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En Centrafrique : les enjeux d’un appel à candidature

 [Par Roger ANDJALANDJI|Mis à jour|17/06/2014]NGUEREKATA5.png

 

Depuis ces derniers temps, le site internet du Parti pour la Renaissance Centrafricaine (Parc-centrafrique.over-blog.com) ne cesse de rendre public des « appels à candidature » en faveur du Professeur Gaston Mandata N’guérékata lancés depuis plusieurs endroits du territoire national par des volontaires structurés géographiquement sous plusieurs appellations « jeunesse de Paoua, Jeunes de Gobongo, groupe de soutien de la population de Sica III, jeunesse de Bégoua, association des handicapés du 7è …. » avec le but avoué d’encourager le Professeur N’guérékata à faire acte de candidature à la prochaine élection présidentielle centrafricaine d’une part, et de montrer à l’opinion nationale et internationale la légitimité populaire de cette éventuelle candidature souhaitée par de nombreux centrafricains d’autre part.

Ces « appels à la candidature » sont quotidiennement lus sur les ondes des radios locales dans nos régions et font aujourd’hui le tour des réseaux sociaux

On peut donc se poser la question, par simple curiosité, de savoir est ce le résultat des nombreuses et différentes rencontres du professeur N’guérékata avec la population centrafricaine sur le terrain, aussi bien à Bangui que dans les villages et villes de provinces malgré la persistance de l’insécurité dans le pays ?

En tout cas, et à bien des égards, cette démarche populaire inédite d’appel à candidature ressemble bien à l’expression de la rencontre d’un peuple avec un potentiel candidat et apparaît visiblement comme un nouveau concept et un élément de modernisation de la vie démocratique nationale dont l’examen approfondi peut nous fournir des enseignements susceptibles de faire profiter le système politique centrafricain dans sa relation avec les citoyens

Dès lors, il serait erroné de croire que l’intérêt que suscite la candidature éventuelle du professeur N’guérékata à travers ces « appels à candidature » ne tient qu’à un contexte particulièrement porteur pour lui à un moment où la classe politique s’est doublement compromise ces vingt dernières années aussi bien dans sa gouvernance hasardeuse du pays que dans sa proximité avec l’aventure criminelle Séléka et que le rejet de cette même classe politique par la population centrafricaine est sans précédent.

Si le professeur N’guérékata a pu renverser le rapport de force sur le terrain au point de bénéficier d’un apriori favorable qui explique l’ampleur des « appels à candidature » qui prennent aujourd’hui l’allure d’une « Primaire citoyenne » imposée, il le doit avant tout à son courage personnel et à l’excellence de sa proximité avec la population centrafricaine à un moment où le sors de celle-ci était abandonné à la turpitude des hommes politiques véreux. Il était devenu à la longue le seul des hommes politiques centrafricains que la population centrafricaine des huit arrondissements ne cessait de rencontrer dans les quartiers de la capitale et les villages et villes de provinces. Les exemples sont ici nombreux et non exhaustifs, wifi à l’université de Bangui, rencontre avec les habitants et notables des quartiers, rencontres sportives dans les quartiers nord de Bangui, déplacements à l’intérieur du pays, visites des hôpitaux etc…

C’est dire que la situation n’était donc pas gagnée d’avance en janvier 2014, lorsque le professeur a décidé de s’installer définitivement à Bangui abandonnant ainsi sa famille et son emploi aux USA.

Se sont aussi ses courageuses prises de positions politiques face à l’état de la situation du pays à différents moments et sa proximité sincère avec la population qui a certainement généré ce mouvement unique de mobilisation citoyenne en sa faveur.

Un autre ressort principal est également à l’origine de cet alignement citoyen derrière le Professeur N’guérékata : l’incarnation du changement

Le professeur a bien analysé les enjeux du prochain scrutin. Il a bien compris que les Centrafricains, dans leur majorité, rejettent la classe politique et veulent tourner la page, ils veulent le changement, bref ils veulent un autre modèle de gouvernance. Ils sont justement à la recherche du meilleur candidat susceptible d’incarner ce changement, un candidat capable d’être le messager de ce changement c’est-à-dire un homme capable de s’effacer derrière la cause de ce changement. Le changement est une notion suffisamment large et polysémique pour permettre à chacun d’y mettre sa propre vision. C’est la somme de ces visions que le professeur est allé chercher dans les quartiers, les villages, les villes de provinces, sur les stades et dans les rues de nos villes et qui fait de lui un potentiel candidat aux yeux des signataires de ces appels à candidature.

 

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 Roger ANDJALANDJI

Sociologue, Paris (France)



17/06/2014

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