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Centrafrique: L'impasse

 [Par Lyès Menaceur|Mis à jour| 24 Juillet 2014]

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Selon des négociateurs, l'accord devant être signé en fin de journée d'hier prévoit le regroupement de tous les combattants des groupes signataires dans un délai de 45 jours en vue de leur démobilisation, et le retour dans leur pays des miliciens étrangers

Les négociations de paix en Centrafrique, qui se tiennent depuis lundi dernier à Brazzaville (République du Congo), sont dans une impasse depuis mardi, après la défection des représentants de la coalition Séléka, à leur tête Mohamed Moussa Dhaffane, numéro trois de l'ex-rébellion et chef de la délégation pour ces négociations.

Menée sous la médiation internationale de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (Ceeac), cette tentative de réconciliation inter-centrafricaine risque de connaître le même sort que les précédentes médiations. Pour raison, l'entêtement des ex-Séléka à obtenir la partition de la République de la Centrafrique en deux parties : le nord musulman et le sud chrétien. Ce qui est considéré comme une folie et une demande injustifiable par de nombreux politiques de ce pays où les deux communautés vivaient en paix depuis toujours.

L'arrivée à Brazzaville, dans la nuit de mardi à hier de neuf chefs militaires de l'ex-rébellion, à la demande des autorités congolaises, n'a pas réussi à débloquer les négociations, devant aboutir hier à la conclusion d'un accord final entre les gouvernements de transition et les groupes armés, principalement les ex-Séléka et les anti-Balaka, qui continuent à s'affronter à Bangui et dans d'autres villes du pays. Des affrontements dont font les frais les populations civiles, aussi bien musulmanes que chrétiennes, car le conflit armé qui dure depuis le renversement, en mars 2013, de l'ancien président François Bozizé (en exil au Cameroun), s'est quasiment transformé en guerre confessionnelle.

Selon Cyriaque Gonda, député du Parlement de transition centrafricain, «le partage du pays évoqué par la Séléka est un chiffon rouge qui, dans ce genre de processus, sert d'élément de discussion, de menace, de surenchère». Le retrait des représentants de l'ex-Séléka est «une tactique pour se faire entendre et (...) pour avoir certaines places dans le nouveau cadre de transition qui sera défini», a estimé également Joachim Kokaté, délégué anti-balaka membre des institutions de transition centrafricaine.

Selon des négociateurs, l'accord devant être signé en fin de journée d'hier prévoit le regroupement de tous les combattants des groupes signataires dans un délai de 45 jours en vue de leur démobilisation, et le retour dans leur pays des miliciens étrangers. Pour rappel, M. Dhaffane avait déclaré à la veille de l'ouverture du Forum de réconciliation de Brazzaville, que l'ancienne rébellion chercherait à obtenir la partition de la Centrafrique.

Même si la Séléka ne serait pas en position de force pour obtenir ce qu'elle veut des médiateurs internationaux, le chef de sa délégation continuait à affirmer que sa déclaration était «sérieuse», selon Radio France International (RFI). Pour lui «Les musulmans n'étant tolérés qu'au nord du pays, il faudrait une séparation», a repris RFI. A ce rythme, les négociations de Brazzaville risquent d'aboutir aux mêmes résultats d'échec des précédentes tentatives des médiateurs africains et onusiens à faire taire les armes en Centrafrique.

 

©LaTribune



24/07/2014

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