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Centrafrique : nouvelle journée de violences, la Séléka appelle à la démission de Samba-Panza

 [La rédaction|Mis à jour| vendredi 10 octobre 2014 ]

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La situation a été particulièrement tendue jeudi à Bangui. Des détonations ont résonné dans plusieurs quartiers alors que de nombreuses barricades étaient dressées.

Les violences qui secouent Bangui depuis mardi soir ont fait au moins sept morts, dont deux tués dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 octobre, selon la force de l'ONU, la Minusca. Au moins cinq personnes avaient été tuées et plusieurs blessées dans des violences intercommunautaires survenues mardi et mercredi.

Un motard musulman a attaqué des passants à la grenade en pleine rue, tandis qu'au quartier KM5, un jeune conducteur de taxi a été tué par des hommes armés, également musulmans, qui ont incendié des dizaines de maisons, selon une source onusienne.

En réaction, des barricades ont été érigées par des individus se réclamant des anti-balaka sur certaines grandes avenues du centre-ville et dans les quartiers nord, leur fief. "Nous sommes sur le terrain, et c'est un peu tout le monde qui tire", indiquait jeudi matin une source de la gendarmerie locale. Le calme n'était pas revenu dans l'après-midi.

 

La Croix-Rouge centrafricaine a parallèlement fait savoir que ses personnels avaient été la cible de menaces ouvertes et directes, dues à une mauvaise perception de ses activités de récupération des corps des victimes par une partie de la population, qui a ainsi bloqué son action. "Elle se déclare encore extrêmement préoccupée par ces menaces, qui l'empêchent de mener ses activités de secours. De ce fait, de nombreuses victimes se retrouvent abandonnées à leur sort dans les quartiers de la capitale", déplore-t-elle.

"Les menaces doivent cesser. Nous demandons à la population de faciliter le travail des volontaires de la Croix-Rouge", a insisté dans un communiqué Jean-François Sangsue, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans la capitale centrafricaine. "Si ces menaces continuent, nous serons obligés de cesser toute activité de secours, laissant ainsi de nombreuses victimes livrées à elles-mêmes", a-t-il conclu.

Pour ajouter au chaos ambiant, l'état-major de l'ex-Séléka a emboité le pas des anti-balaka et ont demandé la démission de la présidente de transition centrafricaine Catherine Samba-Panza, alors que de nouvelles violences intercommunautaires ont fait au moins sept morts depuis mardi à Bangui.

"L'état-major des forces républicaines ex-Séléka demande purement et simplement que la présidente de transition et son gouvernement démissionnent de leurs fonctions", a déclaré à  Younous Ngardia, conseiller à l'état-major de l'ancienne rébellion.

"L'état-major de l'ex-Séléka a été surpris mercredi par la visite de cinq membres du gouvernement venus transmettre le message de la présidente de la République dans lequel elle exige le départ de l'ex-Séléka de Bambari, une ville du centre du pays où des affrontements intercommunautaires ont fait au moins 25 morts la semaine dernière", a-t-il précisé.

La coordination des anti-balaka avait également demandé au début de la semaine la démission de Samba-Panza, pour d'autres raisons.

 

©JA|AFP



10/10/2014

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