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CENTRAFRIQUE: FORUM ET ELECTIONS PRESIDENTIELLES: LES INCERTITUDESS

 [ Par A.DE KITIKI |Mis à jour| ]06 avril 2015 | 

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Les échos qui nous parviennent de la Présidence de la République et de la Commission Nationale de la Transition ne peuvent que nous troubler et nous inquiéter : une sorte de cacophonie semble s’être installée dans les milieux politiques centrafricains. On tire à hue et à dia. On n’a pas les mêmes analyses, ni les mêmes propositions sur le maintien ou le retrait des dates initiales des élections présidentielles. Les séances de la C.N.T. semblent se transformer en réunions secrètes, propices à tous les traquenards. On y tient des conciliabules, dont le but est vraisemblablement de remettre en selle les chevaux de retour, responsables de la descente du Centrafrique aux enfers. On nous annonce - et c’est heureux - que les Comités Préparatoires du Forum ont sillonné tout le territoire, se rendant dans toutes les préfectures et sous-préfectures du pays, pour recueillir les doléances des Centrafricains. Mais quelles ont été leurs conditions de travail ? Ont-ils vraiment pu se rendre librement dans les régions occupées par les séditieux, qui y font la loi ? Et à quel prix ? Il faut espérer qu’ils ont travaillé sans entraves. Et sous la seule autorité du Gouvernement légitime.

POLITICIENS ET EX- PRESIDENTS EN EMBUSCADE

L’espace médiatique, aussi bien local qu’international, a été pris d’assaut par les prétendants à la Magistrature suprême du Centrafrique. Or, ce sont eux qui sont en partie responsables de la souffrance endémique des populations : auraient-ils aujourd’hui un programme miracle pour sauver le Centrafrique ? A moins qu’ils ne reviennent sur scène pour d’inavouables raisons… Si l’appât du gain est le plus fort, les Centrafricains ne seront pas dupes et auront tôt fait de les débusquer. Ils seront chassés du pouvoir. Si les responsables politiques centrafricains n’ont pas le courage d’opter pour une rigueur inflexible dans le processus de réconciliation, s’ils couvrent l’impensable et les mensonges, ils seront rejetés par les citoyens. Car les Centrafricains en ont assez des oukases. Ils sont meurtris. Ce qu’ils veulent, c’est une vraie réconciliation, une vraie paix. Certes, les ex-Présidents, François Bozizé et Michel Djotodia, sont des Centrafricains. Et, dans un mouvement général de réconciliation, ils ont leur place. Mais pas avant d’avoir reconnu leurs crimes devant les Centrafricains et les tribunaux de leur pays. Aujourd’hui, leur retour, comme si de rien n’était, constitue une véritable provocation. C’est comme si vous envoyiez deux loups dans une bergerie, chacun muni d’un Missel ! Car leurs factions dissidentes continuent à semer la terreur et la mort sur le territoire centrafricain. On apprend aussi que le retour de Bozizé et Djotodia est ardemment souhaité par certains pays de la sous-région. Mais est-ce que ce sont des étrangers qui vont dicter au Centrafrique la marche à suivre ? On retrouve le même processus que pour la date des élections, qui a, en fait, été imposée par la France, pressée de se désengager du pays par manque de moyens. Il faut absolument que ce soit la Présidente, Catherine Samba-Panza, et la commission Nationale de la Transition, qui imposent leurs vues. Ce sont eux qui représentent la légitimité du pays. On doit, inlassablement, le marteler : la Réplique Centrafricaine est souveraine. Libre et indépendante. Ses citoyens doivent avoir le dernier mot. Si les responsables actuels sont gênés dans leurs tâches régaliennes, qu’ils se tournent vers le peuple ! Qu’ils lui demandent son avis, son soutien ! Le Centrafricain d’aujourd’hui est un patriote. Il répondra présent. A MONOLINGUE TI KODRO ! ALLA GBOU NI NGANGOU ALLA ZIA NI A TI PEPE ! (Fils de Centrafrique, tenez bon ! Ne laissez pas tomber !)

©Mediapart



06/04/2015

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