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Bangui : Une partie de la ville reste paralysée suite aux violences des deux derniers jours

 [ Par Fridolin Ngoulou |Mis à jour|jeudi 9 octobre 2014 ]

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Une partie de la ville de Bangui demeure sous le choc, suite aux violences des deux derniers jours. Dans la matinée de ce jeudi, la circulation est coupée sur pratiquement toutes les avenues. La tension reste vive dans les quartiers du 3e arrondissement où les forces internationales ont renforcées leurs présences. Des miliciens Anti-Balaka ont aussi été aperçus autour du KM5, où vivent plusieurs membres de la communauté musulmane.

La ville de Bangui ressemble à une ville morte. Les avenus restent bloqués, à l’exception de l’avenue de l’indépendance où la circulation demeure très timides. Dans plusieurs quartiers proches du KM5, les rues sont désertes malgré les efforts de quelques taxis motos qui empruntent certaines voies du secteur.

Cette situation résulte des violences qui ont eu lieu mercredi à Bangui, suite au meurtre d’un taximan par des jeunes musulmans du KM5, en représailles au lynchage mardi soir à Gobongo d’un ex-Séléka qui avait largué deux grenades dans la foule avant d’être rattrapé.

Des miliciens Anti-Balaka autour le KM5

Selon les informations recueillies par le RJDH, des miliciens Anti-Balaka ont été aperçu dans les environs du KM5, dans l’intention d’attaquer ce secteur. « Les Anti-Balaka ont pris le commissariat du 5e arrondissement, ils se sont positionnés vers les quartiers Yakité, Castors, Gbaya et Dombia », a raconté ce matin une source proche de ces miliciens.

Vers la sortie sud du KM5, des témoins affirment voir des miliciens Anti-Balaka près du lycée Fatima, le pont Fodé et le pont Jackson. « Ils sont là en position de combat. La population vide les lieux et j’ai du fuir aussi le quartier Kpètènè Saint Jacques en ce moment. La tension est vive »,, a relaté un homme joint aujourd'hui par le RJDH.

La coordination nationale des Anti-Balaka avait lancé lundi un ultimatum de 48 heures à la présidente de transition, Catherine Samba Panza de démission. Cet ultimatum a expiré mercredi, jour où éclatent les nouvelles flambées de violences dans la capitale.

Déjà, dans la nuit du mercredi à jeudi, un affrontement aurait opposé les Anti-Balaka aux jeunes musulmans du KM5, selon les témoignages d’un leader du groupe des jeunes armés du KM5. « Nous avons évacué toutes les femmes et les enfants à la Mosquée Centrale.  Les jeunes sont restés dans les quartiers pour défendre le secteur. Nous n’allons pas quitter sinon, les Anti-Balaka viendrons faire du mal à la population civile », a déclaré un des leaders de l’organisation de la résistance musulmane du KM5.

« Nous n’avons pas besoin de l’intervention des autorités du pays. Elles ont été alertées sur ce danger mais n’ont pas réagi à temps pour empêcher le chaos », a ajouté ce responsable des jeunes armés du KM5.

De son côté, le commandant de zone des Anti-Balaka du 5e arrondissement, joint par le RJDH a confirmé leur présence dans ces secteurs. « Pas de reprise tant que la présidence ne réagit pas pour déloger les jeunes qui sèment la terreur dans le KM5 », a brièvement déclaré ce chef milicien.

Pour le moment, il est difficile d’établir le bilan des affrontements qui ont eu lieu depuis mercredi soir dans le 3e arrondissement.

Les taximen maintiennent leur mot d’ordre de grève

Le syndicat des taxis et bus, en colère contre le meurtre d’un des leurs hier matin, a confié au RJDH que le mot d’ordre de grève des taximen serait maintenue jusqu’au lundi prochain. « Ce mot d’ordre est l’expression de la colère des conducteurs des taxis et bus. Nous demandons aux groupes armés de respecter l’impartialité des conducteurs des taxis et bus dans ce conflit », a souligné un conducteur des taxis qui a respecté cette grève.

Dans les rues de Bangui, les taxis-motos circulent dans certains coins. Leurs présence crée des conflit internes et conduisent certains conducteurs des taxis et bus à saisir les clés des motos de leurs collègues.

Une présence de plus en plus renforcée des forces internationales

Selon les informations du RJDH, les forces internationales ont renforcé leur présence dans le 3e, 6e et 5e arrondissement de Bangui. La présence des casques bleus de la MINUSCA et de l’Eufor-RCA est renforcée dans ces arrondissements. Cependant, la Sangaris est visible au quartier Yakité, en appui aux forces de la MINUSCA dans ce secteur.

La gendarmerie et la police nationale sont moins visibles sur le terrain. Le Directeur général de la gendarmerie a lancé un appel à la population de consigné dans leurs quartiers lors d’un communiqué radiodiffusé. Selon le communiqué, tous les gendarmes et leurs chefs sont priés de regagner le camp Henri Izamo pour un contrôle physique.

Mercredi soir, le ministre de la sécurité publique, général de brigade Thierry Mari Metinkoue, avait invité dans une déclaration la population à vaquer librement à ses occupations, car, dit le communiqué, une enquête est ouverte pour déterminer les responsabilités dans les causes de ces nouvelles violences dans la capitale.

©rjdhrca



09/10/2014

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