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Centrafrique : "L'arrêt des combats entre ex-Séléka et anti-Balaka, bon augure pour la paix en RCA"

 [ Par  Sylvestre Krock |Mis à jour|20/08/2014 15:58 ]

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"L’idée de la partition est une idée refuge. Je considère qu’à termes, par l’engagement de chacun, on ira vers la solidarité nationale", a indiqué  Eric Massi.

L'état des lieux de la scène centrafricaine s'annonce de bon augure ces derniers temps, donnant à voir de quoi espérer un socle solide de la paix, a laissé entendre Eric Massi, Délégué aux relations extérieures de l’ex-Coalition Séléka.

Pour lui, l'arrêt des combats armés entre les ex-séléka et les anti-Balaka, à l'exception de quelques cas isolés s'annonce comme la pierre angulaire d'une amélioration significative de la situation sécuritaire.

Admettant que le récent accord de cessation des hostilités de Brazzaville ne peut être qu'une étape du processus de la paix en RCA, il croit dur comme fer que les fondements du rétablissement de la paix dans un pays tant déchiré par les conflits intercommunuataires, devraient avant tout passer aussi bien par le terrain, que par une reconnaissance des droits de la communauté musulmane, dans sa diversité. 

AA- Un calme précaire règne sur la scène centrafricaine ces derniers jours, considérez-vous que les préalables d'un retour définitif à la paix sont-là?

Eric Néris Massi (ENM) :  Personne ne viendra faire la paix en Centrafrique à notre place. C’est dans ce cadre que nous sommes allés à la rencontre des responsables anti-Balaka et que nous nous sommes assis autour d’une table à Brazzaville. Nous avons d’ailleurs préparé une déclaration conjointe qui contient plusieurs points, dont la lutte contre l'injustice, la poursuite des responsables des exactions qu'ils soient ex-séléaka ou  anti-balaka et la reconnaissance, chacun, de ses responsabilités.

L’Accord de Brazzaville, a été signé par la Séléka puis remis en question indirectement et à demi-mot. Pourquoi ?

On ne peut pas emmener tout le monde avec lui, du jour au lendeamin ! Il va falloir expliquer sur le terrain, convaincre, rassurer et rétablir la confiance. Parce que combien d’accords de cessation des hostilités que nous avons eus à signer et qui n’ont reçu aucune mise en œuvre sincère ? Les chefs ont pris les moyens et les hommes sont abandonnés et ce sont ces mêmes hommes qui sont sur le terrain, qui continuent toujours les mêmes combats. Aujourd’hui, ne serait ce qu'un exemple à vous donner, nous avons plus de 2 600 Séléka cantonnés dans trois camps à Bangui. Leurs prise en charge alimentaire et soins médicaux sont toujours sur la table. Nous espérons qu’avec la mise en œuvre de cet accord de cessation des hostilités, tous ces problèmes seront résolus définitivement, parce qu’aujourd’hui, ces éléments sont affamés.

AA : Mais, l’état-major a dénoncé l’accord de Brazzaville

ENM : Les éléments de l’ex-Coalition Séléka souhaitent, reconnaissons le, une solution qui leur permettra d’avoir un avenir en Centrafrique. Evidemment, l’accord n’est pas complet. C'est que les éléments de l’ex-Coalition Séléka souhaitent la paix, mais la paix qui leur rapporte quand même des garanties. Je ne peux pas dire que l’Accord de cessation des hostilités est tout simplement rejeté ; il faut que ce processus arrive à maturité, vous verrez que la cessation des hostilités va être  effective. La Séléka n’a pas ouvert les hostilités depuis Brazzaville jusqu’aujourd’hui. Même côté anti-balaka aussi, les responsables nous disent clairement ne pas ouvrir des hostilités et continuent d’appeler à la paix, c'est un bon augure. Mais, il y a certains éléments "incontrôlés", disent-ils.

AA : Le préalable susmentionné concernait la partition. Là-dessus, la Séléka est plus que divisée. Croyez-vous que la solution ultime de la crise centrafricaine actuelle demeure la partition du pays ?

ENM : J’ai considéré toujours que la partition est une fausse-bonne idée. Partant, ceux qui défendent l’idée de la partition sont ceux qui essaient de défendre les droits de la communauté musulmane. Ils estiment que si la partition était l’ultime solution politique, alors il faut la faire. Seulement, c’est bien à défaut d’une solution politique nationale qu’ils revendiquent cette partition. En fait, le choix de tous est de voir les droits de la communauté musulmane, dans sa diversité, d’ailleurs reconnue. Je considère qu’à termes, par l’engagement de chacun, on ira à la solidarité nationale.

AA :  Quelles sont vos attentes du nouveau gouvernement?

ENM : Qu'il rassure d’abord les acteurs du conflit et ensuite la communauté nationale, qu'il soit également en mesure de ramener rapidement la sécurité pour permettre à chacun de circuler librement, d’apaiser son esprit, de vaquer à ses occupations sans craindre les groupes armés.

 

©AA



21/08/2014

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