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RCA : C.A.Guiama-Massogo: «Toutes les entités figurent au gouvernement»

 [La rédaction|Mis à jour|27/08/2014]

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Clément-Anicet Guiama Massogo, porte-parole de la présidente centrafricaine Catherine Samba Panza.

Clément-Anicet Guiama Massogo, le porte-parole de la présidente centrafricaine Catherine Samba Panza, s'est rendu ce week-end à Cotonou, au Bénin, pour rencontrer le chef de la Seleka, et ex-président Michel Djotodia. Quelle réponse lui a réservé Michel Djotodia sur la réconciliation et sur le nouveau gouvernement formé vendredi, déjà critiqué par plusieurs partis, mais aussi par certains membres de la Seleka qui ne se sentent pas représentés ?

RFI : Quel est l’état d’esprit dans lequel a été formé le nouveau gouvernement, vendredi dernier ?

Clément-Anicet Guiama Massogo : Nous étions sortis de Brazzaville avec l’esprit de réconciliation, de consensus, et surtout de plus grande implication de tous les acteurs dans la gestion de la transition. Et donc, c’est sur la base de cet esprit de Brazzaville que madame la présidente de la République a voulu [la démission] du Premier ministre André Nzapayéké pour se donner l’occasion de nommer un nouveau Premier ministre. Et qu’avec ce nouveau Premier ministre, qu’elle puisse former un nouveau gouvernement beaucoup plus inclusif. La composition de ce gouvernement est assez éloquente puisque nous avons presque toutes les entités consultées qui sont représentées dans ce gouvernement. Nous avons aussi des représentants des préfectures, des régions. De ce point de vue, nous pouvons dire que c’est un gouvernement beaucoup plus large et certainement qui fait un peu plus consensus aujourd’hui.

 

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Plus large, mais manifestement pas assez. Vous savez bien que les principaux partis politiques du pays ne se reconnaissent pas dans ce gouvernement, y compris les groupes tels que la Seleka ?

Toutes les entités ont été reçues. Moi j’étais là, l’ex-coalition Seleka a été consultée. La délégation était conduite par monsieur Moustapha Saboune, son secrétaire général, d’ailleurs légitimement reconnu aujourd’hui par l’ex-coalition Seleka :  j’étais auprès du président Djotodia et de la bouche du président Djotodia, c’est cette personnalité qui représente la coalition Seleka. Mais effectivement au sein de la Seleka, tout le monde le sait, c’est un secret de polichinelle,  il y a aussi des dissensions. Et c’est peut-être que c’est l’expression de ces dissensions à laquelle nous assistons aujourd’hui, c’est ce que moi je pense.

Pour nous tant qu’il n’y a pas de désistement, nous pensons que les entités qui sont représentées doivent rester.

Vous l’avez dit, vous avez vu ce week-end Michel Djotodia, l’ancien président et le chef de la Seleka, à Cotonou. Etait-ce pour apaiser, justement, la contestation ?

C’était d’abord pour impliquer tous les acteurs politiques, dont l’ancien président Djotodia, dans le processus de dialogue et de réconciliation. Madame la présidente de la République a transmis comme message à l’ancien président Djotodia qu’elle n’avait rien contre lui et qu’elle souhaitait qu’il l’aide à bien conduire la transition parce qu’aujourd’hui, après l’accord de cessation des hostilités signé à Brazzaville, celle-ci doit prendre un nouvel élan.

Concrètement comment peut-il vous aider ? Que lui avez-vous demandé ?

Le président Djotodia est un homme de paix. Il est aujourd’hui au Bénin, je l’ai écouté dire que la RCA devait s’inspirer du modèle béninois de démocratie, de développement. Donc je pense qu’il y a beaucoup de choses que le président Djotodia peut faire.

Et lui, que vous a-t-il dit ? Qu’est-il prêt à faire dans l’immédiat, à distance, à Cotonou au Bénin où il se trouve ?

C’est un ancien chef d’Etat, je n’y suis pas allé pour lui forcer la main, j’étais allé lui porter un message, et avoir sa vision des choses. Le plus important, c’était d’avoir une communication directe avec lui parce que jusque-là, cela ne s’était pas fait.

Michel Djotadia accepte-t-il ce gouvernement formé vendredi ou a-t-il demandé des compensations pour apaiser son mouvement, la Seleka ?

Ecoutez, c’est un ancien chef d’Etat, il n’est pas dans les marchandages, à demander des compensations, etc. Il ne m’a pas dit qu’il contestait le Premier ministre ou le nouveau Premier ministre et donc pour moi, je crois qu’il n’y aucun problème du côté non seulement de la nomination du Premier ministre, mais aussi de la formation du gouvernement, en ce qui concerne le président Djotodia, et certainement du mouvement à la tête duquel il se trouve.

Où avez-vous rencontré précisément Michel Djotodia, et combien de temps a duré cette entrevue, qui était la première du genre ?

Le président Djotodia nous a très chaleureusement et fraternellement reçus dans son bureau, à Cotonou. Nous avons passé presque toute la journée de samedi avec le président Djotodia. J’ai eu un tête-à-tête avec lui pour lui faire passer des messages de madame la présidente et puis ensuite nous avons eu une séance de travail à laquelle était associé le Centre pour le dialogue humanitaire, qui a œuvré en coulisse pour l’organisation de cette rencontre. Et le ministre béninois des Affaires étrangères était aussi là.

 

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Donc c’est le début d’une nouvelle coopération qui commence ?

Je peux le dire, oui. Cela est la volonté de madame la présidente de la République. Aujourd’hui, il nous faut activer tous les leviers qui peuvent amener la paix dans le pays et donc avec le président Djotodia nous démarrons les choses, mais cela va continuer avec les autres entités.

Quelles entités précisément ?

Nous avons parlé de l’ex-coalition Seleka, mais il y a aussi les anti-balaka. Ce sont des forces qui sont sur le terrain et donc avec lesquelles nous devons travailler parce qu’il y a ce défi de nous approprier le processus de dialogue politique et de réconciliation. Parce que vis-à-vis de tous ceux à l’extérieur qui veulent nous aider, nous nous devons de ne pas les décevoir.

 

©RFI



27/08/2014

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