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Centrafrique: L'équation centrafricaine

 [ Par  Kader Patrick KARANTAO |Mis à jour| 10/07/14]

 ledrian6.pngJean-Yves Le Drian, ministre de la défénse française en compagnie de soldats.

 

Que faut-il faire pour que la paix revienne définitivement en Centrafrique ? Cette question cruciale, beaucoup d'acteurs politiques et de la société civile d'Afrique et d'ailleurs, se la posent avec juste raison.

Depuis le coup d'Etat de mars 2013, qui a coûté au président François Bozizé son fauteuil, et le départ concerté de son tombeur, Michel Djotodia, plus rien ne va dans ce pays. Le chaos, consécutif à cette situation d'instabilité, a laissé libre court à des violences intercommunautaires.

Les anciens rebelles, les ex-Séléka, de confession musulmane et les «anti-Balaka », principalement des chrétiens, se livrent une guerre sans merci. Et la confusion, perçue souvent dans les temps troubles, y est certainement pour quelque chose.

Si les « anti-Balaka » n'avaient pas assimilé les populations musulmanes aux anciens rebelles, on n'allait peut-être pas en arriver à là. Hélas ! Les clivages religieux sont devenus tellement forts, qu'ils ont engendré un cycle de ripostes.

Massacres et représailles entre musulmans et chrétiens s'enchaînent au jour le jour. Du jamais vu dans ce pays, où les populations, à ce que l'on dit, vivaient jusque-là en parfaite entente dans les mêmes quartiers et villages. La cohésion sociale a volé en éclats, laissant place à l'animosité humaine. On ne se cause plus, on s'entretue. C'est la loi des machettes.

Et Dieu seul sait combien de familles ont été endeuillées. Des sources font état d'un millier de morts et de plusieurs milliers de déplacés. C'est à croire, dans ces conditions, que la Centrafrique est devenue une jungle, où la loi du Talion est la seule règle.

Et la violence n'est pas prête de cesser. Ces derniers jours, un regain de violence a été observé dans la région de Bambari, au Nord-Est de Bangui. Comme à leur habitude, les ex-Séléka et les anti-Balaka se déchirent.

Le climat est devenu tellement hostile, que la situation humanitaire est catastrophique. Sur les 4,6 millions d'habitants de la Centrafrique, indique l'ONU, 2,3 millions sont en « situation d'assistance humanitaire ». L'heure est grave.

Très grave, ce, d'autant plus que la présence in situ des forces étrangères et la détermination des nouvelles autorités à ramener le pays sur les rails, n'y peuvent manifestement rien.

Il est vrai que le pays de l'actuelle présidente, Catherine Samba-Panza, est en proie aux coups d'Etat et à des guérillas récurrentes, de par son histoire, mais le présent conflit donne des frissons.

Et ce qui laisse sans voix, c'est la division profonde de la société centrafricaine. Comment recoller les morceaux dans un contexte où les esprits se haïssent à mort ? Il y a de quoi perdre espoir, mais il urge d'aller au dialogue, pour éviter le génocide.

Les dirigeants d'Afrique centrale, tel le chef de l'Etat tchadien, Idriss Deby, et la communauté internationale l'ont d'ailleurs signifié à maintes reprises. Il faut impérativement trouver les voix et moyens, pour amener les «frères ennemis » à déposer les sabres et à se reparler en toute franchise. La Centrafrique est à genou, et ce n'est à l'honneur de personne. Surtout pas à celui de ses fils et filles!

 

©Sidwaya



10/07/2014

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