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Centrafrique : des affrontements entre seleka et anti-balaka font au moins 20 morts

Des affrontements entre ex-rebelles de la Séléka  et les miliciens anti-Balaka ont au moins 20 morts jeudi à Boyo, localité du nord de la Républicaine centrafricaine à 45 km de la ville de Bambari  
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[Mis à jour| 08 juin 2014]– Environ 20 personnes ont été tuées dans des affrontements ayant opposé les ex-rebelles de la Séléka aux miliciens anti-Balaka (anti-machette) jeudi à Boyo, localité du nord de la Républicaine centrafricaine à 45 km de la ville de Bambari devenue base du commandement opérationnel de l'ex-rébellion, a appris la rédaction samedi de son porte-parole, le colonel Djouma Narkoyo.

 

Ces affrontements font suite à une attaque des miliciens anti-Balaka contre la population musulmane de cette localité jeudi en mi-journée, rapporte le colonel Narkoyo joint vendredi à Bambari. "Il y a eu un mort du côté des ex-Séléka et 18 morts chez les anti-Balaka. On les a repoussés et depuis cette nuit on a déployé des renforts. Les éléments sont à leur poursuite", a dit l'ex-responsable rebelle.

 

Cible des attaques de vengeance à leurs exactions de cet autre groupe armé fidèle à l'ex-président François Bozizé évincé en mars 2013 au profit de leur leader Michel Djotodia, poussé à son tour à la démission au début de cette année par les dirigeants d'Afrique centrale et la France, les ex-Séléka ont quitté Bangui pour se replier dans le nord avec la menace d'une partition du pays.

 

Sous la conduite du général Joseph Zindeko, ils ont désigné un nouvel état-major début mai à Ndélé, établi par la suite à Bambari, à environ 400 km au nord de la capitale.

 

Dans cette ville opèrent aussi des troupes de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca) et de la force française Sangaris, deux forces mandatées par les Nations Unies pour aider à enrayer les violences communautaires et confessionnelles devenues le lot dans ce pays pauvre et enclavé, surtout depuis la prise du pouvoir de Djotodia en 2013.

 

Des incidents violents ont d'ailleurs mis aux prises la semaine dernière à Bambari les ex-rebelles aux soldats français, accusés de soutenir contre ceux-ci les miliciens anti-Balaka depuis le désarmement controversé lancé début décembre 2013 à Bangui où nombre de combattants de l'ex-alliance rebelle avaient subi la vindicte populaire après avoir accepté de déposer les armes.

 

"La tension a baissé. On parle même d'un processus de formation, conduit par Sangaris. L'atmosphère est bonne maintenant", a cependant indiqué vendredi le colonel Narkoyo. Mais, a-t-il mentionné, "nous ne sommes pas contre Misca et Sangaris. Nous demandons simplement à ces deux forces d'équilibrer les choses".

 

Sur la preuve de la responsabilité des anti-Balaka dans l'attaque contre le petit village de Boyo, il a martelé : "C'est confirmé et vérifié même. Ce n'est pas aujourd'hui que ça commence. Ils sont en train de s'en prendre aux musulmans".

 

Dans le nord, les ex-Séléka affirment tenir sous contrôle 8 des 14 préfectures du pays, une situation condamnée récemment par le président du Conseil national de transition (CNT, Parlement provisoire), Ferdinand-Alexandre Nguendet. Dans un discours devant cet organe la semaine dernière, le Premier ministre André Nzapayéké a proclamé le 8 juin journée nationale du désarmement.



08/06/2014

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