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Burundi: Tutsis et Hutus unis "contre le coup d'Etat constitutionnel"

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 [ Par  Renovat Ndabashinze |Mis à jour|29 avril 2015 ]

Pour Léonidas Hatungimana, ancien porte-parole du Président, aujourd'hui dans l'opposition, les deux principales ethnies du Burundi, les Tutsis et les Hutus, sont unis "contre le coup d'Etat constitutionnel intenté par Pierre Nkurunziza", président sortant et candidat pour un troisième mandat "inconstitutionnel", en juin prochain, a-t-il déclaré à Anadolu.

L'ancien cadre du parti présidentiel Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (Cndd-fdd), radié, samedi, pour s'être manifestement opposé à un troisième mandat du président Nkurunziza, rejette "les idées véhiculées par le parti au pouvoir" imputant les mouvements de contestations que connaît le pays, particulièrement depuis dimanche, à une seule ethnie, les Tutsis.

"C’est la démonstration qu’une petite clique de membres du Cndd-Fdd qui maintient le pays dans le chaos, est à court d'arguments. Le pouvoir veut, ainsi, s’appuyer à l’ethnisme pour justifier leurs torts. Dans ces manifestations, des Hutus, des Tutsis, des Batwas sont là. Tous ils sont unis contre cette tentative de coup d'Etat constitutionnel" a déclaré Hatungimana à Anadolu.

La diversité communautaire, pas toujours paisible, que connaît le pays, avec 85% de Hutus, 14% de Tutsis et 1% de Batwa fait qu' "évoquer la question ethnique à ce moment, c’est une faiblesse  d’esprit", a-t-il rajouté en rappelant que l'Accord d'Arusha, signé en 2000, dans l'objectif de mettre fin à une guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts, a prévu de départager les postes gouvernementaux entre les deux principales ethnies, avec 60% pour les Hutus, 40% pour les Tutsis.

Le frondeur du Cndd-fdd rappele aussi qu'il avait cosigné, en mars dernier, avec des dizaines de cadres du parti, une pétition adressée au président Nkurunziza, lui demandant de renoncer de se présenter à un troisième mandat

"C'est dommage pour le président, parce qu'en signant notre pétition, le mois dernier, nous avions voulu lui éviter une humiliation devant le peuple et la Communauté internationale" poursuit Hatungimana.

Cette pétition sonnant comme une mise en garde, prend tout son sens aujourd'hui puisqu'à ce stade, dit-il, "les Burundais sont prêts à en découdre" aidée en cela par l'armée qui "a montré qu’elle est réellement nationale contrairement à certains éléments de la police qui se montrent violents envers les manifestants" a-t-il ajouté, en rappelant un bilan d'au moins 5 morts et des dizaines de blessés, depuis le déclenchement des manifestations dimanche.

Hatungimana a conclut en rappelant que les manifestations vont continuer jusqu'à ce que Nkurunziza renonce à se présenter à un troisième mandat "inconstitutionnel", puisque la norme fondamentale prévoit une limite de deux mandats. Le régime adopte, quant à lui, une autre interprétation en soulignant que la limitation en question est liée, dans la lettre constitutionnelle, au suffrage universel, alors qu'il a accédé au pouvoir, en 2005, en vertu d'une élection indirecte, ainsi qu'en disposait l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi.

 

©AA



29/04/2015

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