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A faire de la Politique une Mission d’Objectifs et non une fonction

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WAFIO Jean Serge

 

 

PDCA PDCA
PARTI DEMOCRATIQUE CENTRAFRICAIN
Unité – Paix – Développement
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….. Oser et Réussir …..
A faire de la Politique une Mission d’Objectifs et non une fonction
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N°___________/PDCA-BEN -PF ][ Le 07 avril 2014
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A la Haute Attention

De Madame La Présidente de Transition

Bangui

Pour le Peuple Centrafricain si meurtri ces derniers 18 mois, et au nom du Parti Démocratique Centrafricain – PDCA, je me fais l’obligation et l’agréable devoir de Vous adresser cette deuxième lettre ouverte pour Vous rappeler l’impérative nécessité de mettre en place une feuille de route, bien agencée afin de réaliser les deux missions politiques qui Vous ont été assignées. Au préalable, je voudrai Vous exprimer mes sincères excuses, si certaines des évidences politiques évoquées ou des propositions qui seront faites ne rencontrent pas votre agrément.

Haute Excellence, Madame la Présidente de la Transition,

Vous allez bientôt terminer votre troisième mois à la tête du pays, sur fond de graves incertitudes et inquiétudes politiques, parce que Vous n’aviez pas encore convaincu. Votre feuille de route, indiquant les actions déterminantes avec un chronogramme précis, tarde à être élaboré, d’où moult interrogations et doutes. Mais, vu la recrudescence de l’insécurité ces deux dernières semaines, le PDCA se voit obligé de Vous interpeler. Ce faisant, le PDCA, par ma modeste voix, voudrait humblement Vous rappeler ses suggestions faites dans la première lettre ouverte du 24 février 2014, qui restent d’impérative nécessité, et Vous en faire d’autres, compte tenu d’inquiétantes dérives politiques de l’heure.

Haute Excellence, Madame La Présidente de Transition,

Le PDCA a accepté de Vous faire quelques suggestions, parce que les deux missions que Vous devez réaliser excluent l’échec et nécessitent de subtiles stratégies politiques conciliatrices à cause de divergents intérêts politiques et de la haine qui s’est cristallisée. La rébellion et le coup d’Etat Seleka, mal venus et mal gérés, ont été ensuite camouflés sous un conflit confessionnel, pour cacher l’échec politique. Et par la suite s’est instaurée une guerre de prédation des richesses naturelles du pays, ce dont Vous ne devez ignorer, vu votre fonction de Maire de la ville de Bangui en 2013.

Les compatriotes, en acceptant votre choix comme Présidente de la Transition le 24 janvier 2014 ont opté pour le moindre mal, car en politique, entre deux maux, il faudrait choisir le moindre. Mais vos premiers actes politiques, notamment la formation du gouvernement, le choix pléthorique de vos conseillers qui constituent un gouvernement bis, vos dé jugements et dénis successifs, ont vite convaincu que Vous n’optez pas assumer aussi rapidement vos missions, mais pour la durée. L’option durée ne serait que suicidaire, politiquement, pour Vous. Le chaos génocidaire dans lequel le pouvoir Séléka a fait sombrer le pays plaide pour un délai très raisonnable (15 – 20 mois) de mise en œuvre des deux missions politiques qui Vous sont confiées. Humblement, je voudrais Vous rappeler que Vous n’êtes que Chargée de Mission, avec des prérogatives de Président de la République, pour bien assumer les missions politiques que la Communauté Internationale Vous a confiées. Vous n’êtes pas un Chef d’Etat élu et disposant d’un mandat populaire pour organiser et diriger un pays. A peine trois mois, Vous avez créé les conditions pour une troisième Transition, d’où les vives inquiétudes du PDCA.

Haute Excellence, Madame La Présidente de Transition,

Le PDCA constate que Vous avez été détournée de vos deux missions et que Vous Vous trouvez actuellement dans une situation d’impasse. Il Vous faut avoir la force politique de rebondir. Pour ce faire, le PDCA Vous exhorte, avec insistance, d’accepter de Vous faire élaborer une feuille de route conséquente sur la base des différentes propositions ou suggestions qui Vous ont été déjà formulées par certains compatriotes. Au titre de sa contribution, le PDCA Vous réitère les propositions contenues dans sa première lettre, qu’il complète avec les quelques unes ci-après :

1- Ne plus persister dans le ‘’Deux poids deux mesures’’ :

Dans sa première lettre ouverte, le PDCA Vous avait suggéré de reformuler le Gouvernement pour y faire représenter chaque Préfecture et les Anti Balaka, parce que Vous avez privilégié la coalition seleka qui est à l’origine du chaos actuel. Par voie de conséquence, Vous devez réduire l’effectif de vos Conseillers. Vos missions étant politiques, Vous n’avez besoin que de quelques Conseillers en matière politique, sociétale, financière, diplomatique et si possible culturelle.

2- Instaurer un dialogue inter communautaire

La réconciliation nationale sera très difficile, mais non impossible, vu la cristallisation de la haine. Ce travail difficile, Vous devez le commencer et il sera terminé par le Président de la République, Chef de l’Etat que Vous allez faire élire. Et ce travail exclut tout petit calcul politicien. Pour bien le commencer, un dialogue national ou une conférence nationale demeure indispensable.

Vous êtes censée savoir que la formule proposée par la Communauté Internationale pour aboutir à votre choix en tant que Chargée de Mission, est une entorse à la Démocratie ; pour le dire en d’autres termes, la Communauté Internationale a accepté tordre le cou à la Démocratie pour restaurer l’ordre constitutionnel en Centrafrique, car à situation exceptionnelle, solution exceptionnelle.

Le dialogue national ou la conférence nationale que Vous êtes tenue de convoquer adoptera la nouvelle charte de transition avec reformulation du Conseil de Transition, l’adaptation du code électoral, la définition d’un processus électoral consensuel qui Vous servira de bréviaire.

3- Intégrez les Anti Balaka, ne les combattez pas.

Certes, par la force des choses, Vous êtes choisie Présidente de la Transition, mais situer Seleka au centre de la réalisation de vos missions s’appelle déjà échec. Le Peuple Centrafricain en a assez des exactions Séléka. Il a grand besoin de la sécurité et de la paix. Pour la petite histoire, les Anti Balaka sont une réaction sociale aux excès des horreurs Séléka. Souvenez-Vous de la politique de la terre brûlée pratiquée à Bossangoa, Bouca, Batangafo, Bogangolo, au chantier Gaga à Yaloké et aux villages Koro Mpoko et Ndjoh, caractérisée par ;
- les incendies des maisons, des églises, des temples

- les destructions systématiques des biens personnels et des moyens de production des agriculteurs, de petits éleveurs et artisans non musulmans de ces localités et villages,

- Les viols de femmes et jeunes filles avec risque de propagation du VIH SIDA,

- Les assassinats et autres in nommables exactions.
C’est suite à ces horreurs et par colère que ces jeunes,dits Anti Balaka, se sont constitués avec ferme détermination de chasser les Seleka du pouvoir, d’où leur action du 05 décembre 2013, qui est aujourd’hui récupérée, et autrement exploitée. Les dimensions de vos responsabilités politiques actuelles Vous obligent d’être lucide, visionnaire et de savoir dissocier le bon grain de l’ouvrai.

4- Réactivez très rapidement les FACA et la Police Centrafricaine


Dans sa déclaration du 03 avril 2014, le PDCA a recommandé la rapide réactivation des FACA et leur redéploiement ainsi que les Anti Balaka, appuyés par les éléments de l’opération SANGARIS sur toutes les frontières nord et est.

Pourquoi cette forte recommandation du PDCA ?

Haute Excellence, Madame La Présidente de Transition,

Le 03 mars 2014, le Gouvernement centrafricain regrettait le retrait du contingent tchadien de la MISCA, alors que le Peuple Centrafricain applaudissait ce retrait. C’est pour dire que les préoccupations du peuple ne sont pas celles du Gouvernement. Toutefois, le PDCA, après rapide analyse, réalise que ce retrait n’est qu’un repli tactique. Vous connaissez mieux que quiconque les velléités politiques et économiques du Tchad en Centrafrique. Rapatrier plus de 10 000 ressortissants, dont la majorité est constituée d’opposants au régime du Président DEBY, s’appelle futur problème politique embarrassant ou risque d’instabilité politique. Les militaires tchadiens, indexés par la Communauté Internationale, comme auteurs de nombreux assassinats en Centrafrique, diplomatiquement cela constitue une gêne politique. Se faire oublier un moment et réoccuper le terrain par la suite, pour mieux sévir. Voilà la réalité politique et aussi, voilà la très grande inquiétude du PDCA. Pour pallier à toute éventualité, le PDCA recommande fortement que les FACA soient équipées et redéployés, ainsi que les Anti Balaka, qui ont fait leur preuve. Le PDCA Vous demande de Vous rappeler votre première déclaration au Palais du Peuple quand Vous avez été choisie par le Conseil National de Transition – CNT. Vous avez eu le courage de déclarer que ‘’votre victoire est due aux Anti Balaka, et que Vous allez travailler avec les Anti Balaka ‘’. Mais, Vous Vous êtes dé jugée quelques jours après, en déclarant les Anti Balaka comme votre ennemi n° 1.
Vous ne pouvez pas restaurer l’ordre sécuritaire sans les Anti Balaka. Ceux-ci constituent l’anti Seleka et connaissent mieux, voir plus que les Seleka, la mentalité de la population rurale, le terrain, et savent combattre les militaires tchadiens. N’oubliez pas que vous avez laissé partir au nord les Seleka avec armes lourdes et munitions. Et ces Seleka, adossés à nos frontières nord et est, ont toute latitude et grande possibilité de continuer de se ravitailler au Tchad et au Soudan pour entretenir une guérilla. Et c’est à dessein, que ces Seleka évoquent la partition du pays. Et le Tchad velléitaire va s’appuyer sur ces Seleka pour entretenir cette guérilla ou soutenir la partition de Centrafrique, parce que, sans notre pays, le Gouvernement du Tchad sera confronté à d’énormes problèmes pour son élevage en saison sèche, l’évacuation de beaucoup de ses produits vivriers (natron, arachide, haricot, sucre, oignon…). Notre pays est le seul arrière marché pour le Tchad et notre pays est encore le maillon faible de la CEMAC-CEEAC, donc zone d’influence des velléités hégémonistes du Président DEBY en Afrique Centrale. Cette réalité politique Vous ne l’ignorez pas. Et fait encore plus gravissime, la déclaration va-t-en guerre du Premier Ministre tchadien, que je trouve inutile de transcrire ici.

Haute Excellence, Madame la Présidente de Transition,

Vous avez très mal commencé la Transition à cause de certaines sirènes dans votre entourage. Celles-ci ont traversé tous les régimes politiques depuis le Président KOLINGBA, jusqu’à NDJOTODIA, en passant par les Présidents PATASSE et BOZIZE. Leur seule préoccupation, l’existentialisme politique. Ces sirènes Vous amènent à l’échec et demain vont chercher à s’agripper à d’autres rochers politiques. A Vous de rebondir ou d’échouer.

5- Aussi, le PDCA, dans sa déclaration du 03 avril 2014, avait demandé le retrait du contingent burundais et la relève du Général TUMENTA. Vous avez accusé à tort les Anti Balaka ; maintenant Vous disposez de toutes les informations et de toutes les preuves de leur coalition avec les Seleka. Ceux qui voulaient déstabiliser ‘’votre pouvoir’’ ne s’appellent pas Anti Balaka. A Vous de choisir : Servir les intérêts des Seleka et connaître un cuisant échec, ou servir les intérêts du Peuple Centrafricain, et Vous seriez, demain, auréolée.

6- Réactivez aussi rapidement les Juridictions au niveau national
La réactivation des forces de défense et de sécurité doit s’accompagner inéluctablement de la réactivation des juridictions, car la sécurité n’a pas de sens, s’il n’y a pas de justice, et non plus la justice sans sécurité c’est l’anarchie ou l’arbitraire. Le traitement judiciaire prolonge le traitement sécuritaire, car il faudrait déterminer les responsabilités pour réparations. Sécurité, Justice, constituent deux reflets de l’Autorité de l’Etat.

Haute Excellence, Madame La Présidente de la Transition,

Par préoccupation de la très déplorable situation du Peuple Centrafricain actuellement, le PDCA accepte, une dernière fois, de Vous évoquer quelques-unes des pistes pour Vous aider à bien assumer vos deux missions, parce que bientôt trois mois, votre Gouvernement n’arrive pas à élaborer une feuille de route conséquente. Et le PDCA ose croire que ces quelques pistes suggérées, et celles des autres compatriotes déjà évoquées, Vous seront utiles pour nous sortir enfin de cette ènième crise militaro politique qui a induit une guerre de prédation.

Très hautes considérations.

WAFIO Jean Serge

Président du PDCA



14/04/2014

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