fédération de l’Afrique centrale est une solution défaitiste.

 

Les partisans de cette option stratégique partent d’un constat lucide mais accablant. Nous les citons volontiers pour ne point trahir leur déchirement :

 

«  La République Centrafricaine n’est plus un Etat. Elle n’existe plus, de fait, car elle n’assume plus aucune des fonctions régaliennes qui définissent et encadrent la notion de souveraineté. Elle n’a plus ni police, ni justice, ni armée. Les fonctionnaires et l’administration centrale – payés par des pays tiers – ne sont plus en capacité de conduire leurs missions, la défense est assurée par des troupes multinationales, la santé est gérée par des organisations non gouvernementales étrangères, le pouvoir exécutif et législatif a été nommé… Non, rien ne nous rattache plus à la notion d’Etat, si ce n’est l’amabilité de nos interlocuteurs internationaux qui, pour ne pas nous humilier davantage, jouent encore le jeu du protocole ».

 

La charge est rude, mais la leçon est véridique et authentique !

 

Pour échapper à ce funeste destin, le rédacteur de cette sommation, le professeur Gaston Mandata N’Guérékata, ne voit qu’une option sans alternative : la création d’une fédération des Etats d’Afrique centrale sur la base de la communauté de la Cémac (communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, regroupant le Cameroun, le Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad).

Se référant à la vision prophétique de Barthélémy Boganda, président fondateur de la RCA, l’auteur justifie que « la fédération est un objectif vital qui, seul, peut assurer la stabilisation d’un territoire conçu à l’origine pour être associé à d’autres ».

 

Sans s’embarrasser des explications chronologiques et historiques qui expliquent l’échec des idéaux de Boganda en la circonstance, allons droit au but : la proposition de la fédération, dans les conditions actuelles, relève du défaitisme et de l’esprit de Munich.

Autrement dit, pour éviter la partition, allons résolument à l’effacement, à l’émiettement et à l’effritement. A partir d’un Etat virtuel, le Centrafrique d’aujourd’hui, fabriquons une province helvétique africaine où le Congo, le Cameroun et le Tchad, voire la République démocratique du Congo, instilleraient leurs particularismes nationaux respectifs. Tant qu’à y être, allons directement au démembrement du Centrafrique !

 

La fédération ne peut se concevoir qu’entre des Etats égaux, en droits et en obligations, mais volontaires et acteurs de leur propre décision. Il ne peut donc s’agir d’un mariage forcé, dont le coût serait exorbitant pour l’une des parties. Les autres peuples concernés sont ils prêts à pareil sacrifice ? On peut en douter lorsqu’on regarde les difficultés à faire vivre actuellement la Cémac, où aucun projet commun n’a encore jamais abouti.

 

Nous-mêmes sommes partisan de la régénération du vieux rêve de Barthélémy Boganda : la création des Etats-Unis d’Afrique centrale. Nous l’avons écrit il y a une dizaine d’années déjà. :

« Il ne s’agit pas de construire en Afrique centrale des Etats ethniques à configuration tribale homogène. Une telle stratégie conduirait très vite à un désordre généralisé, suscité par l’émergence micro-nations dépourvues de puissance et de capacité d’influence sur l’avenir. Ce serait commettre l’erreur de reconstruire 1492 à l’envers.

 

Au contraire, la situation en Afrique centrale réclame un dépassement : créer au cœur du continent noir une union d’Etats laïcs et démocratiques regroupant les actuelles républiques de langues latines. Un tel ensemble regrouperait les quatre Etats de l’UDEAC, auxquels viendraient s’agréger le Zaïre, l’Angola, le Rwanda et le Burundi ».

 

Nous ajoutions : « Pour atteindre cet objectif, deux lignes d’actions sont à construire :

  • Premièrement, la constitution d’une zone de libre-échange économique et commercial. Ce premier engagement peut être impulsé dès à présent sans attendre la fin des conflits locaux ; les pays en voie de démocratisation jouant le rôle de pôle d’entrainement de l’ensemble.
  • Deuxièmement, la création d’une véritable union fédérale disposant d’institutions propres au plan exécutif, législatif et judiciaire. Cette deuxième étape, beaucoup plus chargée de symboles politiques, sera certainement la plus difficile et la plus délicate à négocier.. Elle exige en effet que soit levée l’hypothèque que constitue pour les pays de la zone, la tutelle pesante, linguistique, culturelle et économique des anciennes puissances coloniales que sont la France, l’Espagne, le Portugal et la Belgique. »

 

Or, pour s’engager dans cette stratégie, il faut déjà que la RCA retrouve sa voie, son identité et sa souveraineté. Elle doit résister et vaincre les forces du mal, celles de la partition. Voilà la voie à suivre dans l’immédiat. Celle-ci dépend des acteurs politiques mais, malheureusement, les plateformes politiques existantes n’en prennent pas le chemin.

 

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4 – La voie de l’excellence et de la coopération.

 

Pour sortir la République centrafricaine de l’ornière, il y faut une volonté politique inébranlable, fondée sur deux principes :

 

  • la laïcité ; le gouvernement de la République ne peut se constituer sur des critères d’appartenance religieuse. Il n’est inscrit nulle part dans la Charte constitutionnelle de la transition que le premier-ministre centrafricain doive être de confession musulmane si le chef de l’Etat était issu d’une autre religion. Une telle proposition fait insulte à l’esprit de la démocratie.
  • La coopération ; le gouvernement de la République ne peut se satisfaire de la politique du tout ou rien. Il doit au contraire s’appuyer sur la collaboration de tous, sans pour autant assurer et garantir l’impunité aux responsables directs ou indirects des délits ou crimes contre l’humanité, commis contre les populations civiles centrafricaines, par les rebelles de l’ex-Séléka ou les milices anti-Balaka.

 

C’est au nom de ces deux principes que les partis politiques de gouvernement que sont le MESAN et le RDC doivent se tenir en dehors des combinaisons politiques conservatrices et circonstancielles, ou à l’écart des partis politiques qui ont fait appel à des forces étrangères, rebelles ou mercenaires, pour asseoir leur domination au pouvoir.

 

Le MESAN et le RDC doivent au contraire s’unir conventionnellement pour conduire la RCA sur le chemin du rassemblement populaire et de l’évolution sociale, afin de garantir le succès de la transition en cours. C’est leur seule planche de salut.

 

A une semaine du cinquante-unième anniversaire de la proclamation de l’indépendance, l’occasion est trop belle pour rater le coche ; c’est l’occasion d’une proclamation solennelle pour la Renaissance !

Il est cependant du devoir de Madame Catherine Samba-Panza, chef d’Etat de la transition, de reconquérir le droit à l’unité du peuple centrafricain. La balle est désormais dans son camp.

 

 

Paris, le 8 août 2014

 

Prosper INDO


12/08/2014
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La une : Discrimination des Pygmées - Réfutation des Maîtres de la forêt" et le salon par Victor BISSENGUE

Livres des Afriques 1ère édition 2014 - une présentation des Editions-Librairie PAARI. Dédicaces, 2 Conférences, 1 Table Ronde. Samedi 31 mai 2014 à la Maison de l'Afrique IREA L'Harmattan, Paris 5e - Victor Bissengué, invité du salon, dédicace son dernier ouvrage : Discrimination des Pygmées : Réfutation des Maîtres de la forêt.

 

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Victor Bissengué

 

POUR SE PROCURER LE LIVRE: Discrimination des Pygmées : Réfutation des Maîtres de la forêt.

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 Cliquer   :      ICI

 

 

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29/05/2014
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FÊTE DES MERES : dédicace à toutes les mamans par un compatriote

Le Clip de la Princesse Léonie KANGALA. En ce jour de la fête des mères, je dédie cette chanson à toutes les mamans du monde et particulièrement aux mamans de Centrafrique.Bonne fête maman -Manoël
 


25/05/2014
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Ils ont dis : la véritable nature du conflit centrafricain : guerre civile ou conflit religieux.

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    J’ai demandé un jour à un ami  centrafricain si l’on pouvait considérer la guerre qui ravage notre pays comme un conflit religieux. Il m’a répondu qu’il n’y avait pas de conflit religieux en Centrafrique.

---  Il s’agit donc d’une guerre civile, ai-je suggéré.                                               

---  Pas tout à fait, m’a-t-il répondu.

    J’en ai conclu que pour le moment le conflit centrafricain est une guerre sans nom. Ce sera ma première partie. Une guerre sans nom.  Cette première partie va m’amener naturellement à examiner dans une deuxième partie Les probabilités que ce conflit soit une guerre civile. Je montrerai les limites de ces probabilités. Ces limites me permettront d’aborder, dans une troisième partie, le nœud du problème, l’inconnue qui complique tout : la religion. Cette troisième partie comprendra quatre développements : Les probabilités que le conflit  centrafricain soit une guerre religieuse, les limites de ces probabilités et la critique de ces limites. Le dernier développement me tiendra lieu de conclusion. Il me permettra de définir ou plutôt de tenter de définir le conflit religieux ou guerre sainte.

    Le conflit centrafricain, au fur et à mesure qu’il s’installait dans la durée, s’est complexifié au point de faire perdre leur latin aux observateurs les plus avertis et même aux spécialistes de la RCA.

    D’ordinaire un coup d’Etat est perpétré pour redresser une situation compromise. En Centrafrique, il dérape  le jour même de sa réussite et ajoute une inconnue à son équation : la religion.

    Comment comprendre ce conflit ? S’agit-il d’une guerre civile ou d’un conflit confessionnel ? Telles sont les questions que se posent les observateurs et que nous allons examiner en commençant par citer quelques tenants de l’idée d’une guerre civile.

L’hebdomadaire allemand Die Zeit publie l’article d’une Allemande qui a vécu en Centrafrique avec son père missionnaire. Voici ce qu’elle écrit : <<  Les massacres qui se déroulent depuis décembre n’ont rien à voir avec la religion. La République Centrafricaine affiche toutes les caractéristiques d’un pays sous-développé. La pauvreté y est extrême, les gens n’ont aucune perspective. Il va de soi que cela entraîne le désespoir. >>

    L’iman Kobine Layama  parle, lui, d’une crise militaro-politique et rejette l’idée d’une guerre confessionnelle.

    Mais le rejet le mieux argumenté nous vient de l’abbé Yérima Banga, dans une tribune intitulée : La confessionnalisation de la crise centrafricaine : une manipulation politique et médiatique, tribune publiée le 12 janvier 2014 sur internet. Cet abbé, sur qui je reviendrai un peu plus loin, n’a pas de mots assez durs pour récuser l’idée d’une guerre confessionnelle en RCA. Il faut vraiment, écrit-il, avoir le quotient intellectuel à zéro pour avaler la couleuvre de l’argument  confessionnel. Il vise les médias internationaux qui n’écouteraient pas  suffisamment les médias centrafricains, plus aptes  selon lui, à appréhender les réalités centrafricaines.

    Enfin, on doit compter parmi les tenants de l’idée d’un conflit intercommunautaire le colonel Pierre de Lacan, ancien conseiller militaire de Bokassa : << C’est une guerre civile avec toutes les horreurs  subséquentes. >>

    Je pourrais citer d’autres critiques, d’autres spécialistes, mais il y a en face, dans une posture diamétralement opposée, ceux qui soutiennent l’idée d’un conflit confessionnel en RCA. On va citer entre autres :

---  L’anthropologue  africaniste Jean Loup Amselle sur Arté : << Ce n’est pas du tout  un affrontement ethnique, contrairement à tout ce qui a été dit dans les médias. C’est un affrontement religieux. >>

---  Un musulman centrafricain de la mosquée Babolo cité par le journal Le Monde : << Il faut que les chrétiens acceptent qu’aujourd’hui nous sommes au pouvoir. Quand ils y étaient, nous ne protestions pas. >>

---  International crisis group, rapport du 2 décembre 2013 : << La Séléka s’est disloquée en une multitude de groupes armés qui commettent de nombreuses exactions et provoquent  la réaction des milices d’autodéfense et un conflit confessionnel. >>

--- Le journal allemand Frankfurten Allgemein Zeitung du 14 mars 2014 : << Des rebelles musulmans massacrent des chrétiens et des rebelles chrétiens massacrent des musulmans. >>

    Telles sont les deux positions qui s’affrontent et notamment dans les médias. Le Journal La Croix du 21 novembre 2013, après avoir constaté qu’elles étaient aux antipodes l’une de l’autre, a laissé à l’histoire le soin de trouver un nom au conflit  centrafricain : << Quel que soit le nom que l’histoire retiendra pour le drame centrafricain, l’urgence humanitaire y est extrême. >> Autrement dit, le conflit centrafricain, pour le moment, est un conflit sans nom.

    Tous les observateurs s’accordent sur un point : le caractère exceptionnel et inqualifiable des exactions. Mais alors pourquoi ne parvient-on pas à trouver un nom à ce conflit ? On peut poser la question autrement. Comment donner un nom à des crimes innommables ? Il semble que l’impossibilité de trouver un nom au drame centrafricain soit en rapport avec le chaos qui règne sur le terrain.

    Nous allons tenter d’y voir un peu plus clair en examinant les probabilités que cette guerre soit une guerre civile.

    On ne le répétera jamais assez : les politiques menées en Centrafrique, depuis l’indépendance, ne pouvaient conduire qu’à une situation insurrectionnelle et à la guerre. Le schéma de gouvernance est bien connu : le président travaille avec << ses proches >> : des ministres fils, des ministres nièces, avec un parti et surtout des militants appartenant majoritairement à la même ethnie que lui, avec une garde présidentielle à sa dévotion. Mais sachant que la misère galope dans son pays et qu’il n’est pas à l’abri d’un coup d’Etat, il tribalise au maximum l’armée nationale. Ce schéma, qui érige l’exclusion en mode de gouvernance, a considérablement appauvri le pays. A l’exception des parentèles opportunistes qui se sont succédé au pouvoir, toutes les couches sociales se sont paupérisées.

    Selon une enquête du Centre des Droits Humains (HRD) de l’université de Berkeley au Etats-Unis, enquête qui date de 2009, c’est-à-dire d’avant la crise Séléka, le taux de mortalité mensuelle en RCA était quatre fois plus élevé que dans les autres pays du continent noir : 5 pour mille alors qu’il est de 1,3 pour mille en Afrique  subsaharienne. Ce taux centrafricain est comparable ou plus élevé que celui des pays ou zones en crise comme la RDC ou le Darfour. Chaque année, depuis 1999, la RCA perd 6% de sa population. Cette perte, me diriez-vous, est probablement due aux combats récurrents qui ravageaient le nord et l’est du pays. Selon Patrick Vinck, le chercheur qui a mené l’enquête, << Seul un décès sur cinq est directement lié aux violences. Même dans les zones relativement épargnées par les combats comme le sud du pays, les taux de mortalité sont bien au-dessus du seuil d’urgence aiguë. En fait la majorité des décès sont dus à une pauvreté extrême et une pénurie de centres de soins que les conflits n’ont fait qu’exacerber. >>

   Je vous rappelle que cette enquête date de 2009. Depuis, la Séléka est passée et la situation, logiquement, doit avoir empiré. D’autant qu’en décembre 2011 Médecins Sans Frontière  a réalisé quatre enquêtes qui ont confirmé l’enquête de l’université de Berkeley. Voici le constat de cette ONG : << Les taux de mortalité en Centrafrique sont trois fois plus élevés que le seuil d’urgence qui définit une crise humanitaire. >>

    Ces informations alarmantes qui gagneraient à être divulguées, ces informations qui ont probablement fait croire aux envahisseurs prédateurs que le moment était venu d’envahir la RCA, ces informations ont été purement et simplement passées sous silence. Comme toujours. Comment s’étonner alors que l’extrême pauvreté génère des foyers de tension, des tentatives de coup d’Etat, des mutineries, des rebellions, des coups d’Etat et une guerre civile en 2002-2003 !

    En 2006, c’est une véritable armée issue de la coalition de trois groupes rebelles qui s’emparent de plusieurs villes du nord. L’aviation française interrompt leur progression et sauve le régime Bozizé. Mais l’armée de Djotodja prend le maquis pour continuer la lutte.

    Il y avait donc bien en Centrafrique des guerres intestines entretenues par la pauvreté, des guérillas qui pouvaient dégénérer en guerre civile généralisée.

    Mais ce constat a des limites. J’en ai relevé deux : jusqu’ici, quand un coup d’Etat réussissait, les nouveaux dirigeants s’attelaient à réconcilier les factions, à recoller les morceaux du pays afin de le réconcilier avec lui-même. En Centrafrique, quand les Séléka ont eu vaincu les FACA, ils ont retourné leurs engins de mort contre la population qu’ils étaient prétendument venus libérer. Comme si le fait de conquérir le pouvoir de l’Etat n’était pas leur véritable objectif.

    Le deuxième argument qui milite contre l’idée d’une guerre civile, c’est la coalition elle-même.  Selon le colonel Narkoyo, son ancien porte-parole, elle serait composée de 90% de musulmans dont des Tchadiens et des ressortissants du Darfour, les fameux Janjawids , considérés comme des criminels par les Nations unies. 90 ou 95% de musulmans, peu importe, la Séléka n’était qu’un agrégat de factions. La question qu’on peut se poser c’est comment une armée disparate a-t-elle pu se transformer en une coalition aussi redoutable que la Séléka.

    L’ hypothèse la plus vraisemblable, c’est que la religion a permis à ces factions hétéroclites de transcender leur clivage. On lui a fait jouer, pendant la phase de conquête du territoire centrafricain, un rôle fédérateur au sein de cette coalition. Quand les choses vont commencer à se gâter pour Djotodja, il dira qu’il avait fait jurer ses combattants musulmans sur le Coran qu’ils ne commettraient pas d’exactions. Par cette déclaration, l’ancien président de la transition reconnaissait implicitement qu’il n’était pas sûr de ses hommes et qu’il avait dû, pour les tenir, instrumentaliser le Coran.

     Restons avec l’Islam pour examiner maintenant les probabilités que la crise centrafricaine soit un conflit religieux.

    Je vous rappelle que l’histoire de la RCA, depuis l’indépendance, n’est qu’une succession de crises politiques. Mais la crise Séléka est la seule à propos de laquelle on a évoqué l’idée d’un conflit religieux. De quels arguments dispose-t-on ?       

Premièrement. La lettre adressée par Djotodja  à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). L’ancien président nie l’avoir écrite. Mais sa dénégation, à un moment où sa coalition faisait l’objet d’une réprobation unanime, n’a convaincu personne.

Deuxièmement. La composition de la Séléka à dominante musulmane.

Troisièmement. Ses pillages et destructions ont ciblé les églises, l’administration et les biens des non-musulmans, épargnant les quartiers musulmans.

Quatrièmement. Les musulmans, du moins certains musulmans de Bangui se sont réjouis ouvertement de la réussite du coup d’Etat : marche pacifique organisée par Nguendet, Djotodja accueilli par des Allah akbar à la mosquée Babolo.

Cinquièmement. Dans certaines villes comme Bossangoa par exemple, la population meurtrie par des exactions sans nom,  s’est réfugiée d’instinct dans les églises et autour. Plus tard les musulmans pourchassés par des Antibalaka chercheront refuge dans les mosquées et même, pour certains, dans les églises.

L’argument linguistique. La plupart des combattants de la Séléka ne parlaient que l’arabe. Tant qu’ils s’étaient contentés de diriger des troupes arabophones, les généraux de la Séléka n’ont eu aucun problème. Mais quand ils se sont arrogé  des postes de responsabilité à la tête des administrations, ils ont immédiatement été confrontés à un problème linguistique : la langue de leur coalition n’était pas celle du pays qu’ils venaient de conquérir. Et donc pour s’adresser aux usagers de certaines administrations, les Soudanais du Darfour qui ne parlaient pas un traître mot de sango ou de français, avaient recours à des interprètes.

Septièmement. L’argument décisif, pour plusieurs raisons, c’est l’attaque du 5 décembre, qui a marqué les esprits et qui constitue un véritable tournant dans le conflit centrafricain.

    Cette attaque a visé Bangui, le sanctuaire des Séléka.

    La capitale centrafricaine attendait alors, sous les feux des caméras, le vote du Conseil de sécurité autorisant le  déploiement des forces françaises en Centrafrique.

    Cette attaque a fait en deux jours, selon Amnesty International : 60 morts musulmans et 1000 morts chrétiens. Ces chiffres ont été largement commentés. Mais ce qui me semble renforcer l’idée d’un conflit confessionnel, ce sont les termes musulmans et chrétiens employés par Amnesty International. Les faits s’étaient déroulés devant les caméras du monde entier, presque en direct : on a tué des gens parce qu’ils étaient musulmans ou chrétiens. Les faits sont incompréhensibles : chrétiens et musulmans qui adorent  le même Dieu se sont entretués. L’idée d’un conflit confessionnel ne sort donc pas de l’imagination d’un observateur mais bien des faits. Nous allons lui trouver des limites.

    Dans la tribune de l’abbé Yérima Banga, ces limites sont les arguments qui établissent de manière irréfutable, selon lui, qu’il n’y a pas de conflit religieux en Centrafrique. Je vous les donne. Ensuite on les soumettra à un contre-argumentaire.

1.      Djotodja a dit lui-même que la victoire de la Séléka n’était pas celle des musulmans.

2.     << Les Antibalaka ne sont pas des chrétiens. Ils portent des amulettes comme les musulmans. >>

3.      L’incident de l’église Saint-Jacques où des imams ont failli se faire lyncher par une foule en colère << n’avait rien à voir avec la religion. >>

4.     Selon l’abbé, << aucun responsable chrétien ne parraine les Antibalaka. >> Du côté des musulmans, écrit-il, il n’y a pas non plus officiellement de signe qui conduirait à un programme défini de lutte confessionnelle.

1.     Quand il est apparu que les musulmans revendiquaient de manière hautaine la victoire de la Séléka, Djotodja a convoqué les imams de Bangui pour leur dire que la victoire de la Séléka n’était pas celle des musulmans. Cette déclaration, une simple clause de style, ne mérite pas qu’on s’y attarde. Les musulmans, pour reprendre le terme de Djotodja, ne vont pas se taire et la Séléka accentuera ses exactions sans provoquer une once de compassion chez l’ancien président.

2.     a << Les Antibalaka ne sont pas des chrétiens. >> C’est fort contestable. Il y a des chrétiens parmi les Antibalaka. Voici ce qu’écrit à leur sujet le journal La Croix du 21 novembre 2013 : << Des milices composées de jeunes gens de confession chrétienne se sont déjà attaqués aux rebelles de la Séléka et aux populations musulmanes autant par punition que par prévention. >>

   Je vais revenir brièvement au conflit pour montrer les embarras du clergé centrafricain et ajouter que ces embarras sont pratiquement de même nature que ceux que les chrétiens du cinquième siècle après Jésus Christ avaient éprouvés. Mais comme dirait Léon Odoudou, Comparaison n’est pas raison.    

    Tant que les Séléka avaient le monopole de la violence, leurs victimes désignées par tous les observateurs, c’étaient les chrétiens. Mais dès que les Antibalaka ont commencé à exercer des représailles, les leaders chrétiens les ont condamnés sans atermoyer, dans un premier temps, avant de chercher, par tous les moyens, à se démarquer d’eux. L’archevêque Nzapalainga propose qu’on les appelle << milice d’auto-défense.

     Pour comprendre la position des leaders chrétiens, il faut savoir que, des trois religions monothéistes, celle qui condamne formellement la violence, c’est le christianisme. Rappelez-vous les paroles de Jésus : << Moi, je vous dis : Aimez vos ennemis. >> alors que son pays, la Judée, était occupé par les Romains. Ce message d’amour reste le message fondateur du christianisme.

   Après la mort de Jésus et la persécution de ses fidèles, les chrétiens réussissent, grâce à deux empereurs romains, Constantin et Théodose, à construire un empire, leur empire qui, théoriquement, contient des non-violents, selon les préceptes du Christ.

    Mais au 5ème siècle, cet empire est attaqué par des Barbares, qui cherchent à s’en emparer. Que doivent faire les chrétiens ? Défendre leur empire ou se laisser massacrer. A l’époque vivait Augustin, un évêque africain qui va devenir une des plus grandes autorités patristiques de l’Eglise catholique. On le consulte. Les chrétiens doivent-ils se battre ou se laisser massacrer. Augustin rassure ses coreligionnaires en leur répondant que Dieu ne rejette pas les soldats. Il cite pour les convaincre ce qu’il appelle << les guerres de l’Eternel >>.

   Donc quatre siècles après la mort de Jésus, les chrétiens, théoriquement des non-violents, étaient déjà confrontés au problème de la violence.   

2.b. << Ils ( les Antibalaka ) portent des amulettes comme des musulmans. >> Cet argument est un véritable bâton que l’abbé tend à des éventuels contradicteurs pour se faire battre. C’est vrai que les musulmans portent des talismans. Mais ils ne sont pas les seuls parmi les adeptes des grandes religions à visée universaliste : les Juifs, les Chrétiens aussi les portent.

     Dans la religion musulmane, le port des talismans remonte à l’époque de Mahomet. Le prophète lui-même était contre. C’est une partie de ses disciples qui autorisait le port des amulettes confectionnées avec des versets du Coran. Cette pratique est prohibée par l’Islam orthodoxe, mais elle est restée dans certains milieux musulmans, probablement parce qu’elle existait avant l’Islam, en Arabie, chez les Juifs, dans le Judaïsme.

    La première religion monothéiste a très vite utilisé les talismans qu’elle appelle téfilins. Comme les musulmans, les rabbins utilisent, pour confectionner leurs amulettes, les versets de la Torah. Cette pratique du Judaïsme rabbinique s’appuie sur un verset biblique ( Exode, ch.13-9 ) et n’a pas disparu en Israël. Pendant l’élection de 1996, les militants du parti Shas, un parti religieux dirigé par Ovadiah Yosef, distribuaient non pas des tracts mais des amulettes bénies par un autre rabbin, le mystique Kadoorie.

    Il reste le Christianisme, la deuxième religion monothéiste après le Judaïsme.

    Tous ceux qui ont regardé, à la télévision, la canonisation des papes Jean XXIII et Jean Paul II ont remarqué, parmi les objets de culte, les reliques de ces deux papes.

    Dans le christianisme, du moins dans sa partie catholique, le développement au Moyen Âge du culte des reliques et des images qu’on appelle autrement des talismans chrétiens, s’accompagne d’une violente querelle théologique entre ses partisans et ses détracteurs.

    Il faudra deux conciles pour arrêter la controverse. Le deuxième, celui de Trente, en 1563 confirme le culte des saints, des reliques et des images pour que le Seigneur accorde des bienfaits

     Donc ces objets auxquels on prête des pouvoirs magiques se retrouvent  dans toutes les grandes religions et ne sont pas spécifiques aux animistes. On peut même dire que les talismans sont des objets de culte animistes que les autres religions ont adoptés.

3. Nous en arrivons maintenant à l’incident de l’église saint Jacques où des imams venus célébrer la réconciliation avec l’archevêque de Bangui ont failli se faire lyncher par une foule assoiffée de vengeance. L’abbé soutient que cet incident milite contre l’idée d’un conflit confessionnel, que si cette foule avait été chrétienne, elle aurait obéi à l’archevêque, en acceptant le principe d’une réconciliation. Je pense qu’il a tort. Dans mon intervention de décembre, j’avais dit que les Centrafricains étaient majoritairement  animistes mais qu’ils se revendiquaient chrétiens ou musulmans. Très peu de gens en Centrafrique se disent ouvertement animistes, l’animisme étant synonyme de sorcellerie, de magie noire et magie blanche. Et puis la Séléka ne s’est pas acharnée sur les lieux de cultes animistes qui n’existent pas, mais bien sur les institutions catholiques : profanation des édifices et objets religieux, perturbation des offices, agression physique de l’archevêque de Bambari…Autant d’actes sacrilèges qui, ajoutés aux assassinats et aux massacres impunis, ont exacerbé le sentiment de vengeance du camp chrétien.

4. Le dernier argument, celui qui récuse avec force l’idée d’un conflit confessionnel, c’est selon l’abbé Yérima Banga qu’aucun responsable religieux chrétien ne parraine les Antibalaka. Ce qui est vrai. Mais ce qui  l’est moins ou plutôt ce qui est discutable, c’est ce qu’il ajoute à propos de la Séléka : << Il n’y a pas non plus officiellement de signe qui conclurait à un programme défini de lutte confessionnelle. >>

         Il me semble que l’adverbe officiellement fait allusion à la lettre que Djotodja a envoyée à l’Organisation de la Conférence Islamique. Cette lettre était censée rester secrète. Car son objet, la création d’un Etat islamique en Afrique centrale, est un pari risqué qu’on ne saurait crier sur les toits.

      L’adverbe officiellement fait aussi allusion au séjour de Djotodja au Soudan, un Etat voyou, repaire des islamistes, selon les Américains. L’ancien leader de la Séléka a-t-il pris langue avec les islamistes au Soudan ? On ne le saura peut-être jamais.

    Il reste que dans le Coran, à côté des versets pacifistes, il y a des versets bellicistes qu’on peut instrumentaliser. Pour les extrémistes, la sourate 9 verset 14 préconise un jihad  permanent  contre les non-musulmans. Un invité présent dans la salle, me dira, après l’exposé, que ce verset est très discuté, qu’il ne s’adresse qu’à ceux qui nourrissent de sombres projets contre les musulmans. Dont acte.

    L’idée d’un conflit religieux sort renforcée de ce contre- argumentaire. Nous allons, pour terminer, nous intéresser à ce concept de conflit religieux qui pose problème. Qu’est-ce qu’une guerre sainte ? Qui a inventé ce genre de conflit ?

     Au 5ème siècle, les chrétiens qui ont reçu d’Augustin l’assurance qu’en prenant les armes ils ne déplairaient pas à Dieu, lui ont demandé, s’ils pouvaient considérer leur guerre contre les Barbares comme une guerre sainte. L’évêque d’Hippone leur a répondu non. Une guerre sainte est une guerre décrétée par Dieu et par Lui seul, dans le cadre d’une théocratie. La guerre des chrétiens contre les Barbares est une guerre juste, une guerre légitime. En fait une guerre pour défendre l’Eglise.

    Dans sa définition de guerre sainte, Augustin fait directement référence à la conquête de Canaan par les Hébreux, qui sont considérés sinon comme les inventeurs, du moins les théoriciens de ce genre de conflit. La campagne de Canaan, on le sait, est une guerre éclair menée par les Hébreux qui sortaient d’une longue errance dans le désert et qui théoriquement n’avaient aucune chance de l’emporter sur les armées cananéennes, plus aguerries et mieux équipées.

     Ils l’emportèrent non pas parce qu’ils avaient un grand général en la personne de Josué, mais parce que Yaveh, leur Dieu, était intervenu dans la bataille à Jéricho, Gabaon et Haçor.

    Cette guerre a une autre spécificité, la pratique de l’anathème. La prise de Jéricho sera suivie du massacre de tous ses habitants et même de son bétail. Plusieurs villes situées sur le territoire de la terre promise subiront ce sacrifice destiné à remercier Yahveh. Mais pour quelle raison ? Nous retrouvons ici l’enjeu de la bataille, Canaan, la terre promise.

    Ce qui semble capital dans cette campagne, ce n’est pas son habillage idéologique. C’est son enjeu. Et qu’est-ce qu’on retrouve derrière l’enjeu ? Des préoccupations terre-à-terre : un peuple de nomades qui se cherche une terre. Je me suis bien éloigné de la Centrafrique.

    Je reviens à sa crise pour affirmer qu’il n’y a pas de conflit religieux sans enjeu, surtout pour ceux qui en prennent l’initiative. Je ne vois pas comment  ni pourquoi de simples mortels pourraient se battre pour le Tout-Puissant, l’Omniscient.

    L’objectif du premier grand conflit des Hébreux était Canaan, une terre où coulent le lait et le miel. Ces caractéristiques de la terre promise ne vous rappellent-elles pas, chers amis, un pays au cœur du continent noir, un pays de forêts où coulent des rivières d’or et de diamant ?

 

Forum de Reims, le 03 mai 2014

GBANDI Anatole

 

P.S. Le Groupe de Reims est un groupe de réflexion sur la crise centrafricaine.

20/05/2014
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CENTRAFRIQUE : CATHERINE SAMBA PANZA, LA GRANDE ROYALE PRISE EN FLAGRANCE DE MENSONGE

CENTRAFRIQUE : CATHERINE SAMBA PANZA, LA GRANDE ROYALE PRISE EN FLAGRANCE DE MENSONGE

Par  Dr Boniface POULOTO

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En vérité, l’histoire se répète toujours et il est très rare que les mauvaises expériences des uns servent de leçon et d’expérience aux autres. La RCA vit un éternel recommencement à cause de la cupidité qui caractérise les personnes appelées à présider à sa destinée. Depuis les indépendances à ce jour en l’occurrence de David DACKO à Catherine SAMBA PANZA, excepté Jean-Bedel BOKASSA qui a au moins fait ses preuves et dont nous gardons encore les traces à ce jour, que peut-on retenir de positif dans le mode de gestion que nous a insufflé nos dirigeants politiques successifs ? Pourquoi l’échec des politiques antérieures n’a pas permis de servir de leçon à nos princes qui tiennent aujourd’hui les commandes de la transition et qui en ce XXIème siècle continuent de puiser leurs forces et ressources sur les souffrances et le sang du peuple centrafricain ? Pourquoi Catherine SAMBA PANZA autoproclamée « mère » de tous les centrafricains n’a pas pu disposer des qualités réelles d’une bonne mère au point de gérer avec tendresse et délicatesse les affaires de ceux censés être ses « enfants », comme elle le prétendait, et en « bonne mère de famille ? »Pourquoi n’arrive-t-elle pas encore à comprendre que la gestion d’une transition politique sur fond de crise sécuritaire et humanitaire est assimilable à une jarre trouée dont le colmatage interpelle les efforts inclusifs de toutes les bonnes volontés ? Pourquoi continue-t-elle de confondre les critiques objectives faites dans le sens de l’amélioration de la gestion de la transition comme des actions de politique politicienne visant à « déstabiliser son mandat »comme elle a coutume de le dire dans chacune de ses déclarations ?

Les réponses à ces interrogations résident dans l’analyse psychologique et de la personnalité de Catherine SAMBA-PANZA ainsi que de son système de gestion basé principalement basé sur la prédation, la cupidité, l’exclusion, l’ostracisme, le tribalisme, le clientélisme, la médiocrité, et le mensonge d’Etat.

  1. Qui est Catherine SAMBA PANZA ? Un guignol ? Un appendice de la SELEKA ? Une marionnette à la solde d’Idriss DEBY ITNO ?

Née au Tchad d’un père de nationalité camerounaise et d’une mère centrafricaine, Catherine SAMBA-PANZA, dont le cordon ombilical et le placenta ont été enterrés au Tchad, est une femme étroitement attachée par des ficelles invisibles à son pays de naissance, mais aussi par le principe du « Jus soli » (le droit du sol). Polyglotte, elle parle couramment une des langues officielles de son pays natal, en l’occurrence l’Arabe tchadien, une langue difficilement compréhensible dans la littérature arabe moderne.

Fourbe et irresponsable, elle est un vrai guignol, une boulangère imbue de sa personne et remplie de contre-vérité. Incapable et d’une incompétence notoire, puisque projetée sur la scène politique par ses compères TIANGAYE et ZIGUELE, MBOLIGOUMBA, DJONO AHABA et autres pour être manipulée, ce dont elle a réussi à contrecarrer en roulant ses promoteurs et pivots dans la farine, Catherine SAMBA-PANZA fait, exclusivement depuis le début de sa gestion de la transition, du pilotage à vue sur fond de tribalisme, de copinerie, d’ostracisme, de cupidité et d’exclusion.

  1. Catherine SAMBA-PANZA est-elle en bon aloi avec le peuple centrafricain ?

En déphasage avec la population et sans cœur, elle n’éprouve ni amour, ni sentiment pour son pays d’adoption le Centrafrique à plus forte raison pour sa population assimilée à son fonds de commerce. Pis encore, elle témoigne ostentatoirement de son mépris pour le peuple centrafricain sur le dos duquel elle s’est assise, depuis sa désignation comme « MISS SELEKA » par le conseil diabolique du CNT, au profit de ses intérêts égoïstes. Préoccupée par ses calculs mercantiles, son envie de s’enrichir et de se faire voir grandeur nature, Catherine SAMBA-PANZA passe le plus clair de son temps à se rougir les lèvres, à vernir ses ongles et en s’habillant avec des paires de lunettes et pantalons qui ne reflètent pas son âge. Tout se passe comme si gérer l’Etat, surtout en période de crise, revient à se faire de la beauté physique à l’instar d’une jeune fille de 18 ans ou à faire du mannequinat ou se préparer à un concours de danse.

Quelle est cette « mère » indigne qui résume tout autour de sa personne et qui a la témérité de fouler aux pieds allègrement les souffrances de son peuple, au point d’en faire un fonds de commerce pour l’exercice du pouvoir pour le pouvoir, rien que le pouvoir? Quel anachronisme ? Quelle incohérence ? Quel divorce avec le peuple de Centrafrique ? Est-elle devenue la coqueluche du monde diplomatique avec ses multiples voyages improductifs sur les missions de la transition ?

  1. Quelle signification donner aux pleurs et regrets de Catherine SAMBA-PANZA suite au départ des troupes tchadiennes ?

A l’annonce du retrait forcé de la soldatesque d’Idriss DEBY de la terre de Barthelemy BOGANDA et de la MISCA, Catherine SAMBA-PANZA, sans coup férir et à la grande stupéfaction de tous, a déclaré ce qui suit : « Nous regrettons cette décision qui a été prise sous l’effet d’un certain nombre d’événements. Nous allons examiner avec le Tchad et la MISCA les conséquences de cette décision de manière apaisée et sereine ». Cette déclaration n’est rien d’autre qu’une injure grave à la mémoire

Alors pourquoi regretter le départ des troupes tchadiennes qui ont mis en coupe réglée notre pays dans le seul dessein de l’anéantir et d’en faire un protectorat sous la domination du sanguinaire Idriss DEBY ITNO ? Pour la gouverne de SAMBA-PANZA, le peuple centrafricain qui croupit encore sous le poids de la souffrance et des atrocités orchestrées par Idriss DEBY n’a aucune leçon de démocratie, ni de bonne gestion à recevoir de celui-ci. D’ailleurs toujours emporté par le mal, Ce démon des ténèbres et rejeton d’Adolf HITLER, n’est pas en mesure de satisfaire les besoins élémentaires de son peuple et de lui assurer une sécurité conséquente. L’argument selon lequel le Tchad et Idriss DEBY sont incontournables dans le règlement de la crise centrafricaine, n’est valable que pour SAMBA-PANZA et sa suite.

Pourquoi seule contre tous, SAMBA PANZA persiste et signe, pleurniche en déclarant tambour battant et sans honte, devant les caméras des télévisions du monde entier son regret du départ forcé de la soldatesque tchadienne de la RCA, à l’instar d’une sorcière qui a vendu son enfant dans les tontines de la sorcellerie ? D’où tire-t-elle sa légitimité pour pouvoir décider du sort du peuple centrafricain et contre sa volonté ? Sait-elle qu’elle a été seulement désignée par le CNT, cette boîte à pandore qui n’est même pas représentative du peuple centrafricain? N’est-ce pas qu’on a coutume de dire que le bons sens est la chose la mieux partagée au monde ? Pourquoi n’arrive-t-elle pas à comprendre qu’elle s’est inscrite à l’antipode de ce qui est accepté et partagé par le peuple centrafricain et la communauté internationale ?

  1. Idriss DEBY ITNO, le mal centrafricain ?

La population centrafricaine en liesse a accueilli avec beaucoup d’enthousiasme le départ des troupes tchadiennes de la RCA. De même, l’annonce de l’arrivée des casques bleus de l’ONU réconforte à plus d’un titre. La tension s’est baissée d’un cran et un calme relatif s’est installé à Bangui ainsi que dans les villes de province, à l’exception des localités de KAGA-BANDORO et PAOUA, où sur le chemin du retour, les sanguinaires d’Idriss DEBY ont encore tués plusieurs personnes (au moins 7 à KAGA-BANDORO et 15 personnes à PAOUA) puis brulé plusieurs dizaines de villages.

Aujourd’hui tout le monde s’accorde à reconnaître que c’est Idriss DEBY ITNO et sa soldatesque qui sont le mal centrafricain. A contrario, Catherine SAMBA-PANZA, André NZAPAYEKE, Toussaint KONGO-DOUDOU, et le gouvernement sont loin d’accepter cette évidence. Croyant emprisonner la vérité et renverser le cours des choses, ils font les pieds de grue en vénérant Idriss DEBY ITNO, leur pourvoyeur alimentaire et financier, à qui ils ont vendu le pays, espérant négocier son retour en RCA. Cela se comprend aisément puisque tant que les troubles subsisteront, la transition pourra encore durer aussi longtemps que possible et favoriser leur enrichissement.

Quelle danse macabre et funeste pour cet appendice de la SELEKA et sa clique de vautours, de rapaces, de voraces dont le terrain de prédilection est le sang et la souffrance du peuple centrafricain ? N’est-ce pas que Catherine SAMBA-PANZA, emboîtant les pas à ses complices et prédécesseurs, acteurs du scénario originel de la SELEKA, a affirmé que « tant qu’il y aura l’insécurité, les élections ne pourront être organisées ».N’est-ce pas que Crépin MBOLIGOUMBA, Nicolas TIANGAYE, Michel DJOTODJA AMNONDROKO, Martin ZIGUELE, Alexandre Ferdinand NGUENDET, Christophe GAZAMBETI, MAHAMAT KAMOUN, ABDALLAH KADRE ASSAN, Jean-Jacques DEMAFOUTH, Michel KOYT, Arsène SENDE, Arnaud DJOUBAYE ABAZENE, Harold MAHAMAT DEYA, Gontran DJONO AHABA et autres avaient, quant à eux, fixé à trois ans la durée de la transition, le temps nécessaire pour un enrichissement conséquent, avant d’être honteusement rattrapé et chassé comme des malpropres par la communauté internationale?

Il est temps que Catherine SAMBA-PANZA se focalise sur les missions qui relèvent du cadre de la transition, si et seulement si, elle en a encore le souvenir. A défaut, elle doit s’empresser de se tailler une feuille de route claire et précise, limitée aux actions concernant le retour rapide à l’ordre constitutionnel. Qu’elle cesse de croire que le ballet diplomatique des grandes figures internationales autour de la RCA en ce moment, n’est pas le fait de son offensive diplomatique et n’a pas pour objectif de contempler ses tailleurs, ses paires de lunettes, a fortiori de l’élever à une haute dignité internationale, comme elle le pense. Ce sont le sang et la souffrance du peuple centrafricain qui mobilisent et obligent à ce jour la communauté internationale toute entière à faire bouger les choses pour le retour rapide à l’ordre constitutionnel. Il est donc temps qu’elle descende de son nuage et se mette résolument au travail pour tenir ce calendrier irréversible, incontournable et non élastique.

  1. Les voyages d’agrément et improductifs de Catherine SAMBA-PANZA

En seulement deux mois de transition, la marâtre des centrafricains a effectué, six (6) voyages sur sa propre initiative et demande. Elle a respectivement séjourné à Brazzaville, à Ndjamena, à Kinshasa, à Kampala, à Luanda et à Libreville. Ces déplacements se sont effectués à bord de Jet privé battant pavillon centrafricain, loués et affrétés pour la circonstance. Des voyages luxueux organisés et financés aux frais du prince, en l’occurrence le Trésor public.

Alors, pour ces nombreux déplacements dont l’un ne coûte pas moins de 200.000 millions de francs CFA (300.000 €), Catherine SAMBA-PANZA peut-t-elle nous dire d’où sort cet argent au moment crucial où l’Etat se trouve dans le besoin pour financer les médicaments dans les hôpitaux et faire face à d’autres dépenses pour secourir le peuple, compte tenu de la catastrophe humanitaire grandissante ? Ces voyages organisés sur sa propre initiative sont-ils les priorités de la transition ? Quelles sont les retombés de ces multiples voyages, surtout lorsque de passage à Brazzaville elle a déclaré vouloir « donner un symbole fort à la transition ? » et à Ndjamena où elle a pris sur elle le lourd engagement de ramener en Centrafrique tous les Tchadiens exfiltrés du pays par Idriss DEBY ITNO et sa soldatesque ?

A ce jour, sur les rentrées financières de l’Etat, combien a-t-elle déjà dépensé pour son luxe, ses multiples voyages d’agrément et pour son propre compte ? Combien a-t-elle déjà dépensé en faveur des populations meurtries, déplacées ou exilées ? Combien de médicaments a-t-elle déjà acheté pour soulager les souffrances des personnes blessées ou malades ? Peut-elle nous faire la lumière sur ces points lors de son prochain bilan des 60 ou 100 jours de transition ?

  1. Catherine SAMBA-PANZA, une femme insensible au cœur de pierre ?

Quel est son ressentiment à chaque fois qu’elle côtoie au départ et à l’arrivée les camps des déplacés de l’aéroport Bangui M’Poko où sont entassés des centaines de milliers de centrafricains abandonnés à eux-mêmes et à la merci des intempéries ? Est-elle vraiment une mère ou une louve dans la bergerie ? Est-ce que ses paires de lunettes sont-elles devenues des œillères pour l’empêcher d’avoir un champ de vision assez large pour regarder cet échantillon de centrafricains en détresse ? Pourquoi résiste-t-elle devant ces atrocités, même si la RCA n’est que son pays d’adoption ?

  1. La gestion de la transition par Catherine SAMBA-PANZA est-elle consensuelle ?

Dans une déclaration qu’elle a faite le 26 mars dernier, Catherine SAMBA-PANZA a affirmé que son « ambition est de conduire la Transition de manière consensuelle et inclusive, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel à l’issue des élections libres et transparentes ». Cette déclaration cadre-t-elle avec la réalité de la gestion que mène à ce jour son auteur ?

En réalité, entre la parole et l’acte, il existe un grand fossé. Les propos tenus par SAMBA-PANZA ne sont qu’un tissu de mensonge. Il n’y a jamais eu de consensus ni de gestion inclusive et elle n’a jamais cherché à entrer dans le cadre de référence nationale et, à plus forte raison, à accorder du respect et de la priorité aux aspirations populaires, exprimées par le peuple en détresse. Le consensus et la gestion inclusive de l’Etat n’implique pas le tribalisme, la copinerie, l’ostracisme, la cupidité, l’exclusion et la médiocrité.

Jamais autour de la table, elle n’a daigné réunir et mobiliser les acteurs de la crise, les forces vives de la nation, les vraies compétences nationales, le clergé pour trouver une sortie honorable de la crise. Ce dernier qui bien qu’apolitique, supplée d’Etat devant l’incapacité notoire des autorités de la transition, n’hésite pas à lui cracher la vérité en face. Et pour s’en passer, elle lui tourne volontairement le dos. C’est une honte grossière que d’affirmer qu’elle a associé dans son gouvernement les représentants des groupes armés, alors que ceux nommés ont été simplement cooptés par elle, sur induction du tristement célèbre Jean-Jacques MAFOUTAPA alias DEMAFOUTH et son demi-frère Michel KOYT, le petit fils du Sultan SENOUSSI. La stratégie consiste à diviser pour mieux régner. Malheureusement elle n’a pas permis de connaître un début de solution.

  1. Les tentatives de Catherine SAMBA-PANZA pour faire durer la transition

A en croire son attitude et ses agissements fantasmagoriques, Catherine SAMBA-PANZA et ses sbires de l’ombre pensent allègrement qu’ils pourront habilement utiliser des manœuvres fines pour faire durer la transition, le temps nécessaire pour leur enrichissement, occuper le terrain par des nominations toutes azimuts acquises à leur cause, se présenter aux élections présidentielles et solliciter le suffrage du peuple martyrisé, leur victime.

Des informations de sources autorisées en ma possession corroborent déjà des préparatifs en sourdine pour organiser des marches de soutien afin de simuler à son profit une réclamation populaire de sa candidature aux futures élections présidentielles. Et pour cela, de gros moyens financiers sont mis à disposition pour acheter les consciences, mobiliser et faire défiler les centrafricains. Ce qu’il faut tout de suite relever, c’est que la MISS SELEKA est un cheval non partant de la course aux présidentielles. Elle est d’office exclue de cette compétition, en vertu de l’article 106 de la Charte constitutionnelle du 18 juillet 2013 aux termes duquel : « Le Chef de l’Etat de la transition, le premier Ministre de la transition, les membres du Gouvernement de la transition et les membres du bureau du Conseil National de Transition sont inéligibles aux élections présidentielles et législatives organisée à l’issue de la transition ». Ce texte de portée générale s’applique aussi strictement à toutes les personnalités nommées Ministres ou ayant rang et prérogatives de Ministre et faisant office de conseillers à la présidence et à la primature.

  1. Catherine SAMBA-PANZA a-t-elle une vision pour la sortie de crise?

Tout d’abord, il convient de noter que jusqu’à ce jour, Catherine SAMBA-PANZA qui est dépourvue de capital et de volonté politique n’affiche aucune vision claire de la transition. Elle feint de faire de la sécurité son cheval de bataille mais sans contenu et sans détail précis. A la moindre incartade elle avance : « je vais donner les instructions pour vous tuer » ; « je vais vous désarmer » ; « j’ai hérité d’un pays frappé par le chaos ». Un aveu d’impuissance et d’incompétence.

Sa grande préoccupation consiste à faire la course aux nominations, à voyager aux frais du prince et à veiller sur la gestion physique des recettes douanières, grâce à sa commère Rachel NGAKOLA, une Gbanziri qu’elle a placé directrice générale des douanes. Cette dernière, concubine de MAHAMAT KAMOUN, Ministre d’Etat à la présidence de la transition, lui apporte chaque soir à sa résidence, le butin fiscalo-douanier collecté dans la journée, constitué d’espèces sonnantes et trébuchantes et considéré comme des fonds secrets, qu’elle empoche directement.

Sur ce point, depuis la sécurisation du corridor Douala-Bangui par SANGARIS et la MISCA, l’Etat enregistre régulièrement des rentrées fiscalo-douanières, grâce aux importations. Seulement aucun éclairage n’est fait sur ces rentrées dont la gestion demeure opaque. Catherine SAMBA-PANZA passe le plus clair de son temps à tendre continuellement les mains pour régler mêmes les problèmes les plus infimes du pays. C’est dire que le butin est réservé pour être partagé entre elle et sa clique de vautours.  

Je me pose la question de savoir quel rôle joue alors le Trésor public ? Que font les autorités monétaires de la Banque centrale devant ce circuit parallèle qui met en péril toute l’économie et la politique de bancarisation des recettes publiques qui avait déjà commencé à produire ses effets positifs ? Catherine SAMBA-PANZA est-elle en train de nous créer un nouveau circuit monétaire étatique à l’instar de son maître le grand gourou Enoch DERANT LAKOUE, le maestro du gouvernement de transition, qui en son temps avait créé sa planche à billet et tenté en vain de l’introduire dans le circuit monétaire? Où sont partis les agents du contrôle des finances publiques ? Où est parti Chantal Gabriel Jean Edouard KOYAMBOUNOU ce douanier nommé Inspecteur général d’Etat ?

De plus, la « MISS SELEKA 2014 » n’a pris depuis lors aucune initiative tendant à la mobilisation des forces vives autour de l’épineuse question de paix, de sécurité et de retour à l’ordre constitutionnel. Agissant comme une marionnette, Catherine SAMBA-PANZA n’a fait que traduire dans les actes les pulsions diaboliques de Jean-Jacques MAFOUTAPA alias DEMAFOUTH et Michel KOYT, en demandant à l’ONU la levée de l’embargo sur les armes à destination de la RCA et le réarmement des Forces Armées centrafricaines, sous le prétexte fallacieux de les impliquer dans le processus du rétablissement de la sécurité. La triste réalité est que Jean-Jacques MAFOUTAPA qui a réussi à positionner au plus haut sommet de la hiérarchie militaire ses hommes de mains et tueurs à gage, est en train de manœuvrer habilement pour obtenir des armes et réaliser ses basses besognes par la liquidation physique de toute personne hostile à ses ambitions politiques et l’épuration ethnique d’une partie de l’Armée nationale.

Enfin, devant l’incompétence, l’inaction et le manque de volonté de Catherine SAMBA-PANZA, la communauté internationale excédée, ne cache plus son indignation. Le Ministre français de la Défense Jean-Yves Le DRIAN a appelé dimanche celle-ci, dans une interview à l’hebdomadaire Jeune Afrique, à prendre « des initiatives pour la réconciliation nationale », ce qu’elle n’a jamais voulu faire. « Il faut ouvrir le processus politique. Et ça, c’est la responsabilité de Mme Catherine SAMBA-PANZA ». « Je n’ai pas à m’immiscer dans la politique d’un gouvernement, quel qu’il soit, mais je dis qu’il y a des initiatives à prendre pour mener à la réconciliation et à la paix civile ». « Elle doit faire un geste et cela doit se faire en bonne intelligence avec les chefs d’État voisins, qui n’ont aucun intérêt à ce qu’il y ait une partition du Centrafrique », insiste-t-il.

Il est bien beau de rappeler à SAMBA-PANZA ses obligations. Seulement l’incohérence et le manquement de la communauté internationale, plus particulièrement celle de la France, qui connait mieux les racines du mal centrafricain, résident dans la lenteur et le refus parfois délibéré de prendre à bras le corps et en considération les aspirations légitimes du peuple centrafricain, lorsqu’il est question de décider de son sort. La crise actuelle aurait connu un début de règlement fort longtemps, si et seulement si le peuple était écouté. Malheureusement beaucoup de temps ont été perdus inutilement et de nombreuses victimes ont été faites. Il est donc temps que les décideurs de cette crise comprennent que les centrafricains ont besoin de la paix et d’une paix véritable.

Pour cela, il leur faut désormais laisser la latitude de se prononcer eux-mêmes sur leur devenir, de choisir en toute liberté leurs dirigeants au lieu de toujours leur en imposer. Et j’ose espérer que pour les élections à venir, les centrafricains seront libres devant leurs conscience et responsabilité pour décider eux-mêmes de leur sort, sans influence extérieure. En vérité, la crise qui frappe le pays a sa cause profonde dans la personne et l’incapacité des personnes appelées à présider à sa destinée, dont les 99% depuis les indépendances sont dépourvus de capital et de vision politique. A l’instar d’autres pays d’Afrique, la RCA est l’un des rares à ne pas bénéficier de ce privilège, depuis le décès tragique de Barthelemy BOGANDA, son président fondateur.

Pour Catherine SAMBA-PANZA, la résolution de la crise centrafricaine passe par deux poids deux mesures : faire la guerre aux anti-balaka et assurer par tout moyen la protection des rebelles de la SELEKA qui l’ont porté au pouvoir. Pour preuve, depuis sa désignation aucune action de poursuite judiciaire n’a été engagée envers Michel DJOTODJA, sa bande et toutes les figures de proue de la SELEKA. Il en va de même pour les personnes déplacées ou abandonnées à leur triste sort et qui n’ont jamais reçu la visite de Catherine SAMBA-PANZA, du moins pour les consoler.

Aujourd’hui, les Centrafricains doivent comprendre que Catherine SAMBA-PANZA a choisi ouvertement son camp, celui de protéger vaille que vaille DJOTODJA, TIANGAYE, ZIGUELE, MBOLIGOUMBA et la SELEKA au détriment de toutes les atrocités et souffrances endurées. Alors, l’on comprend aisément pourquoi les criminels de la SELEKA n’entendent pas baisser les bras quant à la mise en œuvre de leur projet égoïste de partition du pays. Les derniers événements de DEKOA, de BRIA, de BANGASSOU en disent long et ni SAMBA-PANZA, ni son premier Ministre, ni son Gouvernement, pis encore le vieux jeune NGUENDET du haut de ses 43 ans et les ripoux conseillers du CNT n’osent dénoncer et condamner ces massacres.

Par ailleurs, si François BOZIZE doit répondre de ses actes pourquoi alors se refuser délibérément de poursuivre DJOTODJA et ses acolytes, eux qui ont mis le pays en coupe réglée ? Et pourtant les atrocités de la SELEKA sont les plus pires que la RCA ait jamais connues depuis son indépendance à ce jour.

L’incompétence, l’irresponsabilité, la mauvaise foi ainsi que la partialité criante, grotesque et monumentale de Catherine SAMBA-PANZA dans la gestion de cette transition est limpide comme l’eau de roche et n’est plus à démontrer. De ce qui suit, pourrait-elle encore se considérer comme « une mère » ? Quoiqu’il en soit, ce qu’elle se refuse de faire aujourd’hui, sera réalisé, après son départ éhonté, au lendemain des élections. Car, c’est l’unique moyen de panser les plaies, d’apporter la paix au cœur des centrafricains meurtris et de déboucher sur une réconciliation nationale véritable.

  1. Décidemment Catherine SAMBA-PANZA ne connaît pas son rôle

En mal de feuille de route et de compréhension de ce qu’implique une transition politique et sa gestion, Catherine SAMBA-PANZA navigue à vue. Elle se fait conduire et porter maladroitement au gré du vent et tente de tirer négativement sur tout ce qui bouge à son corps défendant. Sa vraie mission devrait consister à :

-          prendre langue avec toutes les forces vives de la nation pour jeter les bases d’une réconciliation véritable et durable pour la paix en Centrafrique ;

-          négocier un cessez-le-feu ;

-          rétablir la sécurité au moins à Bangui et progressivement sur toute l’étendue du territoire ;

-          déterminer le chronogramme électoral ;

-          organiser le retour des déplacés et de tous les exilés ;

-          favoriser l’acheminement de l’aide humanitaire ;

-          procéder au recensement général de la population ;

-          organiser le référendum constitutionnel ;

-          organiser exclusivement les élections présidentielles et laisser les soins des législatives au nouveau pouvoir qui sera démocratique élu ;

-          passer le pouvoir pour le redémarrage du pays au nouveau président démocratiquement élu.

Au lieu de traduire en acte ces priorités qui sont les termes de référence de sa mission en tant que présidente de la transition et qui restent et demeurent la condition sine qua non du retour définitif à la paix, Catherine SAMBA-PANZA s’emploie activement à prendre contact avec le milieu des affaires en vue d’organiser une mafia pour ses propres intérêts. C’est ainsi que lors de son dernier passage à Paris elle a rencontré en cachette certains responsables du groupe TOTAL et AREVA. Quel investisseur sérieux acceptera-t-il de venir investir en RCA sachant pertinemment que le pays est plongé dans une insécurité généralisée ? A-t-elle reçu de la transition un mandat pour développer l’économie du pays et signer des contrats miniers? Pense-t-elle que c’est dans les 9 mois restant pour la fin de la transition qu’elle pourra signer et valoriser des contrats miniers ? Serait-elle déjà en train de rechercher des financements occultes et faire son lobbying pour les prochaines élections présidentielles pour lesquelles elle est non partante et disqualifiée d’office?

  1. La tentative de maraboutage. Une gouvernance avec les forces occultes de Kaolack (Sénégal)

Catherine SAMBA-PANZA croit dompter le peuple centrafricain en lui inoculant un opium mystique pour être bien vue et apprécier par le peuple malgré son indifférence sur les préoccupations chères de ce peuple. Peut-elle rendre compte fidèlement au peuple et dans les détails de cette mission secrète qu’elle avait dépêché le février 2014 auprès des marabouts et géomanciens sénégalais à Kaolack ? S’agissait-il d’une mission d’Etat ? Pense-t-elle que ces potions maléfiques et mystiques peuvent-elles avoir des effets d’hypnose, dormant et soporifique sur tout un peuple ?

Pour l’information populaire, cette mission baptisée à tort « mission de paix » était conduite par Nicaise KARNOU, un des mafieux du CNT, président de la commission équipement et communication et était reçu par El hadj CHEIK Ahmed Tidiane, Ibrahim NIASS, Khalife de CHEIK Al Islam à Médina Mbaye à Kaolack. Quelle est l’importance de cette mission ? Qu’a-t-elle produit sur la crise en RCA ?

  1. Catherine SAMBA-PANZA et les avantages démesurés du pouvoir

Précédemment, j’avais signalé une prise de 35.000 € (23.000.000 FCFA) faite par les douaniers français à l’aéroport de Roissy Charles DEGAULLE sur Stéphane SAPO, fils du premier lit de Catherine SAMBA-PANZA, qu’elle cherche à faire nommer Directeur national de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC). Celui-ci, dans son extravagance de nouveau riche depuis la désignation de sa mère comme MISS SELEKA, présidente de la transition, écume les boîtes de nuit d’Orléans (France), où il est connu en bon payeur et fait couler à flot le Whisky par magnum (bouteille de 5 litres) et les bouteilles de champagne.

Très récemment, après avoir, à ses frais, inviter à diner dans un restaurant plus de 70 convives, il les a tous conduit dans une boite de nuit où à la sortie chacun était reparti joyeux avec les restes des magnums. Comme une trainée de poudre, cette nouvelle blessante s’est répandue dans toute la France. Alors, Stéphane SAPO est-il devenu un feu-men (faussaire)? Ou bien serait-il en train de profiter des fonds qui lui ont été envoyés ou remis par sa mère de présidente ? Comment Stéphane SAPO est-il devenu par un tour de bâton magique un « Jet-Septeur » (un nouveau riche de la nuit) ? Seulement en deux mois de transition SAMBA-PANZA est-elle déjà milliardaire ? D’où provient cet argent pour un pays exsangue comme la RCA ?

Décidemment, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Catherine SAMBA-PANZA n’a pas d’empathie pour le peuple centrafricain. Elle ne roule que pour elle, sa famille, ses enfants, ses cousins, ses copines, ses amants, les ressortissants Gbanziri de l’ethnie de sa mère, ses acolytes et complices de la SELEKA.

En définitive, l’épineux problème du mauvais fonctionnement de la transition réside dans l’incompétence et la mauvaise volonté de ses acteurs principaux qui privilégient leurs intérêts personnels au détriment des intérêts collectifs. S’il est vrai que la transition marque le pas, elle ne pourra l’être indéfiniment car, le jour arrivera où ceux qui bâillonnent le peuple répondront de leurs actes.

Fait à Paris le 13 avril 2014

Dr Boniface POULOTO


14/04/2014
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