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Les Centrafricains de France ne baissent pas les bras

L’Association des cadres centrafricains de France s’est réunie samedi à Jauldes. Objectif: faire avancer les idées pour leur pays.

 

 Par Sylviane CARIN | Mis à jour|16 juin 2014]

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Clotaire Omby (chemise blanche) président de l’Association familles de Centrafrique avait invité les cadres de son pays d’origine samedi à Jauldes.

 

"Ce sont les idées qui peuvent nous faire avancer. On va apporter notre contribution intellectuelle et financière, monter des projets de développement" explique le Dr William Gbate, président fondateur de l’Association des cadres centrafricains de France (ACCF), réunie ce samedi à Jauldes. Médecin à l’hôpital de Ruffec depuis 2009, il souhaite que sa jeune association hébergée par l’Association familles de Centrafrique (AFC), présidée par Clotaire Omby, un technicien-métreur d’Aussac-Vadalle, devienne une force de proposition reconnue.

"Nous sommes un mouvement atypique, apolitique, les gens n’attendent que ça. Les politiques vont se retourner vers nous" appuie le praticien, encouragé par la présence d’une quinzaine de ses collègues venus de toute la France. "On a un pays qui est au point zéro. Il faut tous se mettre autour d’une table, travailler en groupe. La transition peut durer cinq ans mais il faut arriver à se prendre en charge" estime Serge Lenguendayen, pilote Airbus à Toulouse, qui a perdu confiance dans les partis politiques. "La chute de Bokassa a amené beaucoup de désordre, des luttes ethniques, encouragées par la tradition de rébellion qui règne dans la zone frontalière avec le Soudan et le Tchad. Des hommes incontrôlables habitués à vivre dans le pillage".

L’espoir malgré tout

Quelles solutions ? Quel avenir aujourd’hui pour un pays en plein chaos où les parents répugnent à envoyer leurs enfants à l’école par crainte d’un massacre ? "On est obligé d’être optimiste. Il faut attendre un moment de calme pour intervenir, approcher directement la population" souligne André Fio-Ngaindiro, consultant télécom à Lyon, pour qui la peur a changé de camp. Pas question pour lui de parler de milices chrétiennes. "les jeunes se sont organisés face aux rebelles à connotation musulmane qui détruisaient les églises. Ces jeunes, persécutés avec leurs familles, ont retourné la tendance" reconnaît-il, simplement.

Le contexte est compliqué mais les Centrafricains, exilés en France le plus souvent pour étudier et travailler, veulent y croire. "On a tout connu, la belle période de nos parents, les premières mutineries, les tentatives de révolution avortées, les partis nombrilistes. On s’est mis ensemble dans cette idée d’aimer et d’aider la patrie" résume Clotaire Omby, le regard éclairé par le ciel charentais.

L’association a déjà apporté sa contribution médicale, via d’autres associations. Elle souhaite aujourd’hui participer à la remise en état des unités de soins à Bangui, construire des puits dans les villages. Des écoles. Ne jamais renoncer. Malgré les affrontements répétés.

Association des familles de Centrafrique (AFC): 06.20.08.18.86. Association des cadres centrafricains de France (ACCF): 06.59.11.65.76.

 

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16/06/2014

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