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Centrafrique : près de 30 tués dans des affrontements en province

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[ Mise à jour| 05/05/2014 21:15:58 ]- Près de 30 personnes ont été tuées et une dizaine blessées en Centrafrique dans des affrontements en cours depuis jeudi autour de la localité de Mala (200 km au nord-est de Bangui), opposant des combattants Séléka à des miliciens anti-balaka.


«Les informations en notre possession font état de violents affrontements en cours depuis jeudi dans la région de Mala entre anti-balaka et ex-Séléka.

On déplore près d'une trentaine de morts, pour la plupart des civils, et plus d'une dizaine de blessés. Des centaines de personnes sont obligées de fuir en brousse», a déclaré sous couvert d'anonymat un officier de la force africaine en Centrafrique (Misca).


D'autres ont trouvé refuge dans des localités voisines, selon la même source. Selon des habitants de Mala joints au téléphone depuis Bangui, le centre de la localité est désormais occupé par des combattants Séléka qui se livrent à des exactions contre les civils. «Ils tuent, pillent, volent et violent impunément. Il n'y a personne pour protéger la population contre leurs exactions. Même l'église catholique de Mala a été saccagée, et ceux qui s'y étaient réfugiés ont essuyé des tirs et été obligés de fuir», a raconté l'un d'eux, ajoutant qu'il avait fui la localité.


75 tués en dix jours


En dépit de la présence de forces internationales qui seront relayées en septembre par des Casques bleus, les violences restent quotidiennes en Centrafrique où la population et les organisations humanitaires sont la cible d'attaques de groupes armés, ex-Séléka à dominante musulmane ou anti-balaka majoritairement chrétiens. Selon une source dans les rangs la Force africaine en Centrafrique (Misca) sous couvert d'anonymat, il y aurait eu au moins 75 tués en 10 jours dans le nord-ouest du pays, dans les attaques de plusieurs villages attribuées à l'ex-rébellion Séléka et à des Peuls armés. Un premier bilan avait fait état samedi d'une vingtaine de morts dans les environs de Markounda, auxquels sont venus s'ajouter 55 tués près de Paoua, à une cinquantaine de kilomètres.


Une source religieuse à Paoua, jointe au téléphone par l'AFP, a confirmé ces tueries.«C'est un bilan qui pourrait s'alourdir. Les atrocités commises par ces hommes armés sont indescriptibles», a-t-elle affirmé sous couvert d'anonymat. Les combattants de l'ex-rébellion Séléka, qui avaient pris le pouvoir en mars 2013, ont été mis en déroute après le départ forcé de leur chef, Michel Djotodia, de la présidence centrafricaine en janvier 2014. Chassés de Bangui, livrés à eux-mêmes, ils sont désormais régulièrement accusés de graves exactions en province.

«Quand ils attaquent un village, ils défoncent les portes, tirent sur les occupants et mettent le feu. Certaines personnes blessées et sans secours périssent ainsi brûlées vives, tandis que des corps des personnes déjà mortes sont aussi calcinés», avait expliqué samedi par téléphone Isaac Yétina, un habitant de Markounda en fuite, affirmant avoir vu les assaillant «jeter des enfants vivants dans le feu».


Médecin sans frontières pris à partie


Médecins sans frontières (MSF) a ainsi annoncé lundi qu'elle allait réduire temporairement ses activités en Centrafrique après l'attaque fin avril d'un hôpital du nord-ouest du pays. «MSF a décidé de limiter, en signe de protestation et pendant une semaine, ses activités médicales en RCA et dans les pays limitrophes au seul maintien de ses services d'urgence», indique un communiqué de l'ONG.


L'organisation humanitaire explique avoir pris cette décision suite à l'attaque le 26 avril de l'hôpital de la ville de Boguila (450 km au nord de Bangui), où 22 personnes dont 3 membres de son personnel humanitaire ont été tuées.

 

 ©AFP



05/05/2014

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