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Centrafrique : Une révolution centrafricaine se prépare en Afrique du Sud.

Depuis quelques semaines,  plusieurs Centrafricains font le déplacement d’Afrique du Sud, activistes, militaires, syndicalistes, religieux (animistes, musulmans, catholiques, baptistes, kimbanguistes, célestes, etc.), découvrent le pays de Mandela afin de s’inspirer du fonctionnement de la démocratie à la Sud-africaine et de s’approprier du concept cher à Madiba, celui de la Renaissance africaine, à l’initiative du mouvement « Révolution KITÉ » et de Bida KOYAGBÉLÉ, leader de  l’Association des Paysans Centrafricains (APC), exilé en Afrique du Sud, à la faveur de la Crise Séléka.

[Par Henri Grothe|Mis à jour|01/07/14]

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Bida KOYAGBÉLÉ

 

Avec  le déferlement de la Séléka, l’APC n’a pu pérenniser son programme paysan, à l’instar de BOLÉMBA (LOBAYE), KITRI (KÉMO), TAMBIA et GBOKOLOBO (OUAKA) où des puits et/ou des écoles ont été construites, dans ces villages reculés abandonnés par les pouvoirs publics. Les initiatives de développement villageois de l’APC étaient donc stoppées net.

Depuis décembre 2012, le territoire étant livré aux razzias Séléka, par leurs actions terroristes et criminelles, la Séléka a commis des  crimes de guerre. Des massacres des populations, des actes de tortures, de viols en réunion ou isolés ont été constatés. Des villages, des archives administratives, des lieux de culte non-musulmans, des écoles, des greniers et cases ont aussi été saccagés et brulés.

La situation s’empirant, en dépit des forces étrangères venues officiellement pour la stabilisation du territoire et la paix, le pays subissant une partition de fait et la Séléka se réorganisant, avec le soutien de Sangaris et de la Présidence centrafricaine de Transition, sous la houlette de Bida KOYAGBÉLÉ, le mouvement «Révolution KITÉ » a décidé de s’engager davantage politiquement.

Alertés par des Services de renseignement Tchadiens et Français, qui s’inquiètent « de mouvements d’individus non-identifiés, habillés en tenue militaire dans la région de BAYANGA, en provenance du Cameroun », les autorités Centrafricains de Transition ont envoyé une Brigade d’Intervention dans cette partie du Sud/Ouest de la Centrafrique.

Selon une indiscrétion de la DGSE, à Pretoria, en Afrique du Sud,  «  on sait que Bida KOYAGBÉLÉ prépare quelque chose, mais nous veillons au grain ». Pour les Français, Bida KOYAGBÉLÉ qui avait acquis une palmeraie de 5.000 ha, en RD-CONGO, « logerait près de 3.000 Centrafricains refugiés, de l’autre côté du fleuve Oubangui », à quelques encablures de la base militaire Sud-Africaine de GEMENA (RD-CONGO). Mais, en fait « de paysans réfugiés à Gemena, comme le laisserait entendre Bida KOYAGBÉLÉ, nous pensons  que ces  derniers seraient plutôt de militaires, Forces Armées Centrafricaines (Faca), dont nombreux seraient formés par l’Afrique du Sud sous le président François BOZIZÉ ».

De nos investigations, jouissant de plus en plus de soutiens, politique et diplomatique, Bida KOYAGBÉLÉ, qui se définit comme Panafricaniste et Écologiste, mobilise de plus en plus en milieu rural centrafricain où des idées révolutionnaires gagneraient du terrain et les rangs des FACA, distillées par « Révolution KITÉ », avec pour objectif principal la neutralisation de la Séléka, en surfant sur un sentiment anti-français très bien accepté et partagé par les Centrafricains de toutes confessions. Séduits par cette approche, plusieurs religieux lui apporteraient leur soutien.

Serions-nous dans un cadre approprié au déclenchement d’une révolution sous-tendue par une réappropriation de la théologie de la Libération ?

Autre constat, de Johannesburg, depuis une dizaine de jours, des officiers FACA auraient fait le périple de Pretoria, tout comme des personnalités politiques. 

Sur la question des voies et moyens à expérimenter, pour des solutions à la Crise Centrafricaine, Bida KOYAGBÉLÉ est opposé à toutes formes de dialogue avec la Séléka. Il estime qu’il ne faut pas dialoguer avec des terroristes, qui de surcroit, ne veulent pas entendre raison. Selon le leader du mouvement « Révolution KITÉ », « la Séléka prend en otage la communauté musulmane. Il serait bienvenu de réconcilier les Centrafricains entre eux, en prônant une réconciliation entre eux, citoyens, leaders religieux et  politiques. Ceci dans le but incontesté de neutraliser la Séléka et tous les vecteurs de déstabilisation de la Centrafrique.

Proche de l’ANC, qui  apprécierait  ses idées révolutionnaires et progressistes, Bida KOYAGBÉLÉ y compte de solides amitiés depuis les années 90, à Paris, dans la lutte contre l’Apartheid. Il réside en Afrique du Sud, en étant aux petits soins du Président Jacob ZUMA.

Depuis Addis-Abeba, renforcées par les constats de Johannesburg et Pretoria, en Afrique du Sud, convaincu que le «Soleil se lève à l’Est », l’Histoire de la Centrafrique s’écrit aussi désormais à Pretoria. Les Centrafricains doivent s’attendre à vivre de nouvelles surprises dans les mois et années à venir.

Pour un Adjudant des Forces Armées Centrafricaines (FACA), refugié en Afrique du Sud, « la révolution est en cours. Il est de notre intérêt de prendre le contrôle de la situation d’ici le déploiement de la Minusca, annoncée pour fin septembre 2014».

Á l’heure où on parle de dialogue, un peu partout, des Anti-Balakas à la CEEAC, en passant par les autorités de la Transition centrafricaine, qui sont depuis à l’œuvre, ne devrions-nous pas donner une chance à la paix, fut-elle minimale malgré les ambitions terroristes de la Séléka ?

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Henri GROTHE

Réseau Citoyenneté Actions, Pretoria.



01/07/2014

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