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Centrafrique : au moins cinquante morts depuis lundi à Bambari

 Des "éléments anti-Balaka incontrôlés" sont pointé du doigt par des rapports de la presse locale.

[Par Sylvestre Krock|Mise à jour|26/06/2014]

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Au moins une cinquantaine de morts ont été enregistrés depuis lundi, dans des actes de violence entre chrétiens et musulmans, dans la ville de Bambari (Centre-Est) et ses environs, selon des témoins.

Des rapports de presse locale ont pointé du doigt des "éléments anti-balaka incontrôlés" qui se seraient livrés à des actes de violence à l'endroit de la communauté musulmane. La force française Sangaris a, pour sa part, pris position dans la ville dans une tentative de maîtriser le cycle de violence.

Mercredi matin, une épaisse fumée s’est élevée au-dessus de Bambari. Plus de 20 milles personnes se sont refugiées à la cathédrale de Bambari, à la gendarmerie, à la résidence du préfet.

Selon le témoignage de l’Abbé Firmin Gbagoua, Vicaire général du diocèse de Bambari, joint au téléphone en fin de matinée du mercredi par Anadolu, le bilan des dernières 72 heures de représailles serait d’une soixantaine de tués et de plusieurs maisons incendiées. 

« Les Séléka et les civils musulmans armés des quartiers Hadji et Bornou ont attaqué les quartiers non musulmans. Les victimes ont été inhumés dans leurs propres concessions. D’autres, à défaut d’être identifiés, sont enterrés par la Croix-Rouge. Ils tuent à la machette, aux armes blanches.» accuse le prélat. «Au départ, ils se servaient d’armes à feu, mais par la suite, ils ont abandonné les fusils. On est terré ici sur le site de la cathédrale Saint-Joseph. D’ici, on observe des colonnes de fumée sur les quartiers Wangaï, Mbrépou, Klamendji jusqu’à Saint-Christophe. Le bilan pourrait s’alourdir ».

Le prélat a également ajouté que les Anti-Balaka seraient en train de préparer une contre-offensive contre les quartiers musulmans. Mais, qu'ils en sont, pour le moment, empêché, par  les forces françaises de l'opération Sangaris.

« Les Anti-Balaka de la route de Bangui, ceux de Wabé, des axes Kouango et Bakala se sont mobilisés pour monter à la rescousse de la communauté non musulmane, mais ils ont été bloqués du côté du pont de la Ouaka, sur la rive droite. Sangaris a demandé à la population sur les sites de ne pas sortir, car il y a encore trop de Séléka et de musulmans armés à travers la ville. Il faut du temps pour sécuriser la ville ».

Une source proche de la force africaine en Centrafrique (MISCA), jointe par Anadolu, a évoqué "des affrontements orchestrés" entre des groupes armés à majorité chrétienne anti-Balaka et l'ancienne coalition Seleka.

Pour la Seleka, le bilan évoqué par le prêtre, aussi bien que sa version, sont "invraisemblables". Amat Nedjad Ibrahim, porte-parole de l’Etat-Major des Seleka a parlé de «fausses informations.»

«C’est vrai que la population musulmane était en colère. Mais, d’où vient ce bilan de soixantaine de morts ? Quand nous avons appris la nouvelle du massacre dans le camp des peuls, nous nous sommes rendus sur les lieux pour ramener les corps des victimes à Bambari. Arrivés au niveau de la barrière, les Anti-Balaka nous ont tiré dessus et alors nous avons riposté. Là, c’est un affrontement purement militaire. C’est tout. Nous avons aussitôt cantonné tous nos hommes. Il n’y a personne dans la rue pour perpétrer quoi que ce soit sur des populations civiles», a assuré le porte-parole de l'Etat-Major de la Seleka.

Cette explosion de violence fait suite au massacre de 17 Peuls, lundi, par des jeunes armés se réclamant des anti-Balaka. Depuis, un cycle de représailles et de contre-représailles s'est enclenché à Bambari et dans les environs de la ville.

 

© AA



26/06/2014

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