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RCA: le général Dhaffane rend visite aux ex-Séléka en colère

  [Par Sylvestre krock |Mise à jour| 1er septembre 2014]

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Jeudi dernier, les sites de cantonnement des ex-Séléka ont été sous tension. Les éléments ont manifesté leur colère en barricadant la voie devant leur base et en tirant des rafales en l’air.

 

Quatre jours après le soulèvement des ex-combattants Séléka cantonnés dans trois sites à Bangui, Mohamed Moussa Dhaffane, 2ème vice-président de la coalition Séléka, quand bien même suspendu, est descendu,dimanche, au camp BSS où il  a rencontré, les éléments mécontents, a constaté l'agence Anadolu. 

Le leader Séléka s’est dit, d’abord, conscient de la sanction encore en vigueur à son encontre. « Sur les ondes et dans les médias, vous avez certainement appris que j’ai été suspendu. Mais j' ai toujours soutenu que la décision de ma suspension est irrégulière », a-t-il lancé.

 « Aujourd’hui, les ex-combattants Séléka sont cantonnés. Je suis là pour porter leurs revendications aux  autorités de la transition et de la Communauté internationale pour voir dans quelle mesure on pourra trouver les moyens pour que leurs conditions de vie dans les camps soient améliorées», a-t-il ajouté.

Jeudi dernier, les sites de cantonnement des ex-Séléka ont été sous tension( le camp Beal, le camp BSS (Bataillon de soutien et des services) et le camp RDOT). Les éléments ont manifesté leur colère en barricadant la voie devant leur base et en  tirant des rafales en l’air.

Bruno Paul Sanzé Bamara du camp de BSS est revenu sur les revendications qui ont poussé à ces manifestations : « Nous revendiquons l’argent de notre cantonnement car nous vivons dans des conditions inhumaines, le démarrage du processus DDR(désarmement démobilisation réintégration), et enfin notre incorporation dans l’armée ».

 «  Depuis le 6 décembre 2013 nous sommes cantonnés au niveau du camp Beal mais  nous ne savons pas exactement ce que nous allons devenir. C’est pourquoi, les gens se sont révoltés », a expliqué pour sa part le major du camp Beal Rodrigue Yamissé devant le Général Dhaffane.

Le témoignage a été  le même pour Sonia Tatiana Banzé du Camp BSS : « nous avons été bien formés et déclaré aptes pour l’armée. On ne veut qu’être incorporés et ceux qui ne veulent pas, puissent être réorientés. On a beaucoup souffert. »

Notons que l’enveloppe de 200 millions octroyée par les Chefs d’Etat de la CEEAC(La Communauté économique des États de l'Afrique centrale) pour l’alimentation des 2000 Séléka cantonnés sur les trois sites susmentionnés à Bangui s’est épuisée depuis le 5 juin dernier.

La Centrafrique sort à peine d’une crise politique et sécuritaire qui a duré plus de 8 mois. Un conflit intercommunautaire entre milices musulmanes (les Séléka) et chrétiennes (les Anti-Balaka) a fait sombrer le pays dans le chaos poussant des centaines de milliers de personnes à trouver refuge à l’intérieur du pays ou dans les pays limitrophes. Un accord de cessation des hostilités a été signé en juillet dernier et un nouveau gouvernement à large ouverture dirigé pour la première fois par un musulman été formé mais la situation sécuritaire reste fragile.

 

©AA



01/09/2014

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