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RDC :Sur le point d'être expulsé, l'ex-milicien Mathieu Ngudjolo craint pour sa vie

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[ La rédaction |Mis à jour| 01/05/15]

Acquitté par la CPI après avoir été accusé de crimes contre l'humanité, l'ex-milicien congolais Mathieu Ngudjolo doit être expulsé vendredi 1er mai vers Kinshasa. Il craint des représailles du chef de l'État, Joseph Kabila, qu'il a dénoncé.

Acquitté en appel devant la cour pénale internationale (CPI) en février, l’ancien milicien congolais Mathieu Ngudjolo doit être expulsé, vendredi 1er mai, vers la République démocratique du Congo (RDC), son pays d’origine. Mais il estime que sa vie y sera en danger pour avoir dénoncé, devant la cour, le rôle du président Joseph Kabila dans les crimes commis en 2003 en Ituri, au nord-est de la RDC.

"Après l’acquittement, on doit demander l’avis de l’acquitté s’il doit rentrer dans son pays ou faire le choix d’un autre pays. On ne m’a jamais demandé mon avis. J’ai toujours refusé de rentrer car il y a un risque de persécution de la part du chef de l’État", confie Mathieu Ngudjolo à France 24, depuis sa cellule néerlandaise.

Accusation de Kabila comme ligne de défense

Le bureau du procureur accusait Mathieu Ngudjolo de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis lors de l’attaque de Bogoro, en Ituri, où 200 civils avaient été tués, le 24 février 2003. Ce dernier était à l'époque l'un des dirigeants de la milice du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), qui s'opposait à l'Union des patriotes congolais (UPC), soutenue successivement par l’Ouganda et le Rwanda.

Au cours du procès, Mathieu Ngudjolo a accusé l'actuel président congolais d’avoir lui-même planifié cette attaque. La défense a évoqué la création d'une instance appelée EMOI - État-major opérationnel intégré - réunissant l’armée congolaise et des milices, sous l’autorité du chef des armées, en l’occurence Joseph Kabila.

Pour preuve, les avocats de Ngudjolo avaient présenté au juge une lettre du conseiller spécial du président congolais sur les questions de sécurité, Guillaume Samba Kaputo, datant de 2002. Elle demandait au chef d'État-major de l'époque de renforcer les effectifs en vue d'attaquer des sites ciblés, dont Bogoro. Une ligne efficace : Mathieu Ngudjolo a été acquitté, faute de preuves.

Les Pays-Bas refusent l’asile

Après consultation avec les autorités congolaises, la CPI assure qu’il n’y a pas de risque de représailles contre Mathieu Ngudjolo, tout comme les autorités néerlandaises qui refusent d’accueillir l’ancien prévenu. Si la CPI siège aux Pays-bas, La Haye n’a aucune obligation d’offrir l’asile aux acquittés.

"La CPI n’a pas de territoire, donc il n'y a pas de territoire qu'elle puisse offrir à M. Ngudjolo. Il était poursuivi pour son implication supposée dans des crimes de guerre. Même s'il a été acquitté, protéger quelqu'un que l'on a soupçonné d'être un criminel n'est pas évident pour les Pays-Bas", explique Aaron Matta, chercheur au Hague Institue for Global Justice.

Les avocats de Mathieu Ngudjolo ont tenté tous les recours, jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme. En vain. Sauf retournement de dernière minute, le Congolais devrait embarquer pour un vol à destination de Kinshasa vendredi en fin de journée.

©France24



01/05/2015

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