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Centrafrique: La justice inopérante - L'expression de l'échec de la transition

  [La rédaction|Mis à jour| jeudi 25 septembre 2014 ]

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Bangui dispose toujours d'un secteur judiciaire, certes. Mais, en réalité, les juges centrafricains vivent dans la crainte permanente de représailles. Constamment, sous la menace des groupes armés qui ont pris le dessus partout dans le pays, magistrats et auxiliaires de justice ne peuvent faire leur devoir. Très difficile aux juges de s'en prendre à eux.

La justice constitue le pivot de la démocratie

Au parquet, certains magistrats admettent même que faute de protection, pendant très longtemps, les dossiers de flagrant délit impliquant des groupes armés ont soigneusement été mis de côté. Or, sans justice, il n'y a pas de vie en société.

En Afrique où l'on tend même de manière bancale, à construire des Etats de droit modernes, sans conteste, la justice constitue le pivot de la démocratie.

C'est pourquoi l'acte que les magistrats posent chaque jour, est en soi un symbole fort. Malheureusement, « le juge centrafricain travaille la peur au ventre », d'après le président du syndicat des magistrats.

Certes, quelques éléments de la Minusca gardent les lieux au palais de justice. Reste qu'en dehors de ce milieu, les conditions de sécurité sont déplorables. Que la justice ne soit pas à la hauteur des attentes, ou qu'elle devienne impartiale, soit ! Mais qu'elle cesse d'exister, cela est très grave. Dans tous les cas, on ne saurait s'en passer.

Or, c'est un fait aujourd'hui, qu'en RCA, l'impunité a la peau dure. Les magistrats centrafricains qui ne sont pas des « djihadistes », ont le tort de vivre dans une société où, actuellement, agir dans un sens plutôt que dans l'autre, les plonge inévitablement dans l'incertitude.

Or, c'est avec la justice qu'on met fin à l'insécurité. Il faut donc encourager les magistrats à poursuivre l'œuvre chaque jour accomplie. Il faut surtout éviter de les excéder, de les pousser à la démission. Dans un tel cas, l'impunité irait s'aggravant.

Mais, le citoyen lambda ne peut non plus vivre dans l'insécurité pendant que les magistrats baignent dans la sécurité absolue. La situation nationale, c'est aussi l'affaire de tout le monde. C'est aussi pourquoi, en attendant l'Etat nouveau, la transition doit jouer sa partition.

Car, si la Justice est en panne, la preuve serait encore faite que la transition est mal en point. Etant donné l'importance de la justice, que peut et doit donc faire l'autorité actuelle ?

En tout cas, l'on semble avoir choisi d'intensifier les efforts, de prendre les dispositions qui s'imposent, avec le précieux concours de la communauté internationale et des partenaires intéressés.

C'est ainsi qu'à Bangui, des mesures temporaires d'urgence ont été envisagées avec l'aide des Nations unies. Pour pallier les carences actuelles, et afin que justice puisse être rendue aux justiciables centrafricains. Ces mesures résultent d'un accord entre la mission onusienne, la Minusca, et les autorités gouvernementales centrafricaines.

 

 ©Le Pays



25/09/2014

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