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Centrafrique : LES PARTIS POLITIQUES ET LES GROUPES ARMES POUSSENT COMME DES CHAMPIGNONS EN RCA : A QUOI SERVENT-ILS ?

 [ Par  Denis Lougoussou-Ngouvenda |Mis à jour|5 septembre 2014 ]

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La République Centrafricaine, pays enclavé, très pauvre fait face de nos jours à la multiplication des partis politiques légalement reconnus par le ministère de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et de la Régionalisation dont monsieur Modibo Bachir Walidou à la charge. Un pays qui compte moins de quatre (4) millions d’habitants à l’heure actuelle car les conflits armés à répétition qui perdurent ont causé plusieurs morts. Le bilan en perte de vies humaines n’est pas encore élucidé puisque les morts se comptent par dizaine à longueur de journée. Les groupes armés (Anti-balaka, ex-Séléka et d’autres) sont entrés en scène. Leur nombre ne cesse de croitre. Récemment, un groupe de personnes lourdement armées ont attaqué la ville de Nana-Bakassa, située au nord de la RCA faisant cinq (5) morts. D’importants objets de valeur ont été emportés par ces malfrats. Les paisibles citoyens sans défense, apeurés se sont refugiés dans la brousse et d’autres ont pris le chemin d’exile vers Bossangoa, ville voisine.
Vu l’ampleur de la pluralité des partis politiques et des groupes armés, le Centrafricain ordinaire s’interroge de la manière suivante : A quoi servent-ils ? Quels sont les mobiles de leur création ? De leur multiplication ?
Il ne fait aucun doute que ces groupes armés et ces partis politiques qui pullulent en RCA ont un seul but commun : la recherche d’une place au soleil. En d’autre terme, un poste ministériel ou de responsabilité dans l’administration centrafricaine. Les intellectuels centrafricains, au lieu de se consacrer à la recherche des voies et solutions pour la paix, l’unité, la réconciliation nationale, le vivre ensemble, le retour des déplacés internes et externes, l’insécurité alimentaire et la récente maladie à virus Ebola qui menace de loin la RCA, se focalisent sur la création des partis politiques. Quelle façon de se comporter ? Seuls les humanitaires, les Organisations Non Gouvernementales (ONG) font de leur possible pour atténuer la souffrance des Centrafricains. Le gouvernement qui est resté, qui reste et qui restera sourd, passif aux cris de détresse, aux pleurs, aux agonies, aux lamentations de ses citoyens, continue et continuera à signer l’acte de naissance de ces partis politiques par le ministère de l’Administration du Territoire. D’autres n’ont même pas de siège, ni d’adhérents, encore moins un député à l’Assemblée Nationale lors des dernières élections législatives de 2011. Quelle honte ! Ceux qui se regroupent dans la plate-forme politique dénommée « Majorité présidentielle » n’ont que les mains pour applaudir les projets du gouvernement soumis au vote des élus du peuple, sans un réel débat démocratique. Ceux qui se sont regroupés dans l’opposition démocratique sont corrompus jusqu’aux os. Les pots de vin glissés ça et là par le gouvernement les rendent aveugles. Ils se détournent de la voie qu’ils ont eux-mêmes tracé abandonnant le peuple centrafricain tout entier sur sa faim.
Quant aux groupes armés, n’en parlons pas. Le seul président démocratiquement élu en 1993, feu Ange-Félix Patassé a payé les frais. Le mouvement dit « Sursaut patriotique », groupe armé dirigé par le président déchu François Bozizé-Yangouvonda, a balayé du revers de main Ange-Félix Patassé et s’est installé au pouvoir le 15 mars 2003. Un autre groupe armé piloté cette fois-ci par le président démissionnaire de la transition Michel Djotodia, sous l’appellation de la « Coalition Séléka » a mis fin au règne de François Bozizé le 24 mars 2013. D’autres groupes armés sont en gestation dans nos provinces. Ils installent leur quartier général dans les villes au vu et au su du gouvernement. Ils tuent, pillent, volent, rackettent les paisibles citoyens centrafricains. Ils ont instauré leur propre administration, et gèrent ces régions conquises à leur gré. L’autorité de l’Etat ne s’y exerce pas. Aucun effort n’est entrepris par le gouvernement pour reprendre les régions tombées entre les mains de ces seigneurs de guerre qui dictent et font leur loi. Les civils innocents paient le lourd tribut. Les Centrafricains qui orchestrent et qui téléguident de loin ces forces nuisibles ne sont pas inquiétés. Ils vivent à l’heure actuelle sous d’autres cieux ou dans des hôtels climatisés à Bangui et attendent que leur projet soit validé : être président, ministre pour les uns et être responsabilisé dans les hautes fonctions à la présidence ou à la primature pour les autres. Le Centrafricain lambda n’a que les yeux pour pleurer.
Les forces internationales (MISCA, Sangaris, Eufor-RCA) déployées pour sécuriser le pays et protéger la population civile sont débordées. Elles ne parviennent pas à mettre hors d’état de nuire ces groupes armés. De tout ce qui précède, nous appelons à la vigilance de tous les Centrafricains, d’où ils se trouvent. Car ces mêmes gens qui nous tuent, qui incendient nos maisons et nos villages trouveront des prétextes lors des échéances électorales pour nous gouverner.
Le ministère de l’Administration du Territoire doit préparer dans un futur proche, des lois interdisant les activités des partis politiques qui n’auront pas un représentant élu à l’Assemblée Nationale lors des élections législatives de février 2015. En agissant ainsi, il empêchera la création abusive des partis politiques et mettra fin aux aspirations des uns et des autres. La naissance des partis politiques et des groupes armés doivent s’arrêter et laisser le champ libre à la recherche de la paix, de l’unité et de la réconciliation nationale. Car ils sont des facteurs de division et non d’union.

 

©Centrafricmatin



05/09/2014

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