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Des réfugiés centrafricains victimes d'une attaque durant la fuite en exil vers le Cameroun


(HCR -Articles d'actualité, 11 avril 2014)Des réfugiés centrafricains arrivés au centre de transit de Gbiti au Cameroun. Environ 10 000 réfugiés y affluent chaque semaine, après avoir passé la frontière depuis la République centrafricaine.

GENÈVE, 11 avril (HCR) Le HCR a fait part vendredi de sa vive préoccupation après avoir reçu des informations selon lesquelles des miliciens anti-balaka bloquent les routes et attaquent des civils tentant de fuir la violence en République centrafricaine (RCA).

« Ces deux dernières semaines, nos collègues au Cameroun ont vu des réfugiés arriver avec des blessures de machettes. D'autres sont blessés par balles », a déclaré Melissa Fleming, porte-parole du HCR, lors d'un point de presse.

 

Des membres du personnel du HCR ont également vu un nombre croissant de personnes traverser la frontière vers le Cameroun via des points de passage frontière reculés afin d'échapper aux milices anti-balaka. Toutes les personnes qui fuient la RCA arrivent en très mauvaise santé.

« De nouveaux arrivants ont expliqué à nos collègues que les milices anti-balaka bloquent les routes principales au Cameroun, ce qui les oblige à marcher dans la brousse pendant deux à trois mois avant d'arriver à la frontière », a-t-elle déclaré. « Les réfugiés ont également indiqué que des miliciens anti-balaka les avaient attaqués pendant la fuite en exil. »

Ces derniers jours, des employés du HCR ont enregistré et soigné une femme, un jeune garçon et un homme souffrant de graves blessures à la machette, ainsi qu'un autre homme ayant été blessé par balles à la poitrine.

La majorité des nouveaux arrivants tous des musulmans, la principale cible des milices anti-balaka sont des femmes, des enfants et des personnes âgées, a indiqué Melissa Fleming. Ils ont déclaré à des employés du HCR que les hommes sont restés en République centrafricaine pour créer des groupes d'auto-défense et protéger leur communauté ainsi que leur bétail.

« Le HCR appelle les anti-balaka à cesser d'empêcher les civils de fuir vers les pays voisins en quête de sécurité », a déclaré Fleming aux journalistes. « Nous appelons également toutes les parties au conflit à renoncer à la violence. »

Les musulmans sont la principale cible des milices anti-balaka. Toutefois la prise pour cible des populations en fonction de leur religion par des milices rivales affecte à la fois les communautés chrétiennes et musulmanes.

Malgré ces obstacles à leur évasion, quelque 10 000 personnes en moyenne par semaine traversent désormais depuis la RCA vers l'est du Cameroun. Les principaux points d'entrée vers Garoua Boulai et Kenzou sont inaccessibles en raison des activités des miliciens anti-balaka. Les personnes qui fuient empruntent donc d'autres itinéraires. Cela a augmenté le nombre de points d'entrée au Cameroun de 12 à 27 au cours des trois dernières semaines, ce qui rend plus difficile pour le HCR de surveiller la frontière.

La plupart des nouveaux arrivants viennent de la région de Boda, près de la République démocratique du Congo et de Bozoum, près du Tchad. En raison de ces longs détours, tous les réfugiés arrivent dans un état de santé désastreux, certains avec les pieds ou les jambes enflées et d'autres souffrant de malnutrition.

En collaboration avec ses partenaires, le HCR a augmenté le nombre de cliniques mobiles aux points d'entrée au Cameroun pour fournir des soins d'urgence à l'arrivée des réfugiés. L'organisation fournit également un appui aux dispensaires publics qui sont dépassés par le nombre de réfugiés et leur mauvais état de santé.

Parallèlement, le HCR a transféré quelque 20 000 réfugiés qui vivaient en plein air dans les zones frontalières de Garoua Bouai et de Kenzou. Ils sont désormais installés dans des sites qui ont été ouverts à Lolo, Mborguene, Gado et Borgop dans les régions de l'Est et de l'Adamoua.

En 2014, le Cameroun a déjà vu arriver 69 389 réfugiés centrafricains. Ceux-ci s'ajoutent aux 92 000 réfugiés qui avaient fui durant des vagues précédentes depuis 2004 pour échapper à des groupes rebelles et des bandits écumant le nord de leur pays.

 



13/04/2014

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