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Centrafrique :GOUVERNEMENT D'AMATEURS

 

Africa7info-Mis à jour le 18/08/2016 https://static.blog4ever.com/2014/03/768809/LOGOA71.jpg
                                                                     
                                                                                                                                                                                               

Quatre mois seulement après l'élection du nouveau président, Faustin Archange Touadéra, son gouvernement parait plus que jamais essoufflé et en panne de créativité. Le Premier Ministre Simplice Mathieu Sarandji n'était visiblement pas l'homme de la situation, n'ayant pas l'envergure d'un homme d'Etat ni d'un politique aguerri. De surcroît, s'étant entouré de personnalités sombres et non convaincues des tâches et des responsabilités qui leur étaient dévolues, le gouvernement de monsieur Sarandji na pas brillé par les mesures et actions que la situation du pays exigeait.

L'évidence s'impose aux yeux de tous, aussi bien dans l'opinion publique nationale qu'internationale, un changement de gouvernement est inévitable et Monsieur Simplice Mathieu Sarandji va faire les frais de ce qui est considéré aujourd'hui comme le premier échec du nouveau régime.

Aucune des grandes lignes de politique générale du Président n'a été mise en chantier. Paix, Justice, Sécurité, Réconciliation et Reconstruction

- Nous avons vu un gouvernement se lancer dans des actes de bluff spectaculaires sans réelle dimension nationale et loin, très loin des enjeux stratégiques au regard de la gravité de la situation.

- On nous a servi les mêmes recettes indigestes qui ont été le quotidien des précédents régimes: Tribalisme, Népotisme et Clientélisme dans les nominations. D'ailleurs les observateurs ne se sont pas beaucoup trompés dans les critiques du pouvoir. Nous avons entendu ci et là, que l'on reprenait les mêmes et on recommence. Que la médiocrité restait le critère principal de sélection. La grande majorité des personnalités de l'époque Bozizé sont de retour.

- Timoré dans les prises de décision, hésitation et calcul afin de ne pas froisser les anciens amis. Audit ou pas audit, les dossiers s'accumulent et on ne voit rien venir. Des bureaux qui brulent ou sont cambriolés. Des dossiers qui disparaissent. Voici les empruntes du gouvernement Sarandji.

- Pendant que le président parle de Justice pour tous, le gouvernement organise ou accepte la disparition de plusieurs dossiers, l'absence de mandat contre des criminels notoires et les nominations d'anciens délinquants au sein des Institutions publiques, sans parler et cela ne lui incomberait pas à lui seul, des délinquants et criminels, élus ou pas, que l'on reçoit en grande pompe, photos à l'appui. Ce qui légalise de fait l'impunité et refroidit l'adhésion des populations au programme de réconciliation nationale.

- Le Président a mis l'accent dans son programme politique sur les graves problèmes de sécurité et aucune solution ne vient apporter des réponses à ces engagements présidentiels sur l'ensemble du territoire. Il y a encore des zones de non droit, des enclaves où nos concitoyens sont pris en otage par des bandits en arme, sans qu'à aucun moment le gouvernement ne projette des actions de reconquête. Le Km 5, Bambari, Kaga Bandoro, Bria, Ndélé, Birao et autre sont des zones dangereuses. Plus de la moitié de notre territoire est sous le joug des criminels des ex Séléka, de la LRA et autres Anti Balaka. Nous devons reconquérir tous ces territoires avec ou sans la communauté internationale. Nous n'en prenons pas le chemin.

- Dans son discours d'investiture, le Président a pris des engagements afin que les problèmes humanitaires soient au cœur de son quinquennat, et le gouvernement n'inscrit aucune mesure prioritaire en faveur des populations victimes du conflit, pour ne pas citer que les déplacés vivant encore dans les camps, dans des conditions insupportables. Nous aurions apprécié des visites des autorités et une aide appuyée aux déplacés des "Ledgers". Même des mesures à travers une incitation aux ONG nous auraient satisfait.

Nous savons que la communauté internationale et notamment les Nations Unies dans ses dernières résolutions, réaffirment que le gouvernement centrafricains doit mettre en œuvre toutes les mesures qui s'imposent pour assurer la sécurité des populations. Qu'il est de la responsabilité des autorités centrafricaines au premier chef de conduire une politique dynamique en faveur de la Justice et des Droits de l'Homme, ainsi que de mettre en place toutes actions pour garantir la sécurité sur l'ensemble du territoire. Rien n'est fait en dehors de quelques exécutions sommaires et extra judiciaires de délinquants primaires et autres braqueurs isolés.

De même, en matière économique, il appartient au premier chef aux autorités centrafricaines de créer les conditions pour le renforcement des mécanismes de gestion des finances publiques pour la relance de l'économie. La voie qu'a choisie le gouvernement ne nous paraît pas judicieuse, car l'accent est mis essentiellement comme d'habitude sur la main tendue aux bailleurs, négligeant la mise en valeur de nos propres capacités. C'était pourtant un des points forts du candidat Touadéra. Le gouvernement attend avec délectations la réunion de Bruxelles de Novembre 2016 et il fait les choux gras de chaque don et autres lignes de crédit allouées par les Institutions internationales.

En matière politique, nous faisons deux observations. Une, en ce qui concerne la politique étrangère du pays. Le Président a défini la politique étrangère de son quinquennat, nous souhaitons qu'elle soit mise en œuvre et conduite par le Ministre en charge du département qualifié et non par la Présidence, même si plusieurs compétences s'y trouvent. Ce qui laisserait plus de temps au Président et à ses collaborateurs de s'occuper des choses liées à leurs fonctions et aux exigences du moment.

Deux, en matière de politique intérieure, la main tendue aux compatriotes qui ont pris les armes a des limites qu'il ne faut pas franchir. La communauté internationale nous incite à avoir recours, selon la Résolution 2301 des Nations Unies et précédentes, à une stratégie globale qui privilégie le dialogue et l'application rapide d'un programme inclusif de DDRR, mais à quelles conditions, et jusqu'où il ne faut pas aller ? Nous estimons qu'aucun programme DDRR ne peut être mené avec les rebelles qui n'acceptent pas de déposer les armes au préalable. L'Etat et la Communauté internationale garantissent leur sécurité et leur intégrité lors des négociations dans le cas où ils ne seraient pas poursuivis par la justice nationale ou internationale.

Dans tous les cas la porte du gouvernement ne saurait être ouverte à une quelconque représentation des rebelles ou même de personnalités poursuivies par la justice. Notre Constitution et le peuple centrafricain s'y opposeraient.

Monsieur le Président,

Nous pensons que vous prendrez acte des déboires de ce gouvernement et que le prochain que vous mettrez en place saura tirer les enseignements de cet échec afin que tout votre quinquennat ne soit pas un fiasco.

Les électeurs et le peuple vous en seront reconnaissants.

Jésus Le-Messie Matamorose.

 

© Lafraternité 

 

 



18/08/2016

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