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Afrique: Haïlé Selassié I, Bokassa, Paul Biya, tous empereurs africains ?

  [   Par Hugues Seumo|Mis à jour| 30 août 2014 ]

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De Jules Faravella, nous avons appris que plus de cinq cents journalistes avaient pris d'assaut les rives de l'Oubangui pour couvrir « l'un des plus grands événements du XXe siècle ». La glorification d'un homme, le couronnement d'une vie, le sacre de l'absurde.

Dans un Palais omnisports de Bangui entièrement drapé de rouge, cinq mille invités en tenue d'apparat venus attendre l'empereur Jean-Bedel Bokassa.Un trône avait été construit à son image.

Un aigle aux ailes déployées dans le soleil, emblème de l'empire. Ces pitreries qui ont hissé au firmament un certain nombre de chef d'Etat africain ont contribué devant l'histoire du continent à ternir l'image de l'Afrique.

Nous avons vu avec la Guinée où la constitution a été modifiée 2002 dans l'intention d'autoriser le président Lansana Conté à se représenter, à la fin de son second et dernier mandat aux élections présidentielles.

Nous l'avons vu avec le Tchad avec sa constitution modifiée en 2005 et qui a permis à Monsieur Idriss Déby à se maintenir au pouvoir depuis son coup d'État de 1990.

Nous l'avons vu en Mauritanie avec, la modification de sa constitution en 1991 et qui a permis à Maaouyia Ould Sid'Ahmed Taya de rester au pouvoir de 1984 à son renversement par coup d'État en août 2005.

Même scénario au Burkina Faso avec un subtil jeu de levée de la limitation du nombre de mandats en 1997, puis de restauration de cette limitation en 2000. Blaise Compaoré est au pouvoir depuis son coup d'État de 1987.

Nous l'avons vu en Tunisie avec la constitution qui a été modifiée en 2002 pour permettre au président Zine Abidine Ben Ali de se représenter à l'élection présidentielle de 2004 qu'il a remporté par un suffrage avec 94,48 % de voix exprimées en sa faveur pour un quatrième mandat.

Pourtant, lorsqu'il avait destitué en 1987 le premier président Tunisien malade, Habib Bourguiba, 84 ans, Ben Ali avait promis de mettre fin à la présidence à vie.

Dans la même foulée, le Togo a modifié sa constitution en 2003. Ce qui a permis à feu Gnassingbé Eyadema de se faire réélire pour un troisième mandat de cinq ans, au terme de 36 années au pouvoir jusqu'à sa mort en 2005.

Au Gabon, la constitution a été modifiée en 2003, avec notamment la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels initialement fixé à deux. Le président en exercice peut maintenant se présenter à l'élection autant de fois qu'il le voudra.

En Ouganda, la constitution a été modifiée en 2005 afin de maintenir Yoweri Museveni au pouvoir depuis sa victoire militaire contre le régime en place en 1986.

Avec la nouvelle constitution du Cameroun, le pays doit nager désormais dans l'épopée napoléonienne. Tout est fait pour rappeler ce « petit caporal » dont Bokassa, ancien capitaine de la « Coloniale » (vingt-trois ans de service dans l'armée française, dix-sept médailles et la Légion d'honneur en prime), louait la grandeur et l'intelligence et savourait le goût de l'éternité au pouvoir.

A la différence de Bokassa en Centrafrique qui n'avait pas sollicité son assemblée nationale, Monsieur Paul Biya au Cameroun l'avait fait même s'il est vrai que son parti était comme toujours majoritaire.

Avec la limitation des mandats introduit dans la constitution du Cameroun en 2008, il est « président à vie ». Désormais, l'empire est officiellement proclamé. Biya 1er est sacré.

Ainsi va l'Afrique mais, jusqu'à quand ?

©Camer.be



30/08/2014

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