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Collision évitée de justesse entre un vol commercial et un avion espion russe

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 Photo : Ilyushin IL-20M « Coot » escorté par un Mirage F1CR du 2/33 Savoie lors de la mission Air Baltic, en 2013 

 

[Par Laurent Lagneau|Mise à jour|12 mai 2014]-Un porte-parole de la compagnie SAS Scandinavian Airlines a confirmé, le 8 mai, que de ses appareils – avec 132 personnes à bord – a été impliqué dans un incident avec un avion de renseignement russe de type Ilyushin IL-20M « Coot », à une cinquantaine de kilomètres de la ville suédoise de Malmö, au-dessus des eaux internationales entre le Danemark et la Suède.

Cet incident, qui a eu lieu le 3 mars dernier, a été révélé par la chaîne de télévision suédoise Sveriges. Le vol SAS SK 681 venait de décoller de Copenhague à destination de Rome quand son équipage a été alerté par le contrôle aérien de la présence d’un avion non identifié sur sa trajectoire.

Problème : le système d’alerte de trafic et d’évitement de collision (Traffic alert and Collision Avoidance System, ou TCAS) de l’appareil civil n’avait alors reçu aucun information signalant un autre avion dans son environnement immédiat.

Quoi qu’il en soit, le commandant de bord du vol SAS SK 681, après avoir eu le visuel sur l’appareil en question, a dû effectuer un brutal changement d’altitude pour éviter la collision. Les deux avions sont ainsi passé à 90 mètres l’un de l’autre, la distance de sécurité étant de 300 mètres.

Pour le lieutenant-colonel Stephan Persson Tyrling, des forces aériennes suédoises, il s’agit là d’un incident « très sérieux ». « Les pilotes de l’avion civil l’avaient repéré, mais on ne sait pas ce qui aurait pu arriver avec très peu de visibilité », a-t-il ajouté.

D’après le quotidien suédois publié en anglais The Local, la « Statens Haverikommission », autrement dit l’autorité de l’aviation civile locale, a décidé de ne pas ouvrir d’enquête sur cet incident, étant donné qu’il s’est produit dans les eaux internationales et que le vol SAS SK 681 était enregistré au Danemark. « Il est en dehors de notre zone de responsabilité », a expliqué Jens Olsson, un de ses cadres, à l’agence TT.

Cela étant, la présence d’avions espions (russes ou pas d’ailleurs) en mer Baltique ne constitue pas une nouveauté, loin de là. Mais la Suède semble faire plus particulièrement l’objet de l’attention du renseignement russe depuis quelques temps. Ce qui a d’ailleurs été souligné par la Säpo (Säkerhetspolisen ), le service de contre-espionnage suédois, lors de la présentation de ses évaluations de la menace, en avril.

Et cela inquiéte le patron de ce service, Wilhelm Unge, notamment pour ce qui concerne l’acitivité du renseignement militaire russe dans son pays.

« Si vous ne préparez pas de plans de guerre contre la Suède, vous n’y envoyez pas des moyens de renseignements militaires. Le fait que l’état-major russe en ait envoyés indique une sorte d’intention », a-t-il dit lors d’une conférence de presse donnée le 7 avril. S’agissant du bombardement simulé de deux bases suédoises par des appareils russes, l’an passé, Wilhelm Unge a déclaré, sans vouloir entrer dans les détails, que « vous n’avez pas à réaliser de genre de choses, sauf si vous préparez une attaque à l’avenir ».

« La Russie est le pays le plus actif en Suède dans le domaine du renseinement. Tout l’intéresse vraiment : politique, finances, technologie et les questions militaires », a ajouté le chef de la Säpo.

 

 

©opex360



12/05/2014

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